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Martel et le « cercueil »

Gervais Martel

Gervais Martel - -

Le président du RC Lens est apparu à la fois furieux et résigné après la nouvelle défaite en L1 de son équipe face à Toulouse (0-1). L’avenir de Martel à la tête du RCL paraît de plus en plus compromis.

La douzième défaite de la saison aura été celle de trop. Lassé par les contre-performances de son équipe, Gervais Martel a tapé du poing sur la table. Samedi soir, le président lensois a beaucoup souffert face à Toulouse (0-1), comme tout le peuple Sang et Or. Au-delà du score, il a surtout été blessé par l’indigence des Maoulida et consorts. « Je suis très en colère, a-t-il expliqué. Et pas seulement à cause du résultat. J’ai vu une équipe méconnaissable. On a joué comme des vieillards. On a été incapable de faire quelque chose de bien. On a touché le fond. En dessous, il y a le cercueil. En dehors du résultat, qui est catastrophique, c’est plus par rapport à la manière que je suis furieux. »

Il y a de quoi. Président depuis 1988, Martel a le RC Lens dans la peau. Et il ne supporte plus le spectacle pathétique proposé à Bollaert cette saison. Dans une récente interview, il avait laissé la porte ouverte à un départ du club en cas de descente en L2. En quatorze rencontres, ses joueurs n’ont gagné que quatre fois dans leur jardin, pour quatre nuls et six défaites. Un bilan calamiteux qui a plongé les Nordistes dans la zone de relégation. « Il faut retrouver nos esprits, glisse Martel. On est trop timides. Merde ! On est devant un public extraordinaire, dans un club formidable et on n’arrive pas à avoir cet enthousiasme dans le jeu. Il va falloir perdre cinquante autres matches pour se libérer ? Je n’ai pas une équipe qui est complètement nulle. Mais là, les joueurs ont été en-dessous de tout. Ils ont fait preuve d’une passivité incroyable pour un club qui est en train de jouer sa peau. »

« On n’a pas la même passion »

Dix-neuvièmes de L1, à quatre points de Monaco (premier non-relégable), les hommes de Laszlo Bölöni, incapables de gagner depuis sept matches (quatre défaites, trois nuls), foncent vers la relégation. Dans ces conditions, difficile d’être optimiste pour la fin de saison. « On verra bien, mais au moins qu’on soit digne de ce club et de ses couleurs, espère Martel. A un moment donné, quand on se regarde dans la glace, on n’a pas la même passion. Il faut qu’ils se réveillent ! Ce n’est pas possible. Il faut plus qu’une prise de conscience. Il faut que ce groupe se lâche et qu’il soit plus exigeant vis-à-vis de lui-même. » La survie du club en dépend.

Alexandre Jaquin avec Jean Bommel, à Lens