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Les Girondins ont-ils digéré l’affaire Tigana ?

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Au lendemain du faux-départ de l’entraîneur bordelais, le groupe girondin tentait de déminer une situation tendue. Les rares joueurs qui se sont exprimés ont essayé de donner le change.

A Bordeaux, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est en tout cas la version officielle. En ce mardi matin, Jean Tigana, conforté la veille par ses dirigeants alors qu'il avait proposé de démissionner, mène tranquillement l'entraînement. A ses côtés, Dominique Dropsy et Eric Bedouet, ses deux seuls adjoints depuis le départ confirmé de Michel Pavon.
Histoire de montrer le sens du dialogue qui l’habite désormais, le coach des Girondins s’engage dans de grandes conversations avec Dropsy, avant de s’entretenir avec son président. Le tout devant la salle de presse, alors que ce genre de conversations a généralement lieu dans le secret des vestiaires. Pour « Jano la tombe », l’heure est à la communication. « Parlez-vous ! », lance-t-il ostensiblement à ses joueurs sur le bord de la touche.
« C’est une situation un peu délicate, avoue Florian Marange. Mais le football, c’est comme ça. Il y a toujours des hauts et des bas et la presse qui s’en mêle. Nous, les joueurs, on ne se pose pas la question de savoir s’il a voulu démissionner ou non. »
Signe que la sérénité n’est pas forcément de retour au Haillan, cette légère altercation entre Kevin Olimpa, le gardien remplaçant, et Mathieu Chalmé lors de l'opposition sur petit terrain. Vujadin Savic et Cédric Carrasso doivent rapidement intervenir pour les séparer.

Ben Khalfallah : « Tout est rentré dans l’ordre »

Après l’entraînement, les joueurs préfèrent d’ailleurs se faire discrets. De Fernando à Chalmé, en passant par Ciani ou le capitaine Diarra, les cadres se succèdent, sans s’arrêter, filant vers le parking. Pas questions de revenir sur ces dernières heures, marquées par une réunion de crise, lundi soir, avec Nicolas de Tavernost et Jean-Louis Triaud.
« Tout est rentré dans l'ordre, assure Fahid Ben Khalfallah. Le fait que le grand patron vienne mettre les choses au point avec le président et le coach, c’est bien. Les choses se sont vraiment dites et on sait exactement ce qui s’est passé. Le coach nous a dit pourquoi il avait quelques doutes et pourquoi il voulait démissionner. Maintenant qu’il sait qu’il est soutenu, il n’y a aucun problème. »
En dépit de ces beaux discours, les difficultés de communication de Jean Tigana avec ses joueurs ne s’estomperont pas en quelques jours. Le jeune Floyd Ayité, 22 ans, ne cache pas que son entraîneur n’est pas le plus démonstratif qu’il ait connu. « Chaque coach a sa façon de fonctionner, glisse-t-il. J’ai un peu bossé avec Laurent Blanc et il communiquait plus. Tigana possède sa propre méthode avec ses adjoints et son staff. Chacun fait sa part du boulot. » Cette fois-ci, Jean Tigana semble pourtant avoir clairement repris la main.