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Le Boxing Day est-il exportable en France ?

Zlatan Ibrahimovic

Zlatan Ibrahimovic - -

Fierté et spécificité de la Premier League, le Boxing Day a aussi ses adeptes en France. Mais entre les réticences culturelles, médicales et économiques, voir des matchs de L1 pendant la période de Noël n’est pas encore d’actualité.

PSG-Monaco plutôt que Manchester City-Liverpool ? Marseille-Bordeaux plutôt que West Ham-Arsenal ? Peut-être qu’un jour les Français repus par les tranches de foie gras et de bûche englouties à Noël auront le choix entre une affiche de L1 et de Premier League pour digérer les excès des fêtes, dans leur canapé ou au stade. Souvent évoquée, l’idée d’un Boxing Day à la française verra peut-être le jour dans les années à venir. C’est en tout cas le souhait de plusieurs dirigeants de clubs français, qui verraient d’un bon œil ce coup de projecteur pendant les fêtes, synonyme de rentrée d’argent conséquente.

« On pourrait retourner par exemple au stade en famille. Ça veut dire plus d’entrées, des revenus supplémentaires pour les équipes. D’ailleurs, il n’y a pas de secrets. En Angleterre, la journée la plus rentable au niveau de la billetterie, dans les quatre championnats professionnels et dans certains championnats amateurs, c’est la journée du Boxing Day, explique Pascal Perri, économiste des "Grandes Gueules" sur RMC. Les Anglais ont développé du marketing autour de ça. » Seul championnat majeur en Europe à ne pas s’arrêter pendant les fêtes, la Premier League a fait de cette période un rendez-vous incontournable pour tous les fans de foot de la planète. Un moyen, donc, de toucher le pactole au niveau des droits télé.

Piat : « On perdrait des spectateurs »

Mais l’aspect économique suffit-il à justifier l’absence de trêve et un calendrier infernal, qui impose aux joueurs du championnat anglais trois rencontres entre le 26 décembre et le 1er janvier ? Pour Philippe Piat, le président de l’UNFP (Union national footballeurs professionnels), cela représente un risque non-négligeable pour la santé des joueurs. « C’est évident qu’après cinq mois de compétition, les joueurs ont besoin de souffler un peu. Ce n’est pas seulement une question de culture, c’est aussi une question d’intégrité physique des joueurs. Quand Joe Cole est venu jouer en France, la première chose qu’il a dit, c’est que c’était super d’avoir une trêve de Noël », déclare-t-il. Avant de mettre à mal l’argument économique : « On perdrait des spectateurs si on jouait les matches du 25 au 30 décembre. C’est quand même mieux de jouer pendant les beaux jours, donc ce sont des arguments qui, à mon avis, ne tiennent pas. »

Du côté des joueurs, qui font souvent des pieds et des mains pour rejoindre la Premier League, l’adaptation à cette période est plutôt facile. Alors, pourquoi ne le serait-elle pas également en France ? « Les joueurs français s’adaptent tout à fait à ce genre de possibilités. Alors pourquoi ne pas faire l’essai ? C’est ce que nous proposons, explique Jean-Pierre Louvel, président de l’UCPF (Union des clubs professionnels français). Faire l’essai sur trois saisons et voir si c’est concluant ou pas. » Et Pascal Perri d’apporter un dernier argument de poids : « C’est un peu comme si on mettait Ibrahimovic dans la hotte du Père Noël. » Les yeux des (grands) enfants brillent déjà.

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Vincelot : « Tout le monde attend le Boxing Day »

Défenseur à Leyton Orient, en 3e division anglaise, Romain Vincelot a expliqué au micro de Carrément Brunet sur RMC l’atmosphère particulière d’un Boxing Day et les contraintes que cela impose. « C’est quelque chose d’assez excitant. Il y a deux points de vue : celui de l’homme et celui du joueur. En tant que joueur, il y a un tel engouement que tout le monde attend le Boxing Day. Ça se passe en famille ou entre amis, dans les pubs ou au stade. Mais j’aimerais bien aussi avoir Noël avec ma famille et mes amis, avoue le joueur passé par Niort et Gueugnon. J’ai de la famille qui est venue, on a fait le réveillon quand même. C’est juste un peu plus calme. Je me dis que c’est contraignant mais ce n’est pas pour longtemps, j’aurai tout le temps d’en profiter plus tard. Je le vois comme une chance d’être protagoniste d’un spectacle. Pour les clubs, le Boxing Day est une rentrée d’argent super importante. Les dirigeants espèrent tous avoir le Boxing Day à domicile car il y a encore plus de monde. »

Alexandre Alain avec Vincent Delzescaux