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Gillot : « Une équipe de tocards ? »

Francis Gillot

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Après sa défaite jeudi contre Francfort (1-0) synonyme d’élimination en Ligue Europa, Bordeaux accuse le coup. Premier concerné par les critiques, l’entraîneur girondin Francis Gillot préfère dédramatiser la situation et attend une réaction contre Ajaccio, dimanche (14h).

Le chemin choisi par Francis Gillot n’a décidément rien d’une sinécure. C’est du moins le constat limpide dressé en Ligue Europa. Les Girondins de Bordeaux ont été éliminés jeudi soir dès la phase de poules de la compétition en s’inclinant domicile face à l’Eintracht Francfort (1-0). Avec trois points récoltés dans un groupe rassemblant pourtant de modestes formations (le 15e de Bundesliga, Maccabi Tel Aviv et l’Apoel Nicosie), le parcours du club au scapulaire s’apparente très clairement à un fiasco. Le premier logiquement mis sur le banc des accusés se trouve être Francis Gillot. En faisant excessivement tourné son effectif lors des joutes européennes (Obraniak, Sertic et Mariano, trois titulaires habituels, étaient sur le banc jeudi), l’entraîneur bordelais cristallise les critiques. 

Ces remontrances ont fait sortir de ses gonds le principal intéressé, qui s’en est vertement pris à ceux qui ont contesté ses choix. « Je lis tellement de conneries depuis deux mois, qu’aujourd’hui, j’ai le droit de m’expliquer, a-t-il lâché ce samedi en conférence de presse. C’est moi l’entraîneur aujourd’hui. Du coup, c’est moi qui gère un groupe et c’est moi qui les entraîne. Et je sais ce que je fais parce que j’ai quand même 45 matches de Coupe d’Europe à mon actif. Regardez l’équipe que j’ai mise à chaque match de coupe d’Europe, est-ce que vous pensez que c’est une équipe de tocards ? ». Les mots ne sont pas anodins, pesés, lourds de sens et illustrent parfaitement l’atmosphère pesante qui règne en ce moment en Gironde.

Ajaccio comme tranquillisant ?

Cette plus mauvaise campagne européenne de l’histoire du club a également poussé Jean-Louis Triaud à réagir. Le président des Girondins de Bordeaux n’a pas hésité à fracasser ses joueurs jeudi en parlant d’eux comme des « retraités ». Il a d’ailleurs promis qu’en raison d’un manque d’envie et de réelle motivation, « certains vont aller sur le banc de touche ». C’est dire si le visage affiché par son équipe en Europe l’a profondément irrité. Francis Gillot estime, toutefois, qu’il a fait ce qu’il a pu avec les ressources à sa disposition. « Vous savez, il y a 17 équipes qui ne font pas la Coupe d’Europe. Ils s’en accommodent. Nous, on a fait six matchs, c’est déjà pas mal. Malgré toutes les critiques, 18 matches de Coupe d’Europe en deux ans pour Bordeaux, je pense que c’est pas mal. On aurait peut-être pu en faire deux de plus, mais ce n’est pas ça qui change la physionomie d’un championnat. »

La Ligue Europa enterrée, Bordeaux se concentre désormais exclusivement sur la Ligue 1 et les compétitions domestiques. Douzième du championnat après 14 journées, le club entend renouer avec le succès ce dimanche avec la réception du relégable Ajaccio (14h), après un nul contre Rennes (1-1, le week-end dernier) et une défaite cinglante face à Nantes (0-3) il y a deux semaines. Car, qu’on ne s’y trompe pas, le sextuple champion de France brigue toujours une place afin de participer une seconde fois d’affilée à une compétition européenne. Cela passera peut-être par l’obtention d’une coupe nationale, comme ce fut le cas l’an dernier lorsque les Girondins avaient remporté la Coupe de France aux dépens d’Evian-Thonon-Gaillard. « Il y a des équipes qui ne font pas la Coupe d’Europe, ce n’est pas pour ça qu’elles jouent mieux le week-end », nuance néanmoins Gillot. Réponse ce dimanche à Chaban-Delmas pour savoir si Bordeaux a quelque peu pansé ses plaies.

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R.D. avec Olivier Schwarz et à Bordeaux