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Faute ou pas d’Ocampos sur Benaglio? On tranche le débat pour de bon

L’OM a concédé le match nul face à Monaco dimanche (1-1), en clôture de la 20e journée de Ligue 1. Les Marseillais pensaient pourtant avoir marqué grâce à Florian Thauvin, avant de voir l’arbitre refuser le but avec l’aide du VAR, pour une faute de Lucas Ocampos sur Diego Benaglio. Un cas qui fait débat en raison du manque d’intentionnalité de la faute… Explications de cette décision avec le règlement et l'expérience de Joël Quiniou.

Mikael Lesage a-t-il eu raison de refuser le but de Florian Thauvin dimanche soir, lors du match nul entre l’OM et Monaco au Vélodrome? Le débat n’est pas tranché depuis et divise les camps, sur fond de désaccord autour de l’arbitrage vidéo. A la 70e minute, les Marseillais ont donc frôlé le 2-1 mais l’arbitre a finalement invalidé le but, en faisant appel au VAR, en raison d’une faute de Lucas Ocampos sur Diego Benaglio.

L’Argentin, qui a pris un carton jaune au passage, disputait alors le ballon tandis que le gardien de l’ASM sortait logiquement pour le capter. Le Marseillais a alors involontairement mis une semelle sur la cheville du Suisse, qui ne pouvait plus continuer son mouvement. Pas intentionnel certes. "Ça peut paraître sévère, mais on peut siffler, estimait alors le soir-même notre arbitre consultant Joël Quiniou. Ocampos essaie de frapper le ballon, il ne voit pas Benaglio qui est dans son dos. Il y a un contact. C’est vrai que c’est sévère de siffler, mais le contact est réel. Ocampos met le pied sur la cheville."

Mais que disent donc les textes officiels? D'après le règlement de la Fifa et la loi 12 relative aux fautes et incorrections, l’intentionnalité n’a rien à voir dans cette affaire. La règle n’en fait d’ailleurs jamais mention.

Une faute par imprudence

La qualification de "faute grossière" pour l’action de Lucas Ocampos semble un peu sévère mais pourrait être prise en compte. D’après notre arbitre consultant Joël Quiniou, l’action de l’Argentin relève davantage de la "faute par imprudence". Cela signifie "que le joueur exécute son geste sans prendre garde au danger pour son adversaire ou aux conséquences de celui-ci". Le règlement prévoit d’ailleurs que "tout joueur jouant de manière imprudente doit recevoir un avertissement". D’où le carton jaune dont a écopé le joueur phocéen.

Pas de notion d'intentionnalité

La notion d’action volontaire ou non n’est pas écrite dans la loi 12 du règlement de la Fifa, celle tant de fois invoquée par certains entraîneurs en ayant après l’arbitrage. Sur l’action, le geste du Marseillais n’est certes pas volontaire mais met "en danger l’intégrité physique" du gardien monégasque. Ce qui entraîne donc une interruption de l’action et un coup de sifflet contre le fautif. Il semble donc que l’arbitre a sanctionné à juste titre Lucas Ocampos, et donc que l’annulation du but était légitime.

"Dans l’esprit, on peut considérer qu’Ocampos ne cherche pas à faire faute, admet Joël Quiniou, 48 heures après cette action litigieuse. Il arrive dos au joueur, il ne pouvait pas voir le gardien. Le contact est malencontreux et pas intentionnel." La situation aurait pu être différente si Diego Benaglio n'avait pas touché le ballon. Mais dans ce cas précis, il l'a touché.

Selon Joël Quiniou, la situation pourrait presque se comparer à un pied haut de la part d’un joueur qui souhaite récupérer le ballon en l’air: ce n’est pas interdit mais le joueur qui fait le geste doit être certain de ne pas mettre en doute l’intégrité physique d’un autre joueur sur l’action. Siffler contre Ocampos est sans doute sévère. Mais l’intentionnalité ou non de son geste n’est pas un critère et la semelle est réelle. Il y a donc faute.

Apolline Bouchery