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« Les 24 heures du sport féminin » : quand l’arbitre est une femme

Stéphanie Frappart, entre Frank Leboeuf et Christophe Maé

Stéphanie Frappart, entre Frank Leboeuf et Christophe Maé - AFP

A l’occasion des « 24 heures du sport féminin » ce 24 janvier, RMC Sport a suivi Stéphanie Frappart lors du match de National qu’elle a dirigé entre Amiens et Dunkerque. L’occasion de faire connaissance avec cette jeune femme de 31 ans, la première à pouvoir officier en Ligue 2.

Vendredi 16 janvier. Il est 17h quand Stéphanie Frappart retrouve au Campanile d’Amiens ses deux assistants sur le match Amiens-Dunkerque, Mikael Berchebru et Manuela Nicolosi. Une bonne demi-heure de discussion. L’occasion pour Stéphanie de donner ses dernières consignes. Direction ensuite le stade de la Licorne, où le trio prend possession de son vestiaire, avant d’aller inspecter le terrain. Un terrain dans un mauvais état en raison des pluies tombées ces derniers jours sur la région.

Puis retour aux vestiaires. Collation, échanges avec les locaux, puis avec les dirigeants du club visiteur, le tout dans une excellente ambiance. Stéphanie retrouve ensuite le délégué de la rencontre pour les détails d’usage (horaires de sortie des joueurs, lieu d’échauffement dans le stade…). Puis place à la vérification des couleurs de maillot, aux dernières consignes aux capitaines, à la préparation du matériel et enfin, à un petit échauffement avec ses assistants. Avant le match, qui se déroule sans accroc. Stricte, Stéphanie Frappart ne cherche pas non plus à tomber dans l’autoritarisme. Au contraire, l’intéressée sait également faire passer ses messages avec le sourire.

« Chez les hommes, il y a plus de respect dans les mots, raconte cette salariée depuis cinq ans de la FSGT (Fédération organisatrice de sport loisir) de Pantin (Seine Saint-Denis). Si on ne prend pas les bonnes décisions, ça conteste quand même. Mais au bout de 10-15 minutes, ils oublient qu’on est une femme. Ils vous appellent Monsieur l’arbitre. Dans la fonction, ce n’est pas forcément la femme qui est mise en avant. » De toute façon, ce n’est pas ce que Stéphanie Frappart recherche.

« Je ne suis pas arrivée par hasard »

Cette passionnée de football, joueuse dès l’âge de dix ans mais qui a finalement choisi de se rabattre sur le sifflet (« Le football féminin n’étant pas très développé à l’époque, j’ai choisi l’arbitrage. Et je pense que c’était un bon choix à l’époque »), veut faire son métier du mieux qu’elle peut. Et être reconnue avant tout pour cela. « Cela fait 16 ans que j’arbitre, rappelle-t-elle. Je ne suis pas arrivée par hasard. J’ai été jugée comme les garçons. Beaucoup ont cru que j’arrivais pour faire valoir la féminité dans le football. Finalement, par mes compétences, j’ai prouvé le contraire et que j’avais ma place au sein de la Ligue 2. »

Le CV cette saison de Stéphanie Frappart, Fédérale 2 depuis juillet 2014 et seule femme arbitre à pouvoir officier dans l’antichambre de l’élite ? 7 matchs de L1 (en tant que 4e arbitre), 9 matchs de L2, 1 match de national et 3 matchs de Coupe de France. Pour un total sur ses dix matches de championnats en tant qu’arbitre central, de 37 cartons jaunes et 1 rouge, le 16 janvier, contre un joueur de Dunkerque. La suite pour la jeune femme, qui gagne 1 550 euros d’indemnité de préparation par mois, auxquels viennent se rajouter 1300 euros d’indemnité de match ? La Ligue 1, forcément, est en ligne de mire. Mais en prenant son temps. « Je prends étape par étape. La première, c’est déjà de me maintenir en Ligue 2. Après, on verra en fonction des compétences. Il faut garder les pieds sur terre et voir si on peut aller au-dessus. »