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Martel : « Wallemme doit se montrer plus exigeant »

Le président lensois attend de ses joueurs un autre comportement que celui affiché face à Toulouse (défaite 2-0)

Le président lensois attend de ses joueurs un autre comportement que celui affiché face à Toulouse (défaite 2-0) - -

Invité dans Luis Attaque, le président du RC Lens s’est confié sur les déboires actuels de son équipe. S’il garde confiance en son entraîneur, le dirigeant lensois attend rapidement un tout autre comportement de son club.

Gervais Martel, les temps sont durs en ce moment pour votre club…
Ils le sont parce qu’on n’est pas bons, on ne prend pas de points. On savait que cette saison allait être compliquée. Mais je suis très déçu par le comportement de mon équipe sur le dernier match. Ils ont trop vite baissé les bras après avoir été mené un zéro. Je n’ai pas senti de révolte chez eux ni une envie, individuelle comme collective, de revenir.

Est-ce que les problèmes économiques que connaît le club peuvent expliquer vos problèmes actuels ?
Ce n’est un secret pour personne. Je suis interdit de recrutement par la DNCG. Mais il ne faut pas se cacher derrière ça. Sur le terrain, il y a des choses basiques à faire. On a été dans un jour sans lors du dernier match. Perdre des matches, ça va arriver. Mais les perdre au moins les armes à la main, ce n’est pas ce que j’ai vu dimanche. C’est ce qui me révolte.

Vous avez dû hausser le ton en interne. Vous avez fixé des échéances à vos joueurs, à votre staff ?
Non. J’entends dire que j’ai confirmé Jean-Guy Wallemme. Je ne l’ai jamais affirmé… alors je ne vois pas pourquoi je l’aurais confirmé. Il faut que les gens en charge du sportif se remettent la tête à l’endroit. On ne peut pas accepter dans notre fief de Bollaert d’être dominé de la sorte. On a été battu dans les duels, dans le jeu de tête, dans l’engagement et dans tous les secteurs qui ont fait la fierté du RC Lens.

Vous connaissez la ferveur que portent les supporters lensois à leur club. Est-ce que vous les avez prévenus que cette saison serait un exercice de transition.
Je l’ai dit mais ça n’empêche pas certains comportements. Sur le terrain, c’est onze mecs contre onze mecs. Ce que je vois ne correspond pas à ce que l’on attend. On a la chance d’avoir les meilleurs supporters de France. Ils acceptent de voir perdre leur équipe mais les armes à la main. Dimanche, cela a été trop nul pour être vrai. Les réactions doivent venir du terrain, pas des discours du président. Ce sont les joueurs qui ont les cartes en main, qui font le métier. A eux de l’assumer.

Vous sentez Jean-Guy Wallemme touché par la situation ?
Jean-Guy est un compétiteur. Il est meurtri. Il doit également prendre ses responsabilités. Il doit se montrer plus exigeant et surmonter ce moment difficile. Cela passe par des discussions avec les joueurs, des remises en cause individuelles, des changements s’il le faut. Ceux qui ne veulent pas faire d’efforts, qu’ils viennent en tribunes à nos côtés.

Vous dites que votre entraîneur doit prendre ses responsabilités. C’est sa première saison en Ligue 1. N’était-ce pas un peu tôt pour lui ?
Ecoutez, on ne choisit pas le calendrier d’une carrière. Le sujet n’est pas là. Jean-Guy nous a fait remonter la saison dernière. Je lui ai donné ma confiance. Il est en difficulté, mon rôle est de l’aider. On peut être exigeant tout en maintenant cette confiance. Mais à un moment donné, elle se mérite. Je veux voir un autre visage de mon équipe lors du match face à Lorient.

Le RC Lens devrait donc se montrer très actif lors du prochain mercato ?
Je pense que ça bougera… Mais aujourd’hui, ce n’est pas le sujet du moment. Il doit nous rester encore huit matches avant le début du marché des transferts. On ne va pas rester avec huit points… Le mercato, on en parlera en temps et en heure.

N’y a-t-il pas des décisions que vous avez prises que vous regrettez aujourd’hui ?
Je ne peux pas regretter de ne pas avoir fait venir de joueurs. J’avais l’accord de sept ou huit joueurs de L1 mais il n’y a pas eu de départ chez nous. Quand on ne peut pas acheter, on ne peut pas avoir de regrets.

La situation actuelle de Lens ne découle pas d’erreurs commises dans un passé récent…
J’ai toujours dit que je m’étais trompé. Ce n’est pas le sujet. Ce n’est pas en pleurant sur le passé que l’on va aller prendre des points samedi. Il y a de la qualité dans notre équipe, il faut qu’elle soit bien orchestrée sur le terrain. Les joueurs doivent développer leurs talents avec une implication de haut niveau. Je n’ai jamais dit qu’on jouerait les cinq premières places mais qu’on ferait du mieux possible.

Luis Attaque