RMC Sport

Lens-PSG : Et l’arbitre gâcha la fête

Nicolas Rainville

Nicolas Rainville - AFP

En renvoyant directement aux vestiaires Jean-Philippe Gbamin, Jérôme Lemoigne et Edinson Cavani, Nicolas Rainville a littéralement douché le public du stade de France et mis fin, avant le coup de sifflet final, au match entre Lens et le PSG.

Lens-PSG ne s’est pas conclue, vendredi soir, à la 90e minute de jeu et au coup de sifflet final donné par Nicolas Rainville. Non, l’arbitre de la rencontre avait déjà mis un terme à cette rencontre, une demi-heure plus tôt, en délivrant trois cartons rouges en l’espace de… six minutes, entre la 53e et la 59e minute de la partie. Une véritable tornade, qui aura emporté sur son passage deux Lensois, Jean-Philippe Gbamin et Jérome Lemoigne et un Parisien, Edinson Cavani. Le tout dans l’incrédulité générale. « Le match s’est arrêté à la 55e minute, regrettait Gervais Martel devant les médias. D’ailleurs après, Paris n’a plus joué. C’était fini et c’est triste. »

Certes, Jean-Philippe Gbamin était déjà averti au moment de pousser légèrement Edinson Cavani dans la surface, qui aura bien joué le coup, également, pour obtenir un précieux penalty pour lui et pour le PSG. Mais le geste du jeune défenseur lensois méritait-il automatiquement un jaune et donc le rouge ? La poussette de Jérôme Lemoigne sur Yohan Cabaye quelques instants plus tard, un geste d’humeur plus qu’autre chose, devait-elle être aussi sanctionnée au prix fort, pour un joueur lui aussi déjà réprimandé et, surtout, quelques instants seulement après l’imbroglio Cavani ? « Même Cabaye a dit à l’arbitre qu’il n’y a pas de nécessité de lui mettre un rouge, juge l’arbitre radio de RMC Sport, Joël Quiniou. C’est un peu dommage de voir ces images sur un match qui se passait bien. »

Dommage de voir, aussi, un joueur sanctionné une deuxième fois pour avoir… tenté de rattraper l’arbitre, sans aucun geste d’animosité. Incrédule après avoir vu son habituelle célébration (celle où il mime un coup de fusil) punie par l’arbitre, Edinson Cavani a voulu avoir des explications de la part de Nicolas Rainville. Et l’a rattrapé par le bras, geste immédiatement sanctionné par l’officiel. Et incompris de tous. « Cavani a porté la main sur l’avant-bras de l’arbitre mais ce n’était pas pour contester mais pour lui dire : "c’est ce que je fais habituellement", affirme Joël Quiniou. Le carton rouge ne s’imposait pas. »

Al-Khelaifi : « Ce n’est pas comme ça qu’on va développer le football français »

On ne devrait pas connaitre la motivation des décisions de Nicolas Rainville, ce dernier, comme les autres arbitres de la rencontre, ayant fait savoir qu’il ne s’exprimerait pas. En coulisses, les autres acteurs de la rencontre ont eu du mal à masquer leur incompréhension. Leur tristesse, à l’image de Gervais Martel. « Il y a 25 000 supporters lensois qui se sont déplacés et qui ont acheté un billet pour 45 et 7 minutes de match. Je suis triste pour eux, pour le spectacle et pour le foot. Heureusement que l’arbitre s’est calmé car j’ai cru à un moment qu’il jouait au jeu des sept familles. »

Mais aussi de la colère. Si Laurent Blanc, tout comme son homologue lensois et ami Antoine Kombouaré, a gardé le silence sur le sujet, ce n’est pas le cas de son président, Nasser Al-Khelaifi, à l’agacement contenu. Mais palpable. « Je ne comprends pas. Il (Edinson Cavani, ndlr) fait toujours la même chose après avoir marqué, a rappelé le dirigeant parisien. Je ne sais pas pourquoi il prend un jaune, il ne fait rien. Je ne parle pas de l’arbitrage, je vous laisse, vous les médias, en parler parce que ce n’est pas bon pour le football français. Si on veut le développer, ce n’est pas comme ça. La victoire ? C’est très important, on voulait gagner pour se rapprocher de Marseille mais la situation n’est bonne pour personne. »

A.D