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Gonalons : "Lacazette et Fekir ? Je n'ai pas à les convaincre de rester"

Maxime Gonalons

Maxime Gonalons - AFP

ENTRETIEN RMC SPORT. Capitaine d’une équipe de Lyon toujours en concurrence avec le PSG pour le titre de champion de France, Maxime Gonalons est le leader d’un groupe plein d’avenir. Pour RMC Sport, le milieu de terrain fait le point sur les dossiers brûlants de cette fin de saison : la course au titre, le retour de Clément Grenier, le futur de l’OL, les convoitises que suscitent Lacazette et Fekir.

Alexandre Lacazette et Nabil Fekir sortent du lot cette saison avec l’OL, comment jugez-vous leurs performances ?

Qu’Alex atteigne cette barre des 27 buts, et j’espère qu’il ira chercher la trentaine, c’est extraordinaire. Marquer 27 buts dans une saison, et encore ce n’est pas fini, c’est quelque chose d’assez incroyable. En plus, il rentre dans l’histoire du club parce qu’il a battu le record (25 buts sur une saison pour André Guy en 1968-1969, ndlr). C’est beau ce qu’ils font. Nabil, on le connait assez bien puisqu’il s’entrainait souvent avec nous il y a deux-trois ans et on savait que ça allait devenir un élément important. Il le confirme aujourd’hui en marquant des buts, en faisant des passes décisives, en ayant un rayonnement et une importance capitale pour nos résultats.

Nabil Fekir connait une saison incroyable. Comment gère-t-il tout ce qui lui arrive ?

Il est jeune mais il a assez de recul par rapport à tout ce qu’il se passe. Il a eu beaucoup de pression ces derniers mois par rapport à la sélection. Ça n’a pas été évident à gérer mais je pense que ça été plutôt bien fait, cela montre sa capacité à répondre à tout ce qui se passe autour. Quand on est un jeune joueur, la pression médiatique ce n’est jamais évident à gérer. On aura la Coupe d’Europe l’an prochain donc ça va être encore un élément important pour tout le monde et notamment pour Nabil, il faut qu’il connaisse le très haut niveau pour continuer à progresser.

Et l’année prochaine justement, si vous aviez à les convaincre de rester ?

Moi, je n’ai pas à convaincre qui que ce soit. Ils ont la tête bien faite, il y a un Euro qui se profile dans un an… On va avoir le Grand Stade qui va arriver, on a le bonheur et la chance de pouvoir retrouver la Ligue des champions. C’est beaucoup de facteurs qu’il faut prendre en compte. Quand on est bien dans une équipe, qu’on est épanoui, parfois il faut se poser les bonnes questions et rester. Après, leur avenir leur appartient. Chacun est différent, chacun voit sa carrière différemment. Mais en tous cas ici il y a un projet important et j’espère que tout le monde va rester.

Comment voyez-vous la fin de saison et la lutte pour le titre ?

Ça va être très compliqué d’aller chercher le PSG, on le savait. Depuis 2015, ils sont redoutables en championnat. C’est une équipe qui a une grande maitrise dans ses résultats, dans son jeu, et forcément, ça va être très compliqué mais on va tacher de gagner les trois matches pour pouvoir espérer et n’avoir aucun regret. On n’est plus maitres de notre destin. On l’a été pendant quasiment trois mois mais aujourd’hui, ce sont eux qui sont en position de force. S’ils gagnent les trois matches, on aura beau faire carton plein, ça ne suffira pas. Le mot d’ordre aujourd’hui c’est de bien finir le championnat, prendre les neuf points et attendre un faux pas du PSG pour aller chercher ce titre.

La qualification en Ligue des champions, c’est déjà une victoire ?

Elle n’est pas officielle encore ! (Rires). Je vais me répéter, mais on fera les comptes à la fin. Mais elle aura une saveur particulière parce qu’il y a beaucoup de joueurs issus de la formation qui composent l’effectif aujourd’hui, c’est encore une autre fierté. On s’est tous battus pour arriver à être professionnel et de pouvoir jouer la plus belle des compétitions européennes avec notre club formateur, je pense que ça va être un grand moment. Et en plus peut-être dans notre nouveau stade, si l’on arrive à sortir des poules. Il y a beaucoup de facteurs qui font que l’on a réalisé une belle saison, même si elle n’est pas finie. En tous cas on ne va rien lâcher pour essayer d’aller embêter le PSG le plus loin possible.

Vous avez failli partir à plusieurs reprises, pas de regrets ? C’était un pari à un moment donné de rester ?

Non, à aucun moment je n’ai eu de regrets. Même si on a connu des semaines difficiles, j’ai toujours cru en ce que le club pouvait faire parce qu’il est ambitieux, et ça a beaucoup compté dans ma réflexion. Aujourd’hui je suis heureux sur le terrain, je prends du plaisir, donc il n’y a pas de raisons que ça change. Un pari ? Oui et non. Certes, on a perdu des joueurs d’expérience durant l’été, mais je savais dans un coin de ma tête qu’il y avait la relève. C’est le cas aujourd’hui, donc je pense avoir fait le bon choix et je suis heureux d’être resté.

Clément Grenier est de retour sur les terrains après une longue absence, quelle est sa place dans le groupe ?

C’est un joueur super important pour nous. Sur le terrain bien évidement mais en dehors aussi. C’est quelqu’un qui a beaucoup de caractère, qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui dit les choses. Forcément, on a besoin d’avoir ce genre de joueurs dans un effectif. Et puis en plus, si on rajoute ses qualités de footballeur, c’est un élément très important pour nous. Le revoir presque à son meilleur niveau, ça fait énormément plaisir parce qu’il a connu des mois de galère.

Une longue indisponibilité, c’est une période difficile pour un joueur...

On en souvent discuté, je l’ai aidé parce que j’ai connu ça par le passé. Quand on est arrêté de longs mois comme ça été le cas pour Clem’, c’est psychologiquement compliqué. Dans ces moments, il faut être soutenu. C’est ce que l’on a essayé de faire, avec son entourage proche. C’est quelqu’un qui n’a jamais rien lâché et en plus il est récompensé sur le dernier match d’un superbe coup-franc. Il est décisif sur les trois derniers matches, donc j’espère que ça va continuer pour lui et ça ne sera que positif pour nous.

Edward Jay à Lyon