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Lille : où est le problème ?

Début de saison compliqué pour les Lillois, seulement 12e après 6 journées

Début de saison compliqué pour les Lillois, seulement 12e après 6 journées - -

Tenu en échec dimanche par Lyon (1-1), et toujours à la recherche d’un succès en championnat dans son Grand Stade, le Losc (12e) confirme son début de saison raté. Etat des lieux.

Un effet « Grand Stade » ?
Le Losc est-il intimidé par sa nouvelle enceinte de 50 000 places à Villeneuve d’Ascq ? Depuis le début de la saison, les joueurs de Rudi Garcia n’ont pas réussi à régaler leur public nordiste à domicile. Loin s’en faut, et les statistiques le confirment : en cinq rencontres au Grand Stade, les Lillois n’ont ramené qu’un succès (contre Copenhague 2-0, match retour, tour préliminaire de la C1), pour deux nuls, et deux défaites… Pas folichon, et autant de points qu’il faudra récupérer à l’extérieur. Au moment d’aborder la question, l’entraîneur des Dogues répond du tac au tac. « La saison dernière, on a pris plus de points à l'extérieur qu'à domicile, donc il n'y a pas de syndrome Grand Stade », a déclaré Garcia, après le nul contre l’OL. C’est vrai, la saison dernière, Lille a fini troisième du championnat (et deuxième à l’extérieur) grâce à sa capacité à bien voyager : 33 points acquis hors de ses bases, soit 9 victoires, 6 nuls, et seulement 4 revers. Cette saison, les Nordistes prennent le même chemin. Il faudra cravacher sur les terrains de la Ligue 1 pour accrocher une place européenne.

Un recrutement en question ?
Les arrivées de Marvin Martin et de Salomon Kalou n’ont pas encore répondu aux attentes. Absents dimanche face à Lyon, l’ex-Sochalien (adducteurs) et l’Ivoirien (suspendu) n’ont pas manqué au Losc. Quatre jours après la débâcle contre le BATE Borisov (1-3), Garcia est revenu au 4-3-3 qui avait fait ses preuves la saison dernière. Nolan Roux, en pointe, a retrouvé les filets, et Dimitri Payet et Ryan Mendes ont mis à la peine la doublette Maxime Gonalons-Arnold Mvuemba. Sans parler de Mouhamadou Dabo. « Lille a retrouvé son identité, a apprécié Rolland Courbis. On a vu une équipe en nette amélioration, plus équilibrée dans la récupération et dans la circulation. Même s’ils n’ont pris qu’un point, j’y vois une victoire aux poings. » Pas forcément pour les absents. Martin, dont l’indisponibilité de trois semaines profite à Mendes, est soutenu par son coach. « Pour moi, c’est un grand joueur, qui va nous faire une belle saison, mais il lui faut du temps pour s’adapter au jeu, au club, à la région. » Le temps presse.

Un président trop gentil ?
C’est Grégory Coupet, l’ancien gardien international de l’OL, qui a mis les pieds dans le plat. « Lille a un président qui est trop gentil. » Le faux-pas en Ligue des champions contre les Biélorusses du BATE Borisov (1-3) n’a pas entrainé une soufflante de Michel Seydoux, le patron du Losc. Bien au contraire. Malgré les incantations de son entraineur, la veille du match, à bien entrer dans la compétition pour ne pas rééditer la désillusion de la saison 2011/2012 (Lille a fini 4e de son groupe), le boss des Dogues a fait dans le paternaliste. « C’est le match cauchemar (…), mais ce n’est pas très grave. On assume toujours tout. Les joueurs sont tout à fait conscients du rendu. C’est le genre de match qui doit servir d’expérience. » O.K. président, mais une « expérience » qui va couter des points précieux à domicile aux Nordistes qui, maintenant, vont devoir aller chercher l’exploit sur la pelouse de Schalke… « Michel Seydoux est trop gentil dans sa communication, regrette Coupet. Il est toujours dans le positif, mais attention, à un moment quand tu fais un centre d’entraînement ou un stade comme ceux qu’ils ont, derrière, ça doit suivre. Jean-Michel Aulas nous disait : ‘J’ai tout fait de mon côté, la balle est dans votre camp’. »

Quand ça ne veut pas sourire
Deux frappes cadrées et un but pour Lyon, cinq frappes et un but pour Lille. A l’image des statistiques, la chance n’est pas dans le camp du Losc cette saison. Lisandro n’a eu besoin d’allumer qu’une mèche (80e) dimanche pour faire tomber une fois encore les joueurs de Rudi Garcia à genou sur le pré ingrat du Grand Stade. Dominateur comme jamais encore cette saison, le champion 2011 s’est vu rejoindre en fin de partie. Comme à Troyes (1-1), et cette égalisation signée Sébastien Grax à la 88e. Face à Lyon, Ryan Mendes (45e) a buté sur Rémy Vercoutre qui a empêché l’équipe nordiste de faire le break avant la pause. Et avant l’heure de jeu, Dimitri Payet (57e) aurait pu aussi la mettre au fond. Au lieu de quoi Lille a dû se contenter d’un point, et d’une inconfortable 12e place après six journées. « Au niveau du classement, c’est inquiétant, admet sans forcer Benoit Pedretti. « On a vu une différence entre une équipe qui a de la réussite et une équipe qui n'en a pas. Je suis très déçu pour les joueurs », s’est lamenté Rudi Garcia. En progrès dans le comportement, l’équipe nordiste est maintenant à la recherche de points, et d’une meilleure fortune.

Louis Chenaille (avec J.B. à Lille)