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L’OM humilie le PSG

André Ayew

André Ayew - -

La rébellion marseillaise a reconquis le Vélodrome en bousculant, au propre comme au figuré, un PSG désormais relégué à trois points d’un fauteuil de leader occupé par Montpellier. La victoire de l’OM (3-0), ce dimanche soir, scelle la réconciliation avec son public. Et plonge Paris dans la tourmente.

Le feu couvait à Marseille. Il guettait les travées d’un Vélodrome qui se sentait trahi par les sorties sans gloire et sans envie de son équipe. Il enflammait les relations entre un entraîneur qui paraissait à court de solutions et un joueur frustré. Mais ce dimanche soir, l’étincelle est venue des tripes des joueurs marseillais. Leur engagement physique, leur faculté à flirter avec les limites, à « mettre le pied » et à secouer les Parisiens, a tellement surpris les virages qu’ils en ont oublié d’un coup leurs promesses de grève. Et qu’ils ont explosé sans réserve quand Loïc Rémy (9e), Morgan Amalfitano (65e) et André Ayew (84e) ont puni les manques parisiens (3-0). Les buts de l’honneur restauré.

Sur le bord de la touche, Antoine Kombouaré a dû se souvenir que lui, au début des années 90, n’avait pas été si tendre. Son équipe a perdu le classique de la Ligue 1 par méconnaissance de ces duels sous haute tension. Il avait pourtant ressorti du placard l’Uruguayen Diego Lugano et son regard noir. Mais c’est dans son dos que l’attaquant international de l’OM a surgi pour faire trembler les filets d’une tête splendide, alors que Christophe Jallet avait du retard dans la couverture. Et c’est devant lui que l’ancien Lorientais a déclenché sa frappe croisée. Zoumana Camara et Milan Bisevac peuvent garder l’espoir de jouer, beaucoup, cette saison.

Paris chute et rechute

En face, le duo formé par Stéphane Mbia et Alou Diarra a agi comme l’entendait Didier Deschamps, avec une énorme puissance, suffisante pour pardonner ses fautes techniques. Leur association, devant la défense, était un signe de ce combat que les Marseillais allaient mener. Sous les yeux de Nasser Al-Khelaifi, leur président, de Leonardo, leur directeur sportif, les stars parisiennes n’ont réagi qu’une seule fois. Une frappe de Momo Sissoko repoussée par le poteau de Steve Mandanda (35e). Javier Pastore, avec sa facture estivale de 42 millions d’euros, et Kévin Gameiro, à l’ego encore froissé, ont eux été rappelés sur le banc dès l’heure de jeu. Quant à Nenê et Jérémy Ménez, leur aisance avec le ballon a été dépassée, par exemple par la rage des frères Ayew.

Ce PSG-là, battu pour la deuxième fois consécutive après son incapacité à résoudre la partie d’échecs que lui avait proposé Nancy au Parc des Princes dimanche dernier (0-1), patine. Il perd les défis tactiques et physiques. Et compte désormais trois points de retard sur Montpellier, qui s’est installé samedi dans le fauteuil du leader. Sur la Canebière, dans les prochains jours, les supporters marseillais souriront à l’évocation de la soufflante infligée à ce rival survitaminé depuis son rachat par des fonds qataris l’été dernier. Plaisanteront peut-être également en revenant sur les performances de César Azpilicueta ou Morgan Amalfitano, métamorphosés. Dans les palais de Doha, l’ambiance ne sera pas aussi détendue. Elle sera lourde, très lourde.