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Ligue 1: l’ANS s’insurge contre les tests de reconnaissance faciale dans les tribunes

Alors qu’un journaliste a dévoilé cette semaine l’usage de la reconnaissance faciale au stade Saint-Symphorien de Metz, l’Association nationale des supporters a fait part de son indignation concernant cette pratique, en dénonçant notamment "l’opacité totale" dans laquelle l'opération s’est déroulée. Le FC Metz s’est pour sa part défendu en évoquant de simples tests.

Cette une révélation qui n’a pas manqué de faire réagir l’Association nationale des supporters (ANS). En début de semaine, le journaliste Olivier Tesquet dévoilait dans une interview à Streetpress l'utilisation de la reconnaissance faciale au Stade Saint-Symphorien, sans que le FC Metz ne le signifie à ses supporters.

Localement, l’affaire a largement fait réagir. Jeudi 23 janvier, le Républicain Lorrain y a d’ailleurs consacré sa une ainsi qu’une double page à l’intérieur du journal. Ce vendredi après-midi, c’est donc cette fois-ci au tour de l’ANS de monter au créneau.

“L’Association nationale des supporters a pris connaissance par voie de presse le mardi 21 janvier 2020 de la mise en place récente par le FC Metz d’un dispositif de reconnaissance faciale au Stade Saint-Symphorien", écrit l’association dans un communiqué. "Bien que les informations publiées soient à ce stade parcellaires quant à la technologies déployée, le public visé et la finalité de cette expérimentation, l’ANS déplore l’opacité totale dans laquelle celle-ci s’est déroulée et s’interroge sur le bien-fondé du recours à cette technologie dans les stades français."

"Les supporters ne sont pas des rats de laboratoire exploitables contre leur gré“

C’est notamment la collaboration avec une entreprise privée qui fait bondir l’organisation. "L’ANS s’inquiète de voir un club mettre son stade à la disposition d’une société privée et donc d’associer les supporters présents en tribune à une opération visant à l’optimisation d’un logiciel à but lucratif. Les supporters ne sont pas des rats de laboratoire exploitables contre leur gré.“

"Selon Football supporters Europe, organisation européenne dont l’ANS est membre, la reconnaissance faciale pose également de nombreuses questions quant au respect des libertés fondamentales des supporters", poursuit l’ANS qui conclut son communiqué en demandant l’arrêt total de ce procédé à Saint-Symphorien. "L’ANS s’oppose fermement à l’utilisation de la reconnaissance faciale à titre expérimental et demande la suspension immédiate de tout programme en court."

De simples tests selon le FC Metz

De son côté, le FC Metz s’est défendu sur les réseaux sociaux. "Dans le cadre de la loi Larrivé, uniquement afin de faire respecter les interdictions commerciales de stade, une solution de comparaison faciale a été testée. Elle concerne donc exclusivement les personnes interdites d'accès au stade (...) En outre, cette solution est un outil de prévention dans le cadre de la lutte antiterroriste et permet de détecter des objets dangereux (armes à feu, couteaux) et des colis abandonnés suspects“.

"Il s’agit pour l’instant uniquement de tests techniques à vide, réalisés sur des employés de la start-up", précise le club de Ligue 1 dans un autre tweet. Affaire à suivre…

F.Ga