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Gerets, les raisons d’un départ

Eric Gerets n'a pas digéré les critiques émises à son encontre par Robert Louis-Dreyfus

Eric Gerets n'a pas digéré les critiques émises à son encontre par Robert Louis-Dreyfus - -

C'est désormais une certitude, Eric Gerets ne sera pas l’entraîneur de l’OM la saison prochaine. Mais pour quelles raisons ce dernier, adulé à Marseille, a-t-il décidé de quitter la cité phocéenne ?

Ce matin, c’est avec la gueule de bois que le supporter marseillais va se réveiller. Ouvrir son journal et découvrir l’ «affreuse » nouvelle. Eric Gerets ne sera pas l’entraîneur de l’Olympique de Marseille la saison prochaine. En fin de contrat en juin, le technicien belge n’a pas désiré poursuivre l’aventure sur la Canebière. Une nouvelle forcément difficile à digérer pour les supporters phocéens, qui ont porté, en l’espace de deux saisons, le Lion de Rekem aux nues. Avec légitimité au regard de ses résultats sportifs.

Quelle mouche a donc pu piquer Eric Gerets ? Le fait que ce dernier, au long de sa carrière d’entraîneur a plus multiplié les bails de deux ans (à Bruges, à Kaiserslautern et à Galatasaray) que les contrats longue durée. La piste est plausible mais aujourd’hui, ce n’est pas celle qui tient le plus la corde. Si Gerets quitte la Canebière, c’est avant tout pour des raisons financières. Pour rempiler à Marseille, le technicien belge souhaitait obtenir un salaire annuel net de 2 millions d’euros. Une exigence que seul Robert Louis-Dreyfus, en mettant la main à la poche, pouvait exaucer.

Pas juste une histoire d'argent ?

En lui proposant une prolongation de contrat de deux ans, avec un salaire mensuel réévalué à 200 000 euros brut (ce qui en aurait fait l’entraîneur le mieux payé de L1 après Puel), l’OM pensait avoir mis tous les arguments de son côté pour séduire Gerets. C’était sans compter sur l’offensive du d’Al-Hilal. Avec une offre de 250 000 euros net par mois pendant trois ans, la formation saoudienne a frappé fort et a instillé le doute dans l’esprit du Lion de Rekem, plus que jamais décidé à assurer ses arrières… sur le plan financier.

Mais l’argent n’a pas été le seul élément moteur dans la décision prise par Gerets. Le souhait du Belge de voir ses pouvoirs sportifs étendus a également joué dans la balance, à en croire le promoteur Louis Acariès. « Je pense que c’est une question de pouvoir. Quand on parle de RLD, on sait qu’il est milliardaire. Gerets a bourlingué toute sa vie, c’est un grand joueur, il a gagné beaucoup d’argent, donc à un moment donné, ce n’est plus une simple question d’argent. » Le relationnel en interne a beaucoup compté aussi. C’est un secret de Polichinelle. Les déclarations tenues par Robert Louis Dreyfus en décembre dernier (« Si nous ne sommes pas dans les deux premiers, Pape Diouf, José Anigo et Eric Gerets en porteront les responsabilités ») ont profondément touché le bonhomme. Lui, qui marche à la confiance, n’a pas apprécié de voir son bilan à mi-championnat aussi contesté.

En quittant l’OM de la sorte, Gerets envoie un signe fort à l’actionnaire principal de l’OM, plus fort finalement que ces dernières déclarations concernant Bernard Tapie. (« Je crois que Bernard Tapie a fait la même erreur que quelqu'un d'autre il y a quelques mois. Avant de parler, il aurait dû m'appeler avant de dire des conneries »). Adulé ou non, critiqué ou pas, le seul patron de l’avenir sportif du Belge… c’est le Belge lui-même.

La rédaction - A.D (RMC Sport)