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Girard : « Le pire serait de penser qu’on est arrivé »

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Vainqueur samedi du choc contre l’OM (2-0), Montpellier reste solidement installé à la deuxième place de la Ligue 1. Son entraîneur René Girard apprécie mais reste vigilant pour ne pas gâcher une fin de saison qui s’annonce passionnante.

René, Montpellier continue de surprendre…
On attendait un match référence contre un gros du championnat. C’était une belle fête, avec 30 000 personnes chauffées à blanc et une ambiance des grands jours à la Mosson. On a fait le match qu’il fallait. La première mi-temps était un petit peu bloquée. Les deux équipes étaient tendues. En seconde période, on a su débrider le match en marquant et en se créant pas mal d’occasions derrière. C’était une belle soirée.

Comment voyez-vous la suite ?
J’ai beaucoup d’espoir et quelques inquiétudes, même si ce n’est peut-être pas le bon mot. Quand vous êtes devant, beaucoup de choses fleurissent autour. Il y a plus de regards médiatiques et d’exigences. Tout le monde commence à parler d’Europe. Mon rôle est d’atténuer tout ça et de rester humble. On est dans un peloton de cinq ou six poursuivants qui se tiennent en peu de points derrière Bordeaux. Ça peut aller très vite, devant comme derrière. Mais c’est vrai qu’on maintient un petit peu tout le monde à distance. On est respecté à la maison et on arrive à faire quelques résultats à l’extérieur. On nous aurait proposé en début de saison d’avoir 42 points après 22 journées, on aurait signé des deux mains. Quand tout s’enchaîne bien, ce n’est que du bonheur. Mais on a aussi reçu des claques, comme à l’aller à Marseille (2-4) et à la reprise contre Monaco (0-4). On apprend, on enregistre et on essaie de ne pas renouveler les erreurs, en transformant cette jeunesse en enthousiasme mais aussi en rigueur.

« Certains à la Fédération sont rayés de mon calepin »

Qu’est-ce qui peut vous arriver de pire et de meilleur jusqu’à la fin de la saison ?
Le pire serait de penser qu’on est arrivé, que ce match de Marseille soit notre Mont-Blanc et qu’on ne puisse pas aller plus loin. Mais je ne pense pas que le groupe puisse réagir comme ça. Le meilleur serait de continuer à prendre du plaisir comme ça. Mais pas seulement dans le jeu. On veut aussi y ajouter la gagne, avec des joueurs qui continuent de progresser.

Ce n’est pas encore l’heure de dévoiler d’autres ambitions ?
L’objectif maintien est atteint définitivement et c’est bien. Pour le reste, la donne va changer. On va être attendus de partout. On devra s’adapter à cette situation et apprendre à régir un petit peu différemment. On a surpris au départ et on est en train de confirmer. Il va falloir bien s’assoir dans cette première partie du classement.

Etes-vous déçu de ne pas figurer dans la liste des prétendants au poste de sélectionneur des Bleus ?
(Rires) Franchement, je pense que je n’ai aucune chance…

La rupture ne s’est pas très bien passée avec la Fédération française (entraîneur des Espoirs entre 2004 et 2008, il avait été remercié sans ménagement, ndlr)…
Cela n’a pas été très respectueux et je pense que c’est dommage d’en arriver là dans une telle institution. Quand des gens en arrivent à faire ça, ils sont capables de tout. Ils sont simplement rayés de mon calepin et je n’aurai plus jamais rien à faire avec ces gens-là.

La rédaction-Larqué Foot