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Fanni a fait son nid

Rod Fanni

Rod Fanni - -

Le latéral droit de l’OM a rapidement trouvé ses marques dans le dispositif de Didier Deschamps. Au point d’être déjà considéré comme l’un des cadres de l’équipe, quelques semaines seulement après son arrivée.

Deux mois. C’est à peine le temps qu’il a fallu à Rod Fanni pour s’imposer à l’OM. Débarqué en décembre dernier en provenance du Stade Rennais, le latéral droit a tout de suite convaincu sous le maillot phocéen. « Il apporte un impact athlétique et une expérience qui solidifie ce couloir droit, juge Rolland Courbis. Avec Diawara à ses côtés, c’est vraiment très costaud. » Tellement costaud que les joueurs de Didier Deschamps n’encaissent quasiment plus de buts. Invaincus lors de leurs cinq derniers matches, toutes compétitions confondues, ils ont vu leurs filets trembler seulement deux fois.

Recruté en remplacement de César Azpilicueta, gravement blessé au genou, l’ancien Niçois a rapidement fait oublier l’international Espoirs espagnol. « Depuis la trêve, je trouve que c’est le meilleur Marseillais, glisse Eric Di Meco. Il a amené de la fraîcheur à cette équipe. Alors que le ballon brûle parfois les pieds de ses partenaires, il se distingue par sa tranquillité. On voit qu’il est bien dans sa tête. En plus de ses qualités défensives, c’est un très bon relanceur. Pour une formation amenée à faire le jeu, c’est une qualité essentielle. »

En sept rencontres (6 en L1, 1 en Coupe de la Ligue), le natif de Martigues a su se faire une place dans le club de son cœur. Un exercice jamais évident. « Il y a des avantages et des inconvénients lorsqu’on est de la région, estime Courbis. Je pense que c’est une satisfaction pour lui d’avoir pu signer à l’OM. Mais c’est à double tranchant parce qu’il a beaucoup d’amis à qui il veut faire plaisir. Ce n’est pas simple. » « Il y a beaucoup d’exemples de joueurs originaires du Sud qui n’ont pas réussi tout de suite à l’OM, appuie Di Meco. Je pense à Cantona, Luccin ou plus récemment Gignac. »

« La confiance est là »

Sûr de sa force, Fanni se montre ambitieux pour la fin de la saison. Sans pour autant s’enflammer. « La confiance est là. On grignote des points, mais il ne faut pas vouloir aller trop vite, confiait-t-il ce week-end après la victoire à Sochaux (1-2). On a déjà connu ce cas de figure cette saison. Il faut confirmer sur le terrain pour éviter les critiques. » Des critiques qui ne le concerne pas pour l’instant. Fanni et Marseille, c’est une histoire qui marche. Au point de taper dans l’œil de Laurent Blanc ? « Il a déjà goûté à l’équipe de France lorsqu’il était à Rennes, note Di Meco. Il est venu à l’OM pour franchir un palier. Il a tout pour le faire. Au poste de latéral droit, il y a Sagna, Réveillère et Debuchy. Ce n’est pas l’embouteillage. Il a de la place pour faire son trou. »

A condition de poursuivre sur sa lancée, en commençant par la réception de Saint-Etienne samedi (19h) lors de la 24e journée de L1. Avant de défier Manchester United en 8e de finale aller de la Ligue des champions le 23 février. Un match que le nouveau roc de l’OM « attend avec impatience ».

Alexandre Jaquin