RMC Sport

Lens retient son souffle

Issam Jemâa

Issam Jemâa - -

Relégables depuis plusieurs semaines, les Sang et Or foncent droit vers la Ligue 2 à l’heure d’accueillir Marseille ce dimanche (21h). Toute une région espère un miracle. Histoire de ne pas revivre une descente qui coûterait très cher.

En ville, tout le monde s’efforce d’y croire. Traumatisés par la relégation de leur club il y a trois ans, les Lensois ne veulent pas ressortir les mouchoirs en fin de saison. Pourtant le spectre de la Ligue 2 flotte dangereusement au-dessus de la commune du Pas-de-Calais. Relégable depuis mi-septembre (exceptées les 18e et 20e journées), le RC Lens est mal en point à l’heure de recevoir l’OM ce dimanche (21h). Le sursaut d’orgueil à Montpellier (victoire 1-4) avant la trêve a redonné un peu d’espoir. Mais la situation reste critique à dix journées de la fin. « On est pas encore descendu, coupe le président Gervais Martel. Il y a 30 points à aller chercher. Tout est jouable. Moi, je crois beaucoup au maintien. »

Un optimiste partagé par le peuple Sang et Or. Et en particulier par les commerçants. Une manière de se rassurer au moment où l’un des poumons économiques de la région joue sa survie. « Les enjeux sont terribles, estime Arnaud, le patron du « Bollaert », un bar situé à 300m du stade. On sait ce que la L2 nous a coûté. Les retombées ont été catastrophiques. Tous les commerces ont vu leur chiffre d’affaires baisser. Donc je souhaite vraiment qu’on se maintienne. C’est encore jouable. » Jouable et surtout vital. Un passage dans l’antichambre de l’élite s’accompagnerait de pertes financières importantes pour le club. Durant la saison 2008-2009, le RCL avait ainsi vu s’envoler 40 millions d’euros…

L’Euro 2016, un enjeu majeur

« Si ça ne se passait pas bien sportivement, on serait obligé de réduire la voilure pendant un an ou deux, reconnait Martel. Mais on a une chance, c’est la Gaillette (le centre d’entraînement du RCL, ndlr). On a des jeunes qui arrivent. Ça me rend confiant pour l’avenir. » D’autant que dans un autre domaine, avec l’inauguration du musée du Louvre-Lens prévue fin 2012, l’activité s’annonce dense dans la région lors des prochaines années. Une aubaine pour le club nordiste, toujours surveillé par la DNACG (le gendarme financier du football français) malgré des comptes assainis. « Gervais Martel m’a présenté des bilans tout à fait raisonnables, glisse le maire Guy Delcourt. On a passé une période difficile, mais la situation s’est stabilisée. C’est pourquoi les collectivités locales s’engagent dans la rénovation de Bollaert pour l’Euro 2016. » Actuellement réserviste, l’enceinte des Sang et Or saura en mai si elle est retenue pour accueillir le gratin du football continental dans cinq ans. « On attend la réponse avec impatience », reconnait Martel. En espérant que d’ici là, le RC Lens sera toujours en Ligue 1.

Alexandre Jaquin avec Jean Bommel, à Lens