RMC Sport

Lille-Valenciennes : un derby et ça repart

Les Lillois vainqueurs du derby

Les Lillois vainqueurs du derby - -

Dominateur et en supériorité numérique, le LOSC s’est fait peur en fin de rencontre face à Valenciennes (2-1). Mais grâce à Roux et Payet, buteurs, et Kalou, enfin en jambes, Lille réalise l’essentiel et remonte au classement.

Il ne fallait pas arriver en retard au Grand Stade, samedi après-midi. Au regard des prestations cette saison du LOSC dans son nouvel écrin (1 succès seulement en Ligue 1, deux toutes compétitions confondues, deux nuls et trois défaites avant cette 10e journée) pas sûr, pourtant, que le public lillois ait manifesté un réel empressement à l’idée de se masser en tribunes. D’autant que ce samedi, l’invité du jour, le voisin valenciennois, avait l’étiquette du favori avec sa 5e place au classement. Mais alors que les voyants étaient à l’orange, la pression franchement maximale et les joues encore rougies par la défaite cette semaine contre le Bayern (0-2), Lille s’est réveillé.

Très vite, d’ailleurs, puisqu’à la 2e minute, Nolan Roux est bien à propos pour reprendre dans le but vide un centre de Payet et dévié par Kalou. Un cafouillage gagnant pour le LOSC, une entame catastrophique pour le VAFC, incapable de sortir de sa léthargie. Cueillis à froid, les partenaires de Gaël Danic subissent les vagues rouges. Le danger est constant, d’autant que certains Dogues encore endormis ont choisi d’aboyer en cette fin d’après-midi. Marvin Martin ? Actif. Salomon Kalou ? Disponible, comme le souhaitait son coach, Rudi Garcia. Décisif, comme l’attendait le public lillois, attente récompensée à la 38e minute, quand il sert Dimitri Payet dans un fauteuil après avoir fixé une partie de la défense valenciennoise (2-0).

Le break est fait. Du moins, normalement. Parce que Lille a la fâcheuse habitude de ne pas toujours tuer ses rencontres cette saison, il se rajoute un surcroit de pression en fin de match, lorsque Basa apprécie mal un ballon et laisse Danic mettre Le Tallec sur orbite (72e). La peur devient franchement palpable quand Valenciennes, enfin sorti de sa torpeur, réveille les vieux démons lillois, matérialisés par un Le Tallec incisif mais pas assez dangereux (80e) pour Landreau. « Il s'en est fallu de peu pour que, dans un baroud d'honneur, on égalise, note l’entraîneur du VAFC, Daniel Sanchez. Lille a eu peur à la fin. Ça aurait pu être un tout autre match mais on a commencé à jouer après 25 minutes seulement, c'est trop tard. »

Kalou intenable

L’égalisation aurait été d’autant plus difficile à digérer que les Dogues, depuis la demi-heure de jeu, évoluaient à onze contre dix, suite à l’exclusion de Carlos Sanchez. Et que Lille, assez dominateur dans les débats, a multiplié les occasions à 2-0. La plus éloquente est venue du crâne de Kalou, pas assez réglé pour trouver la mire de Penneteau, battu (56e). Et après la réduction du score de Valenciennes, c’est encore lui qui sème le feu dans la défense adverse (74e). Sans succès. Kalou n’a pas marqué mais a, enfin, délivré une copie digne de son statut. Comme le reste de son équipe, bien plus mordante sur sa pelouse.

Tout n’est pas encore parfait ni pardonné à ce LOSC encore bancal. Mais avec ce derby gagné et une série nouvelle de trois matches sans défaite en Ligue 1 (deux victoires, un nul) le moral est au beau fixe pour un LOSC enfin du bon côté du classement (9e) et à une unité de sa victime. « Un derby, ça se gagne et c’est ce qu’on a fait, se félicite Rudi Garcia. On continue la série, ça fait 7 points sur 9, on est dans la première moitié de tableau. Je veux féliciter le collectif. On a très bien géré la supériorité numérique. » Reste plus qu’à confirmer tout ça, dans trois jours, en 8e de finale de Coupe de la Ligue contre Toulouse. « On veut se qualifier en quarts de finale » prévient le coach. Le message est passé.

Alix Dulac avec SD