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Les maux cachés du staff médical du PSG

Lucas, ici à terre, a, comme tous les autres joueurs du PSG, des préférences au sein du staff médical de son club.

Lucas, ici à terre, a, comme tous les autres joueurs du PSG, des préférences au sein du staff médical de son club. - AFP

La longue absence de Zlatan Ibrahimovic et les successions de blessures de joueurs cadres depuis le début de saison interrogent sur le fonctionnement de la cellule médicale du PSG qui se heurte à des rapports délicats avec le staff et les joueurs. Décryptage.

Le directeur médical agace Blanc

Les rapports entre Laurent Blanc et Eric Rolland, directeur médical du PSG depuis 2007, ne sont pas franchement au beau fixe. Si les blessures successives de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, David Luiz, Blaise Matuidi, Marquinhos, Ezequiel Lavezzi et Thiago Motta mettent sous le feu des critiques le staff médical, composé également de cinq kinés et deux physiothérapeutes, ce n’est pas la seule raison. « Même s'il le soutient publiquement, Laurent Blanc voulait changer de médecin en fin de saison dernière, indique une source proche du club. Le club avait sollicité Hakim Chalabi (Ndlr, actuellement en poste à Aspetar au Qatar et directeur médical du club avant Rolland) qui a refusé de revenir à Paris. »

Un doc respecté par les joueurs…moins par le staff

L'entraineur parisien lui reprochait un manque de communication notamment sur les diagnostics et les traitements de certains joueurs à l'étranger comme Grégory Van der Wiel qui était parti faire soigner son genou à Munich. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France estime qu'il n'a pas suffisamment la main sur le protocole de retour à la compétition de ses joueurs blessés. Selon nos informations, malgré sa compétence, le docteur Rolland ne possède pas un grand crédit ni auprès du staff de Blanc, ni auprès de la direction. « S'il est encore là, c'est en grande partie grâce aux joueurs », poursuit cette source. Des joueurs qui ont un grand respect pour lui tout comme le milieu médical où il fait l’unanimité jusqu’à l’étranger.

Zéro souci sous Ancelotti

« C'est le meilleur, estime un habitué du Camp des Loges. Tout le monde le consulte. Je n'ai jamais rencontré un médecin de sa compétence. En plus, il humble et ne recherche pas du tout la lumière ou la gloire. Sous Carlo Ancelotti, tout se passait bien. Une réunion était prévue tous les matins dans le bureau du coach pour faire le point. Carlo avait 100% confiance envers le staff médical. Les choses ont visiblement un peu changé... » Problème pour le PSG, les médecins du sport de qualité ne sont pas très nombreux en France.

L’emprise des kinés étrangers sur les Français

Malgré les cinq kinésithérapeutes et deux physiothérapeutes du staff médical, la charge de travail ne semble pas équilibrée. En signant au PSG, Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic ont fait venir leur propre kiné : le Brésilien Marcelo Pareira Da Costa pour le capitaine parisien et l'Italien Dario Fort pour le Suédois. Censés se consacrer quasi exclusivement à leur joueur, Marcelo et Dario ont vu leur charge de travail augmenter dès leur arrivée au club. Selon nos informations, sur 24 joueurs, 14 ont demandé à collaborer avec les deux physios dont 10 avec le seul Dario Fort. « Tu vas naturellement vers le kiné qui soigne des stars depuis longtemps et qui a la plus grande expérience confie un joueur. Dario est différent des autres. C’est aussi un confident et un ami des tauliers du vestiaire. » La plupart des Brésiliens ont, eux, demandé à être pris en charge par Marcelo. Les autres kinés se partageant le reste de l'effectif, Edinson Cavani travaillant notamment au quotidien avec Cyril Praud qui parle espagnol ce qui a facilité le rapprochement.

Un déséquilibre de charge de travail qui se ressent dans le suivi quotidien, surtout quand Dario Fort accompagne Zlatan Ibrahimovic chez lui en Suède pour consulter le physiothérapeute suédois personnel du joueur. Son absence au centre d'entrainement s'en ressent auprès des autres joueurs. « C'est la guerre entre kinés étrangers et français, avoue un proche d'un joueur. Les Français ont parfois manqué d'humilité en ayant la réponse à tout systématiquement. Mais la plupart manque d'expérience. Hormis Eric Rolland, le staff médical n'est pas au niveau des joueurs qui composent l'effectif. »

Le départ de Makelele complique la communication

Autre raison des pépins à répétition, la préparation physique a été musclée durant l’intersaison avec une augmentation de la charge de travail par rapport à la saison précédente. Alors que des jours de repos étaient régulièrement accordés de façon individuelle selon l'état de forme de chacun, les méthodes du staff ont changé. Le départ de Claude Makelele à Bastia a d’ailleurs été un élément important. L’ancien adjoint de Laurent Blanc était en effet un relais très important entre le staff et les joueurs qui se confiaient beaucoup à lui. L'absence de l’ancien milieu défensif a diminué la communication entre les joueurs et le staff. Et la disparation de cette liaison, très précieuse dans l'individualisation de la préparation, a réduit la prévention sur le ressenti d'éventuelles blessures.

Loïc Briley et Mohamed Bouhafsi