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Lens-PSG : Kombouaré a presque le cœur qui balance

Antoine Kombouaré

Antoine Kombouaré - AFP

Pour la première fois depuis son éviction, fin 2011, du banc du PSG, Antoine Kombouaré retrouve ce vendredi avec Lens le club de la capitale (20h30), en ouverture de la 10e journée de Ligue 1. L’occasion pour le Kanak de revenir sur cet épisode douloureux, qu’il assure avoir digéré. Lui l’indéfectible… supporter parisien.

L’émotion est moins vive. Peut-être parce que trois ans après, il y a prescription. Ou presque. « Moi, j’aurais voulu rester », déclare d’emblée Antoine Kombouaré. L’amertume pointe encore dans la voix du Kanak, plus qu’une éventuelle rancœur. Elle aurait été légitime pourtant pour celui qui retrouve, ce vendredi, pour la première fois son club de cœur. Trois ans après donc sa terrible éviction fin 2011, six mois après l’arrivée des Qataris… et malgré un titre honorifique de champion d’automne au fond de la besace.

« Mais je respecte la décision des dirigeants, assure Kombouaré. Quand je suis parti, c’était un soulagement et j’étais super content de partir. Parce qu’avec vous, les médias, qui venaient me questionner tous les jours, me demander si j’allais faire mon dernier match… Ça a été un soulagement. J’ai pris plus conscience des règles que l’on a dans ce milieu-là. Moi, ce qui était le plus important c’était de me reconstruire. Aller de l’avant toujours et se servir de ces expériences là pour être encore plus fort. En plus, ça s’est bien passé avec eux. On est des professionnels, ils m’ont donné mon argent et la vie, elle continue. »

« Je ne voudrais pas qu’on prenne une fessée »

Elle l’a d’abord envoyé une saison en Arabie Saoudite, sur le banc d’Al Hilal. Avant de le renvoyer au bercail, dans le Nord. A Lens. Avec un propriétaire azerbaïdjanais aux abonnés absents et, DNCG oblige, un recrutement au point mort cet été. « Quand on connait le compétiteur que je suis… voilà ça ne me plaît pas, j’ai les boules, assure Kombouaré. Je suis frustré. On est en Ligue 1, j’ai un groupe qui est jeune, qui vit bien ensemble et qui a envie de progresser donc c’est ça qui me motive. En espérant quand même qu’à un moment donné, que ça se décante pour nous et qu’on ait des renforts. »

Parce que ce Racing, rajeuni par nécessité, ne pèse vraiment pas bien lourd face à ce PSG-là. « Je ne voudrais pas qu’on prenne des cartons à gogo, des jaunes, des rouges, qu’on ne se maîtrise pas et que ça parte dans tous les sens, poursuit Kombouaré. Qu’on prenne une fessée, parce que derrière ça aurait des conséquences terribles pour la suite. Maintenant, il faut dire la vérité. Si le PSG joue sur ses qualités et à 100% ils nous balaient… et on n’existe pas. C’est très clair. »

« J’aimerais voir Paris gagner la Ligue des champions »

Lucide Antoine Kombouaré. Mais pas résigné. Même avec les absences pour suspension du milieu de terrain Wylan Cyprien et du défenseur Ahmed Kantari. « Je ne veux pas qu’on se plaigne, je ne veux pas passer pour une victime, j’ai horreur des gens qui pleurent, martèle le technicien lensois. On doit donner le meilleur de nous et donner la meilleure image, celle d’une équipe qui se bat.»

Le Kanak s’adoucit à nouveau au moment d’évoquer, une fois encore, SON PSG. « Ce ne sera pas un match normal car c’est le club qui compte pour moi. J’y ai passé près de 13 ou 14 ans. Je vous le dis : je suis un grand supporter du PSG. Aujourd’hui, j’ai en plus mon ami Laurent Blanc à la tête du club. J’aimerais les voir aller le plus loin possible en Ligue des champions et pourquoi pas, la gagner. Par contre, contre nous, s’ils pouvaient laisser des plumes… » Ses retrouvailles parisiennes seraient alors certainement moins amères.

Alix Dulac avec Jean Bommel