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Mavuba : « Un truc de fou à vivre »

Rio Mavuba

Rio Mavuba - -

Le Mondial débute lundi pour les Bleus avec le rassemblement des premiers joueurs à Clairefontaine. Alors que la pression va commencer à monter, le Lillois Rio Mavuba s’est longuement confié sur l’événement foot de l’année 2014.

Rio, vous avez été blessé et souvent absent des listes de Didier Deschamps. Avez-vous eu peur d'avoir laissé passer votre chance pour cette Coupe du monde ?

Avec les blessures, la saison dernière n’a pas été terrible. Tu vois l’équipe qui avance, que tu perds du terrain. Il faut revenir au meilleur niveau, travailler, ce que j’ai essayé de faire au Losc. J’ai eu la chance de pouvoir réintégrer le groupe doucement et d’avoir vécu les barrages (contre l’Ukraine). Ça a été un moment fort de la campagne.

Le barrage retour a-t-il marqué la réconciliation entre les Bleus et leur public ?

Pendant le match, il y avait une ambiance terrible, la plus grosse que j’ai jamais vue au Stade de France. Il y avait une belle communion et La Marseillaise à la fin avec le public. Tout le monde chantait. On avait vraiment senti qu’il se passait quelque chose.

Ce match marque-t-il l'acte de naissance d'un groupe ?

Oui. C’était un match couperet avec la qualification pour le Brésil au bout. C’était le moment fort de la campagne.

Est-ce une bonne chose d'intégrer des jeunes comme Lucas Digne ou Antoine Griezmann ?

Bien sûr. C’est bien d’avoir de la jeunesse. Ils peuvent être insouciants et se lâcher. Antoine Griezmann fait une grosse saison. Lucas ne joue pas tout le temps mais, pour avoir évolué avec lui, je sais qu’il a un gros potentiel. Il a déjà joué en Ligue des champions, il connait donc un peu le haut niveau. En match ou même à l’entraînement, c’est un mec qui ne lâche rien. Il est infatigable.

« C'est important de fédérer »

Comment vous sentez-vous au sein de cette équipe de France ?

C’était important pour moi d’enchaîner les rassemblements afin de prendre me marques. Je pense que j’ai un rôle important à jouer. Il y a pas mal de jeunes. C’est important de fédérer, de parler avec eux. Ce que je fais à Lille, je dois le faire en équipe de France. Le sélectionneur ne m’a pas spécialement responsabilisé là-dessus. C’est dans mon tempérament. La majorité des joueurs sont plus jeunes que moi. C’est important de les mettre à l’aise.

Vous allez vivre plusieurs semaines ensemble. Il faudra parfois s'effacer pour un partenaire...

Oui. Il faut avoir l’intelligence de ne pas penser à soi avant le collectif. Si on fait un bon parcours, ce sera bénéfique pour tout le monde. Pour ceux qui jouent comme ceux qui jouent un peu moins. C’est un truc de fou à vivre. Durant toute ma carrière, j’ai eu l’habitude de jouer. Je n’ai pas joué contre l’Ukraine mais, au final, c’était un moment magnifique à vivre. Même sur le banc.

Avec le Honduras, la Suisse et l'Equateur, votre groupe est plutôt abordable...

On aurait pu tomber dans un groupe plus compliqué, c’est vrai. Mais il faut toujours rester vigilant. On a vu lors de la phase de poules que l’on a gagné difficilement des matches présumés simples. Il ne sert à rien de parler, la vérité c’est sur le rectangle. Il faudra être présent le jour J.

« Un minimum de passer la poule »

Est-il raisonnable d'ambitionner de gagner la Coupe du monde ?

Il ne faut pas laisser penser ça aux gens. On n’a pas tous les meilleurs joueurs du monde. Mais en créant quelque chose collectivement, on peut faire de belles choses. En étant réaliste, c’est un minimum de passer la poule.

Quelle serait votre finale rêvée ?

France-Brésil au Maracana, ce serait quand même beau. Ce serait une finale de rêve. 

Vous affronterez l'Equateur au Maracana. Votre sentiment ?

C’est un stade mythique ! Cela a longtemps été le plus grand stade du monde. Après le tirage au sort, j’ai reçu pas mal de textos de joueurs brésiliens comme Raphael Schmitz, De Melo, Henrique ou Fernando qui me disaient : « Tu ne réalises pas ! C’est le rêve de tous les joueurs brésiliens de jouer au Maracana. »

Le climat tendu au niveau social et les nombreuses manifestations vous font-ils peur ?

On espère que cela va se calmer. Il y a eu pas mal de mouvements importants durant la Coupe des Confédérations. Ça avait débordé. On espère que ce sera la fête et que celle-ci redonnera le sourire aux Brésiliens. Ce n’est que du foot. Ça peut être la fête pendant deux mois.

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Propos recueillis par Jérôme Sillon