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Gignac : « Attendez que je rate mon premier contrôle pour m’insulter… »

André-Pierre Gignac

André-Pierre Gignac - -

André-Pierre Gignac espère retrouver le soutien du public dès la réception de Valenciennes, mercredi en match en retard de L1 (19h). Lucide sur les dernières sorties marseillaises, l’attaquant n’hésite pas à critiquer certaines attitudes.

Albert Emon est venu renforcer le staff marseillais. Que pensez-vous de cette arrivée ?

Si le staff estime qu’il en a besoin, il est peut-être la bonne personne. Albert va apporter son expérience. On fera un bilan après les trois premiers matches et, s’il a apporté quelque chose, on le saura très vite. Il a déjà travaillé avec José, il y a une relation de confiance entre eux. Albert est au club depuis tout petit, il a été joueur et entraîneur ici. Il connaît le club parfaitement et a déjà amené l’OM en Ligue des champions (saison 2006-2007, ndlr).

On vous sentait très abattu après la défaite à Monaco dimanche (2-0). Avez-vous digéré ?

Il le faut car un autre match arrive. C’est une remise en question perpétuelle. C’était un match charnière pour nous mais on a la chance d’avoir un match bonus avec Valenciennes et il faudra absolument obtenir une victoire. Mais dimanche, oui, j’avais mal.

On a l'impression que les joueurs marseillais manquent d'envie sur le terrain en ce moment...

Je ne pense pas que ce soit l’envie. Les joueurs ne font pas exprès de perdre les matches ou d’être dans un mauvais jour. Nous ne sommes qu’au début du second championnat et il y a un enchaînement de matches pour nous relancer.

Avez-vous été impacté par ce qui s'est passé autour du club ces derniers jours ?

Je ne vais pas répondre pour les autres mais moi, non. J’ai vécu bien pire ici. Les supporters ont le droit de dire ce qu’ils pensent. Ils auraient pu le faire avec un peu moins de violence. Mais je reçois beaucoup de messages de soutien sur les réseaux sociaux et ça fait du bien.

« Certains joueurs ont oublié l'institution OM »

Vous qui avez avoué avoir eu ce comportement supporter étant jeune, les comprenez-vous ?

Tout à fait. On a manqué de professionnalisme. Contre à Nice (défaite 5-4 au Vélodrome en 16es de finale de Coupe de France, ndlr), on jouait face à une équipe plus jeune et on s’est fait avoir comme des enfants. J’avais l’impression qu’ils étaient plus matures que nous. Perdre ce match à domicile en prenant cinq buts, ça a mis un coup derrière la tête aux supporters. Après, à Monaco, on a perdu sans les honneurs. La coupe est un peu pleine pour eux et on va essayer de les rassurer.

Qu'est-ce qui vous incite à penser que les choses peuvent changer d'ici la fin de saison ?

Déjà, on a un match en retard. On peut revenir à six points de Lille (3e) alors qu’on était à onze longueurs il n’y a pas si longtemps et que tout le monde nous voyait cramés. Valenciennes, c’est un joker. Il faut un match qui peut nous relancer, surtout qu’on en a deux autres à la maison derrière (contre Toulouse et Bastia, ndlr). Si on prend au minimum sept points sur ces trois matches, on sera dans la course. Ce n’est pas facile d’enchaîner à domicile mais on aura au moins notre public derrière nous. J’espère qu’ils seront présents car on a besoin d’eux. Les autres équipes peuvent aussi perdre des points. Ils sont là les motifs d’espoir.

Comment les joueurs vivent-ils la situation actuelle ?

Ça nous fait mal, moi le premier. Mais l’institution de l’Olympique de Marseille est plus forte que les 25 joueurs du vestiaire et certains devraient le savoir. L’OM, c’est un collectif. Ce club, je l’aime depuis tout petit. Tu n’arrives pas à l’OM pour te croire au-dessus de cette institution. Ce n’est pas possible, donc il y a eu des recadrages.

Certains joueurs ont-ils oublié cette notion d'institution ?

Honnêtement, certains l’ont oubliée. Et ils le savent. Des choses ont été dites mais elles restent entre nous. Je pense que les personnes concernées se sont mis la tête à l’endroit, tout simplement.

Les tensions avec le public sont également palpables. Demandez-vous un peu de répit au Vélodrome afin de vous relancer ?

Je ne pense pas qu’il y aura une sale ambiance contre Valenciennes. Ils siffleront peut-être cinq-dix minutes mais ils aiment ce club comme nous. Ils ne vont pas s’empêcher de se lever et de crier. C’est comme ça, Marseille. C’est l’extrême, tout bon ou tout mauvais. Je suis un peu comme ça dans mon caractère aussi. On va leur montrer qu’on joue pour notre maillot et qu’on est fiers de le porter.

Sur le plan personnel, vos relations ont toujours été particulières avec ce public...

C’est : « Je t’aime, moi non plus ». Ça dure depuis quatre saisons et ça continuera si je reste. Mais quand il n’y a que 6000 supporters et que tout le match, j’entends des noms d’oiseaux sur ma famille, à un moment, c’est bon… Il faut arrêter de faire l’enfant. D’accord, j’ai raté des occasions. Je suis le premier à être lucide sur mes prestations, je ne me cache pas, j’assume tout. Je n’ai rien à me reprocher sur l’état d’esprit, je mouille le maillot et je fais tout ce qu’il faut pour porter l’équipe vers le haut. Mais attendez au moins que je rate mon premier contrôle pour m’insulter. Pas dès que je rentre sur le terrain !

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Propos recueillis par Florent Germain et à Marseille