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Le PSG face à la fronde de ses supporters

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La majorité des ultras parisiens désapprouvent le plan antiviolence mis en place par Robin Leproux, le président du PSG. Et ils entendent le faire savoir tout au long de la saison.

« C’est dommage d’en arriver là. Avec une répression mesurée et bien ciblée, il y avait moyen de garder une belle ambiance. » Comme la plupart des anciens abonnés, cet habitué du Virage Auteuil ne décolère pas contre les nouvelles mesures sécuritaires mises en place par le PSG. Comme beaucoup, il ne se rendra pas au stade cette saison. « Le PSG va se couper de toute une génération de supporters parisiens, assure-t-il. Il va y avoir une cassure. Mais il faut savoir que cette situation n’est pas tenable pour le club à la longue. Les abonnements reviendront. Et ce n’est pas parce qu’on va louper deux saisons qu’on ne sera plus là après. »

Le message est clair. Les anciens fidèles n’ont pas l’intention de déserter le Parc des Princes. Certains ont d’ailleurs fait un sit-in devant leurs tribunes respectives le week-end dernier, en marge de la réception de Saint-Etienne (3-1), pour exprimer leur mécontentement. Une initiative qu’ils comptent reproduire à chaque match.

Au cours de ces manifestations, deux-cent-quarante-neuf d’entre eux ont d’ailleurs été interpellés. Neuf ont été gardés à vue et quatre déférés devant la justice. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir lancé des fumigènes et divers projectiles sur les forces de l’ordre. Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur a annoncé que tous ces supporters seraient interdits de stade (IDS) dès la prochaine rencontre à Lille (voir encadré). Selon nos informations, la plupart des 240 personnes relâchées vont faire appel de cette sanction qu’ils jugent abusive. Dans le passé, certains fans avaient déjà obtenu gain de cause dans des cas similaires.

« Leproux sera obligé d’assouplir son plan »

Face à cette fronde, les pouvoirs publics entendent maintenir leur ligne de fermeté. « Laissons le Préfet de police prendre des mesures en ce qui concerne les interdictions administratives de stade, lâche Antoine Boutonnet, le chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme. On ne va pas attendre que des incidents se produisent pour se dire qu’il aurait fallu faire quelque chose. L’idée majeure c’est une tolérance zéro par rapport à la violence et à des comportements qui n’ont rien à faire dans des matches de football. »

Un discours qui ne semble pas dissuader les anciens abonnés. « Aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur essaie de multiplier les IDS mais ce n’est pas comme ça qu’il va régler le problème, assure une figure du Kop de Boulogne. Robin Leproux sera obligé d’assouplir son plan. Economiquement, le PSG ne peut pas tenir longtemps comme ça. Le club vivra avec ses deux virages, il ne peut pas faire autrement. » Voilà qui promet des soirées agitées dans la capitale. 

Le titre de l'encadré ici

Un premier déplacement à risques|||

Après avoir inauguré son plan anti-violence au Parc des Princes, le PSG va pourvoir le tester en déplacement ce dimanche à Lille (21h). Pour se rendre dans le Nord, les fans parisiens doivent acheter un package à 40 euros, comprenant une place en tribune visiteurs et un aller-retour dans un des bus affrétés par le club. Une manière pour le PSG de surveiller ses fans, autrefois habitués à gérer eux-mêmes leurs déplacements. Selon nos informations, certains d’entre eux comptent tout de même rallier le Nord-Pas-de-Calais par leurs propres moyens. Ils ont réussi à obtenir des places via internet. « On fera le déplacement, glisse un habitué du Kop de Boulogne. Pour Lille, on a déjà nos places. On sera discrets mais on sera dans le stade. Et ce sera comme ça pour tous les matches de championnat et de Coupe d’Europe. On ne peut pas nous empêcher de circuler. » Pour appréhender ces supporters isolés, 1000 policiers seront mobilisés. Un couvre-feu sera également mis en place.

Alexandre Jaquin et Loïc Briley