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EXCLU RMC - Anigo : « Inenvisageable de lâcher l’équipe »

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Des rumeurs annonçaient son envie de quitter le banc avant la fin de saison, Mais José Anigo a confirmé dans Luis Attaque sur RMC qu’il resterait bien l’entraîneur de l’OM jusqu’à l'été. Sans oublier d'égratigner ses joueurs cadres.

L'OM est plongé dans une spirale négative. Vos joueurs sont-ils paralysés par la pression ?

Le contexte ne les paralyse pas. Ils se mettent eux-mêmes une pression qui n’a pas lieu d’être. Que les gens ne soient pas contents quand on ne gagne pas, c’est normal. La responsabilité des joueurs est d’apporter du plaisir et du réconfort aux gens mais surtout, quand tu portes ce maillot, de faire honneur à ce club. La semaine, il n’y pas cette forme de pression, mais le jour du match, c’est comme s’il y avait un malaise entre eux ou sur un plan personnel. C’est terrible. Tu as l’impression d’être impuissant.

Rod Fanni a pointé le manque d'unité au sein du groupe. Les joueurs sont-ils solidaires entre eux ?

J’aimerais que vous filmiez la semaine du groupe à l’entraînement, où l’unité est à 1000%. On ne la retrouve pas le week-end. J’ai ma théorie là-dessus : certains ont peut-être d’autres objectifs à faire valoir. Mais l’objectif prioritaire doit rester le club.

Certains jouent-ils leur carte personnelle, notamment ceux qui visent la Coupe du monde cet été ?

Il y a peut-être ceux-là mais je ne veux pas les stigmatiser. Il y a peut-être aussi ceux qui ont envie d’aller voir ailleurs. Mais même si tu estimes que tu as fait ton temps chez nous, il faut respecter ce club, ses supporters. Et si tu veux aller dans un grand club, la meilleure manière, c’est de réaliser des superbes performances. Ce n’est pas avec ce que certains montrent qu’ils trouveront un grand club. Il faut plus d’implication. C’est tout ce qu’on leur demande, montrer un peu de réaction.

Le maillot marseillais est-il trop lourd à porter pour certains ?

Il y a plusieurs hypothèses. Est-ce que ces joueurs sont démotivés ? Non. Ça se verrait à l’entraînement. Est-ce qu’il y a une mésentente ? Non. La semaine, les mecs vivent bien ensemble, il y a des rires, de la joie. Mais perdre tout ça le jour du match n’est pas anodin. Cela arrive car chacun veut sortir sa partition individuelle alors que le collectif doit faire la différence.

On a l'impression qu'aucun leader ne se dégage de cette équipe...

Dans un club comme le nôtre, ce rôle n’est pas simple. Un leader, c’est quoi ? Quelqu’un qui est capable d’apporter un supplément d’âme dans un vestiaire comme sur le terrain quand ça va mal. S’il y en a un qui veut se manifester, je suis demandeur et preneur.

Comptez sanctionner certains éléments de votre équipe d'ici la fin de saison ?

La sanction ne peut être que sportive. Il est possible que certains regardent les autres jouer parce qu’on ne peut pas continuer comme ça. On peut perdre, oui, mais il faut au moins se battre.

Si l'OM n'est pas européen la saison prochaine, y aura-t-il plus de départs que prévu ?

Aujourd’hui, on ne parle plus de troisième place. L’objectif ne sera pas atteint. Après, le plan de construction mis en place depuis un an est en route et ça va continuer. Mais il y a les joueurs qui ont peut-être fait l’année de trop, ceux qui ont envie de partir, ceux qui ont d’autres objectifs sportifs, donc il y aura peut-être plus de départs que ce que l’on croit.

Beaucoup des jeunes arrivés l'été dernier ne jouent plus ces derniers temps...

Dans notre situation difficile, j’ai plus voulu m’appuyer sur des cadres qui ont l’habitude de ce contexte. Mais il n’y a pas de leader ou de force qui se dégagent de ces cadres-là. Finalement, ces jeunes que j’ai voulu protéger, je vais peut-être être obligé de les envoyer un peu au feu.

Il reste huit matches à l'OM cette saison. Comptez-vous aller au bout ou passer la main avant ?

Quand tu perds un match, pendant un jour ou deux, tu as la tête au fond du c... Le soir ou le lendemain du match, j’ai envie de m’ouvrir les veines. Mais aujourd’hui, je suis dans un mode combat. Il n’est pas envisageable pour moi de lâcher l’équipe. Je serai là du premier au huitième match. Certains veulent expliquer qu’il y a des tiraillements entre le président (Vincent Labrune, ndlr) et moi. On va vite tordre le coup à ça : c’est archi faux. Aujourd’hui, le débat est sportif. Est-ce que j’ai ma part d’échec sur ce plan ? Oui. Je ne l’occulte pas et je vais aussi balayer devant ma porte. Par contre, j’ai un certain nombre d’années d’expérience et j’ai beaucoup donné pour ce club mais on m’accorde très peu de crédit. Malheureusement, c’est comme ça.

Vincent Labrune a annoncé avoir trouvé le candidat idéal pour le poste d'entraîneur la saison prochaine. Comptez-vous alors prendre un peu de recul par rapport au club ?

Cela n’a pas de sens. J’ai eu une fois une altercation avec un entraîneur, Didier Deschamps. Mais je n’ai pas dit une seule fois qu’il n’était pas au niveau. Au contraire. Dans la vie, on peut avoir des divergences pour de multiples raisons. Moi, je fais mon job, je sais où il commence et où il s’arrête, mais je ne suis pas là pour mettre des bâtons dans les roues d’un entraîneur même si certains veulent le faire croire. Peu importe l’entraîneur qui viendra, il n’y aura pas d’ingérence.

Vous serez donc toujours directeur sportif de l'OM la saison prochaine ?

Il n’y a pas de raison que ce soit autrement. Après, je vis au jour le jour donc on verra. Mais bon… Quand l’OM a été champion, ce n’était pas moi. Quand l’OM est perdant, c’est moi. A un moment donné, on va bien me donner une fois un bon point dans ce club…

Par rapport à ce que vous avez vécu sur le plan personnel ces derniers mois, attendiez-vous plus de force de caractère de la part de vos joueurs ?

Je viens tous les jours et depuis six mois, quand je me lève le matin, c’est un combat avec moi-même pour avancer. Sans s’en rendre compte, ils m’ont un peu aidé à retrouver forme humaine et goût à la vie. Mais je m’attendais à un minimum. Perdre des matches peut arriver mais il faut au moins faire le boulot… La plupart du temps, chez les dirigeants et les entraîneurs, tout le monde protège les joueurs. Là, on nous demande pourquoi on les lâche. Mais on ne les lâche pas du tout ! J’ai ma responsabilité et je l’assume. Mais les joueurs sont les acteurs et ils doivent aussi assumer leur part.

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Luis Attaque