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Le combat qui attend Jérémy Clément

Jérémy Clément

Jérémy Clément - -

Avant Jérémy Clément, d’autres joueurs de Ligue 1 comme Cédric Mionnet ou Yves Deroff ont connu le calvaire d’une grave blessure. Si certains ont rebondi, d’autres ne s’en sont jamais remis. Témoignages.

« On dit qu’on est très fort dans ces moments-là, mais c’est faux. Une fois qu’on est soigné, après, c’est dans la tête. Si je peux donner un conseil à Jérémy Clément, c’est de se faire suivre psychologiquement pour effacer ce traumatisme. » Cédric Mionnet, ancien buteur de Sedan, sait de quoi il parle, même s’il n’a pas eu la chance de consulter un psy en 2001, lorsque sa carrière bascula du côté obscur. Comme le Stéphanois Jérémy Clément, victime samedi d’une fracture ouverte bimalléolaire, Cédric Mionnet a été longuement éloigné des terrains à cause d’une grave blessure. Il y a 12 ans, le défenseur nantais Nicolas Gillet lui brise le genou. Verdict : rupture des ligaments croisés, sept mois d’absence. Le Sedanais a alors 26 ans. Plus rien ne sera jamais comme avant.

« Je n’ai jamais retrouvé mon niveau car l’appréhension était là, dit cet ancien Niçois. Je n’arrivais plus à provoquer. Dès que j’étais en face à face, ma première préoccupation était de jeter le ballon. Je ne retrouvais plus mes qualités, je me décevais. C’était l’hécatombe. Psychologiquement, je n’étais plus là. Je me suis détruit. J’ai fait mal à mon entourage. Aujourd’hui, je joue en amateur et je sens encore le frein à main que je n’ai jamais réussi à desserrer. » En 1999, le défenseur nantais Yves Deroff est lui victime d’un tacle terrible du Marseillais Patrick Blondeau. Jambe cassée. Lui aussi se souvient du traumatisme.

Mionnet : « Je n’ai pas eu de nouvelles de Gillet »

« Après, on a peur que ça repète sur un appui, explique-t-il. On ne réagit plus de la même façon. Le lendemain de cette blessure, je devais aller en équipe de France Espoirs pour ma première sélection. Parfois, je me dis que ma carrière aurait peut-être été différente si j’étais allé avec les Bleuets. » Une carrière peut donc se briser sur un tacle. Faut-il alors en vouloir à son « agresseur » ? « Sur le coup, on lui en veut mais pour moi, ça s‘était tassé assez vite, se souvient Deroff. Après 2-3 jours, je ne pensais qu’à revenir sur les terrains. » Ce n’est pas le cas de Cédric Mionnet qui n’a rien oublié de son calvaire.

« Nicolas Gillet me pète tout. Je suis anéanti, confie celui qui a l’intention d’appeler Jérémy Clément. A l’image de Jérémy, c’était une période où j’étais en pleine ascension. Il restait dix journées de championnat. Pas mal de clubs tournaient autour. On ne demande pas à ce que la personne appelle tous les jours, mais Nicolas Gillet a pris de mes nouvelles après lematch puis il a téléphoné deux ou trois fois par l’intermédiaire de son conseiller parce qu’il a lu dans les journaux que j’allais porter plainte. Il était en équipe de France et pensait à sa carrière. Je ne voulais pas nuire à la sienne. Mais après, je n’ai jamais eu de ses nouvelles. Je trouve ça désolant et triste. Juste un texto, ça fait toujours plaisir. » Entre le Stéphanois et Valentin Eysseric, suspendu jusqu’à la fin de la saison, l’entente semble plus cordiale. « Et je pense même que Clément peut revenir encore plus fort », conclut Cédric Mionnet.

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Aurélien Brossier avec Nicolas Jamain