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Enquête judiciaire après des chants homophobes lors de Nice-Marseille

La justice s'est emparée des chants et banderoles à caractère homophobe qui ont marqué le match de Ligue 1 Nice-OM, temporairement interrompu par l'arbitre mercredi soir à l'Allianz Riviera.

Une enquête judiciaire a été ouverte jeudi pour "injures publiques en raison de l'orientation sexuelle" au lendemain de l'interruption du match de L1 Nice-Marseille en raison de chants homophobes, a-t-on appris auprès du procureur de la République de Nice. "Le parquet a ouvert une enquête ce matin pour des faits qualifiés d'injures publiques en raison de l'orientation sexuelle", a indiqué le procureur Jean-Michel Prêtre à l'AFP. Elle a été confiée à la Sûreté Départementale des Alpes-Maritimes, a-t-il précisé. Le match décalé de la 3e journée de L1 Nice-Marseille avait été interrompu douze minutes à l'Allianz Riviera mercredi soir. "Les Marseillais c'est des pé..." avait retenti au moment même où la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) se réunissait à Paris pour juger 18 cas de chants ou banderoles homophobes dans les tribunes de ses championnats professionnels, la L1 et la L2.

L'arbitre avait renvoyé les joueurs au vestiaire

L'arbitre Clément Turpin avait interrompu le match à la 28e minute, après plusieurs alertes du speaker. A partir de la 17e minute, les ultras de la Populaire Sud (ex-Brigade Sud), avaient entonné le chant: "Les Marseillais c'est des pé...", suivi de: "La Ligue, on t'enc..." Le speaker avait fait une annonce à la 22e minute: "Nous vous demandons de cesser ces propos injurieux, sans quoi le match sera interrompu". Il était encore intervenu à la 25e minute. Mais la tribune persistant à chanter le même air, M. Turpin avait renvoyé les deux équipes aux vestiaires.

La Brigade Sud de Nice avait commencé par des banderoles au second degré, jouant sur les mots, en déployant d'abord une banderole: "Bienvenue au groupe Ineos (qui vient de racheter le club niçois ndlr), à Nice aussi on aime la pédale", ce dernier mot écrit en lettres arc-en-ciel comme le drapeau de la communauté LGBT. Il s'agissait aussi d'une allusion à l'équipe cycliste d'Ineos, le groupe de pétrochimie qui vient de racheter le club. Un peu plus tard, la BSN avait déplié une autre banderole sur laquelle on pouvait lire: "LFP/Instance: des parcages pleins pour des stades plus gay", gay écrit en lettres arc-en-ciel. En fin de match, la tribune niçoise avait sorti une troisième banderole encourageant à supporter l'OM, "un club LGBT, pour lutter contre l'homophobie".

AB avec l'AFP