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Les 14 souvenirs de Camara, qui égale le record de matchs joués avec Montpellier

Son premier match, son premier but, la rencontre la plus marquante... Désormais à égalité pour le record du nombre de matchs disputés avec le Montpellier HSC grâce à son entrée en jeu contre Amiens ce samedi, Souleymane Camara a retracé sa carrière en confiant ses souvenirs auprès de RMC Sport.

En entrant contre Amiens, Souleymane Camara a égalé le record de Pascal Baills (adjoint depuis que l'attaquant est arrivé en 2007). Il compte désormais 429 matchs disputés sous les couleurs du Montpellier HSC. "Camaradona", comme on le surnomme dans l'Hérault, a tout connu: la montée en Ligue 1, le titre de champion de France, la Ligue des champions. Il a vu passer de nombreux entraîneurs, aussi: Rolland Courbis, deux fois, René Girard, Frédéric Hantz et Michel Der Zakarian maintenant. Pour RMC Sport, il a accepté d'ouvrir la boîte à souvenirs.

Son premier match

Libourne-Montpellier, le 27 juillet 2007. "On a gagné 3-1, je n’ai pas marqué. Buts de Lacombe, Ouadah et Dzodic. C’était mon premier match, je me souviens très bien. Je ne réalise pas encore avoir joué autant de matches. C’est quelque chose d’extraordinaire. Je suis fier de ce que j’ai fait avec Montpellier et fier de participer à la progression du club. Quand je suis arrivé à Montpellier, c’était juste pour me relancer après Monaco et Nice, où c’était difficile. Montpellier m’a tendu la main et je l’en remercie".

Son premier but

Montpellier-Troyes le 17 août 2007. "C’était à la Mosson, on gagne 3-0. Je m’en souviens, je marque de l’autre côté de la Butte Paillade. Je joue au foot pour le plaisir et pour gagner des matches et des trophées. Je ne compte pas mes matches et mes buts (76 en tout, record du club détenu par Laurent Blanc avec 84 buts). L’essentiel c’est être sur le terrain et prendre du plaisir. On fait un métier formidable".

Son premier but comme remplaçant et son statut de supersub

Montpellier-Troyes le 14 novembre 2008, au total 26 buts marqués comme remplaçant. "Je ne me considère pas comme un supersub. Je suis un joueur de foot, un professionnel. J’aime ce que je fais. À chaque fois que j’en ai l’occasion, j’essaye de me donner à fond. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Je n’aime pas ce nom de supersub, mais malheureusement c’est comme ça".

Son meilleur souvenir

"J’en ai deux. La montée en 2009 contre Strasbourg, c’est quelque chose qui restera à vie car c’était des moments formidables. C’est la première fois que je vivais de telles émotions. Et évidemment le titre avec Montpellier en 2012. Contre Lille, c’était exceptionnel. Il restait deux matches. Tout le monde était très tendu, les joueurs, les supporters, les dirigeants. 80% des français voulaient que l’on soit champion. À chaque fois que l’on partait en déplacement, on nous encourageait: «Tenez bon, on est derrière vous, c’est vraiment formidable». Ce match nous a marqué, avec Giroud qui fait une action incroyable, Aït-Fana qui met ce formidable but. C’est un match inoubliable".

Son coéquipier le plus fort

"On va me dire que c’est parce qu’on est amis, mais c’est Vitorino Hilton. C’est un joueur extraordinaire, humainement aussi c’est quelqu’un aussi d’extraordinaire. Une anecdote: contre Paris, il prend le ballon et il commence à partir et il s’enflamme. Moi, sur le banc, je me lève et lui crie dessus: «Papy, tu n’as plus 18 ans». Mais franchement, il nous impressionne. Faire ce qu’il fait à 42 ans, c’est vraiment formidable. Chapeau bas. C’est un exemple pour nous et pour les jeunes."

Son plus beau but

"Pour moi, tous les buts sont beaux du moment que ça touche les filets. On me parle souvent de Toulouse, l’année du titre. Il y a un but qui m’a marqué moi, c’est contre Nice ici. C’était un match serré, difficile. Il y a cafouillage dans la surface, le ballon m’arrive je mets pointu et ça fini au fond. Pour moi c’est un beau but, parce que je le marque dans une situation tendue".

Le plus grand match

"Deux matches que je retiens. Le derby contre Nîmes la saison dernière, je n’ai pas participé mais j’ai apprécié. On a respecté Nîmes, on a joué et on a marqué des beaux buts. Et la victoire 3-2 contre Paris la saison dernière, où je marque le but de la victoire".

La plus grande fête

"Au Mas, l’année du titre. Mais c’est difficile de parler sur des gens qui ne sont plus là (il est ému en repensant à Loulou, ndlr). On faisait le Paquito. Loulou s’est mis devant la file mais on s’est dit, non il ne va pas le faire. Il s’est jeté dans nos bras et a réussi à passer sur la tête des joueurs."

Son pire souvenir

"Il y a des moments difficiles. L’année où l’on joue le maintien, quand Fred Hantz arrive en cours de saison (2015-2016). Ça m’a vraiment marqué. D’habitude, je ne prends pas beaucoup de vacances. Cette année-là, j’ai vraiment coupé complet, car physiquement et psychologiquement c’était très dur. On était tendus, car on ne savait pas si on allait se maintenir. Cette année-là a vraiment été difficile".

La pire gueulante

"L'année du titre. On perd 4-2 à Évian, fin décembre, et on perd le titre de champion d’automne. Il faisait froid, il y avait la neige, c’était compliqué pour nous. À la fin du match, Girard était énervé, il nous a engueulés, nous est rentré dedans et il a fini sa causerie par cette phrase: «Vous savez quoi, je ne vous souhaite pas de passer de bonnes vacances!»

Son coéquipier le plus fou

"Geoffrey Dernis. C’était quelqu'un de vraiment particulier. Il nous faisait rigoler. Il disait des trucs, parfois c’est tendu mais lui il sortait des blagues des histoires. Une fois, pour détendre l’atmosphère, il s’était présenté devant la presse avec un bonnet de Père Noël."

Un souvenir de Rolland Courbis

"Il y en a tellement. C’était à Libourne pendant une causerie. Il n’aime pas quand il parle que les gens marchent ou restent debout. À un moment donné, il parle, il parle… Puis il a crié sur un joueur qui était debout: «Trouve une chaise et tu t’assois ou sinon tu vas dehors!». Il était vraiment très énervé".

Un souvenir de Michel Mézy

"L’année 2015-2016. On perd un match. Il nous convoque dans les vestiaires. Il nous cite un par un par, il nous rentre dedans. Ce sont des choses qui arrivent, mais c’était violent".

Un souvenir de Laurent Nicollin

"Après le match d’Auxerre, quand on devient champion. Le président pleure franchement, tellement il était content il était ému. Quand il nous prenait dans ses bras, c’était touchant".

Julien Landry