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Le Lay : « J’ai envie de garder Antonetti »

Le président du Stade Rennais est l'invité de la Tribune Présidentielle sur RMC

Le président du Stade Rennais est l'invité de la Tribune Présidentielle sur RMC - -

EXCLU RMC SPORT - Invité exceptionnel de Luis Attaque, le président rennais a poursuivi ce mercredi la Tribune Présidentielle : un feuilleton qui verra les présidents des cinq premiers clubs de Ligue 1 s’exprimer sur RMC chaque jour de la semaine.

Patrick Le Lay, les supporters rennais réclament plus de moyens et d’ambitions. Pouvez-vous faire quelque chose pour leur donner espoir ?
Bien sûr, mais je ne peux pas jouer. Il faut suivre une stratégie. Tous les supporters veulent qu’on termine premier, mais il y a les concurrents… J’essaie d’être réaliste. On ne crachera pas sur la première place, mais ce n’est pas un objectif raisonnable cette année. Il ne faut pas faire plaisir aux supporters à n’importe quel prix. Les conséquences peuvent être lourdes. L’objectif est d’être européen. La probabilité d’être en Europa League la saison prochaine est plus importante qu’en Ligue des champions.

Comment expliquez-vous l’arrivée de nombreux dirigeants de télévision à la tête de club de Ligue 1 ?
C’est plus une succession de hasards que le fruit d’un raisonnement stratégique d’évolution des responsabilités dans les présidences de club. Les contextes sont différents pour Jean-Claude (Dassier) à Marseille et Robin Leproux à Paris. Quant à moi, si on m’avait proposé la présidence d’un autre club que Rennes, je l’aurais refusée.

Quelles sont les principales différences entre les deux fonctions ?
D’abord il y a des similitudes : un résultat objectif. A la télévision, c’est l’audience. La grande différence, c’est que sur le petit écran, on est responsable des choix des programmes. On sait que si on est bon, le programme va marcher. En football, le trio entraîneur-directeur sportif-président a moins de prise sur le résultat. Même avec des ambitions. Or si l’équipe d’une grande ville voire d’une région ne marche pas, c’est très déceptif pour les supporters. Par conséquent, il est plus compliqué d’être président d’un club de foot que d’une chaîne de télévision.

La pression est vive…
Rennes, c’est mon club ! Quand j’étais gamin, j’allais au stade. Le samedi, ma femme me demandait si je n’avais pas une autre copine car j’attendais près du téléphone. Mais j’attendais simplement les résultats du Stade Rennais. Quand vous êtes président, vous vous sentez tout de suite responsable et vous avez envie que l’équipe gagne. Avec moi, le stress est rude !

En cas de qualification pour la Ligue des champions, le Stade Rennais va-t-il pouvoir conserver ses meilleurs joueurs ?
Nous avons l’intention de garder l’équipe telle qu’elle est. Si on peut n’avoir aucun départ, on ne s’en privera pas. J’essaierai d’aller jusqu’au bout de ce raisonnement.

« N’oublions pas que nous sommes là pour donner un spectacle aux supporters »

Yann MVila sera-t-il Rennais la saison prochaine ?
C’est mon souhait. On peut le conserver. Les offres ne sont pas un problème. C’est l’un des éléments clé de l’équipe, un grand joueur. Il est jeune et doit encore progresser. A l’image de M’Vila, on a fait beaucoup d’efforts sur le centre de formation. On sort des jeunes. Quand ils auront progressé, on ne va pas recruter trois ou quatre grands joueurs pour qu’ils se retrouvent sur la touche. Ce n’est pas une vraie stratégie. Nous allons avoir une politique mesurée. Si on est européen, on va investir, mais pas n’importe comment. On a une grille salariale à respecter. On ne peut pas recruter un joueur qui a un salaire deux fois supérieur à celui des autres, sinon c’est la pagaille généralisée. On va donc essayer d’avoir une politique d’investissement sur le moyen terme. On fait ça à la bretonne : on ne travaille pas beaucoup mais tout le temps.

En fin de contrat en juin prochain, Sylvain Marveaux n’a pas voulu prolonger. Est-ce un problème ?
Quand je suis arrivé, il devait le faire. On ne peut pas l’obliger. Il est blessé. On verra bien.

Il risque de quitter le club gratuitement comme Moussa Sow l’an passé. Ces dossiers sont-ils mal gérés par le club ?
Ce serait trop facile ! Il y en aura d’autres. Ce sont des hommes. Ils sont libres de choisir leur destin. Ils peuvent avoir des bons ou mauvais conseils de leurs agents, mais on ne peut pas empêcher quelqu’un de partir. Je l’ai appris à la télévision.

Frédéric Antonetti est en fin de contrat également. Sera-t-il l’entraîneur du Stade Rennais la saison prochaine ?
C’est notre souhait à tous. Il a dit : « Je veux bien former les jeunes, mais je veux aussi les voir bien jouer. » Il est venu à Rennes avec l’objectif d’être européen. Si on l’est, il n’y a pas de problème. En tout cas, moi j’ai envie de le garder. C’est un entraîneur qu’on écoute.

Le jeu du Stade Rennais est-il séduisant à vos yeux ?
Disons qu’on a progressé. C’est la seule réflexion que j’ai faite aux vœux à l’ensemble du staff technique et de l’équipe : n’oublions pas que nous sommes là pour donner un spectacle aux supporters. C’est le point essentiel. J’ai eu trop souvent l’impression que les joueurs ne se donnaient pas à fond. Avec l’équipe actuelle, cette équipe peut faire le spectacle.

Etes-vous plus Jean-Michel Aulas ou Jean-Claude Dassier ?
Ça ne va pas faire plaisir à Jean-Claude, mais Jean-Michel Aulas a plus d’ancienneté dans le football.

Noël Le Graët ou Fernand Duchaussoy ?
Duchaussoy ! Noël est Breton et il m’a tellement cassé les pieds dans les négociations que je ne peux pas le mettre en avant.