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Leroy : « Les Bleus, c’est verrouillé à double tour »

Le milieu de terrain rennais évoque sa saison.

Le milieu de terrain rennais évoque sa saison. - -

Inclassable, Jérôme Leroy, le milieu de terrain du Stade Rennais âgé de 34 ans s’est longuement confié sur son club, son parcours et sa vision du football.

Leroy et le Stade Rennais
« Il est encore un peu tôt pour savoir si Rennes va enfin remporter un titre. On est plus constant dans le jeu. J’espère qu’on va atteindre notre objectif qui reste la quatrième place. Avec Frédéric Antonetti, on est face à nos responsabilités. A l’entraînement, on fait beaucoup de jeux et pratiquement pas de physique. Tous les joueurs rêvent de ça. Pour l’instant tout va bien avec lui. Nous n’avons pas encore eu droit à des remontrances. Le coach colle parfaitement à l’identité du Stade Rennais. On pratique un beau football. Le club grandit. Je le vois à sa façon de communiquer et de fonctionner. L’équipe a une identité : elle joue bien au ballon. Avant c’est le FC Nantes qui avait cette identité. Depuis deux ans, il y a aussi de très bons jeunes. Avec les recrues, ça bouchonne un peu. Cette année, on va être agréablement surpris. C’est le moment pour certains d’être lancés dans le grand bain. »

Leroy et le public rennais
« Il est connaisseur. Quand il y a du beau jeu, il est présent et applaudit. Les publics chauds, c’est bien dans les bons moments, mais dans les mauvais, les joueurs détestent ça. Les fanatiques sont fous de leur équipe, et quand ça ne va pas, ils sont déglingués. Au final, je préfère avoir un public tempéré. Les résultats seraient-ils là si on avait un public bouillant ? Je ne sais pas. »

Leroy et l’équipe de France
« Le niveau est très élevé en équipe de France. Ce n’est pas une équipe de foot. Les joueurs ne se voient pas souvent. Il n’y a pas de réelle complicité. C’est difficile. Ce qui me déçoit, c’est qu’on ne peut pas dire ce qu’on pense, même si en club ça devient difficile. Mais chez les Bleus, c’est verrouillé à double tour. Raymond Domenech ? Je ne le connais pas, donc je ne me permettrais pas de le juger. »

Leroy, le rebelle
« Moi, rebelle ? Lorsqu’on débute une carrière, on vous colle une étiquette. Au début, je ne voulais pas en jouer. Mais quand j’ai vu que j’aurais cette étiquette à vie, là oui, j’en ai joué, notamment dans les moments difficiles. Tout le monde me prenait pour un fou alors je faisais le fou. Avec mes entraîneurs, c’est donnant-donnant. Lorsqu’on me donne des responsabilités, je suis prêt à aller au feu. Quel est l’entraîneur qui m’a fait le plus « pleurer » ? Alain Giresse, au PSG, parce que j’étais jeune. On n’avait pas la même vision. Son discours ne passait pas. A cette époque, je n’écoutais pas trop. Je ne faisais confiance en personne. Il fallait gagner sa place. J’étais là pour prendre celle d’un vieux. C’est rare que qu’un joueur soit venu pour me dire ce que je devais faire. Tout le monde parle d’un sport collectif, mais selon moi le football est un sport individualiste. Aujourd’hui, je regrette de n’avoir pas plus écouté les anciens. Je conseille les jeunes. Dans le football actuel, ils ont tout : le physique, la technique. Moi je n’avais pas ça. Aujourd’hui pour réussir il faut savoir écouter. J’ai déjà eu envie de corriger quelques uns de mes jeunes partenaires. Le dernier ? Yann M’Vila. C’est une révélation. Il a d’énormes qualités. Il faut qu’il prenne conscience qu’il peut devenir un joueur important. Mais même moi, j’essaie encore de me corriger ! »

Jérôme Leroy, sa vision du football
« Mon idée du foot, c’est celle que j’ai depuis que je suis petit, c’est jouer et prendre du plaisir. Ça s’est dégradé à cause des enjeux financiers. Si on les mettait un peu de côté, il y aurait peut-être un peu plus de spectacle. J’ai appris avec tous mes entraîneurs. Avec Vahid Halilhodzic aussi même si ça ne s’est pas bien passé avec lui. Il était là pour briser tout le monde mentalement. Si on ne répond pas, on devient un joueur quelconque. Mais si on passe ça, on peut jouer n’importe où et avec n’importe quel entraîneur. Mais pour cela, il faut oser, avoir du caractère, des choses que pas mal de joueurs n’ont pas. »

La rédaction-After Foot (G. Brisbois)