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Ménez, l’étoffe d’un capitaine ?

Jérémy Ménez

Jérémy Ménez - -

En annonçant qu’il pourrait confier le brassard à Jérémy Ménez, Carlo Ancelotti a surpris son monde. Loin d’être exemplaire sur le terrain et plutôt timide, l’ancien attaquant de l’AS Rome ne semble pas taillé pour le costume de capitaine.

Jérémy Ménez, capitaine du Paris Saint-Germain la saison prochaine, c’est surprenant et même « bizarre » pour reprendre le propre terme de l’entraîneur parisien Carlo Ancelotti. Pourtant, le technicien italien l’a envisagé pas plus tard que lundi, lors d’une conférence de presse en Autriche. Parce qu’il est français d’abord et que Carlo Ancelotti ne veut pas d’un capitaine d’une autre nationalité, mais aussi parce que cela « pourrait le responsabiliser par rapport à tous ces cartons jaunes qu’il a pris la saison dernière ». Douze en 33 matches, c’est beaucoup. Et son comportement déplacé à l’Euro (insultes envers l’arbitre et altercation avec son capitaine Hugo Lloris lors de France-Espagne) démontre qu’il y a encore de gros progrès à faire.

« Jérémy doit seulement mettre ses grandes qualités sur le terrain. Il ne doit pas protester contre l'arbitre et avoir un mauvais comportement. Il doit se focaliser uniquement sur le jeu », martelait Ancelotti le 3 juillet alors que son joueur venait d’être convoqué devant la commission de discipline de la Fédération Française de Football. Mais même si son comportement s’améliore, aura-t-il l’étoffe pour porter le brassard de capitaine, à 25 ans ? « Le Jérémy qu’on a connu n’était pas prêt à ça, affirme Jean-Luc Ruty, le directeur du centre de formation du FC Sochaux-Montbéliard, qui l’a côtoyé entre 14 et 19 ans. C’est quelqu’un de très timide, ce n’est pas un mec de vestiaire. Il peut être leader technique. Moi, c’est le seul Jérémy que j’ai connu. Est-ce qu’il a changé à ce point-là ? Peut-être mais je n’en suis pas sûr… »

Ruty : « Pour l’obliger à contrôler ses sautes d’humeur »

Pour Jean-Luc Ruty, Carlo Ancelotti, qui promettait début juillet de s’entretenir avec l’ancien attaquant de l’AS Rome, a une idée derrière la tête : « Je suis persuadé que l’idée de Carlo Ancelotti est, en le responsabilisant, de l’obliger à contrôler encore plus ses sautes d’humeur, ses écarts de comportement et son absence de concentration. » Le coach italien n’a jamais caché son admiration pour les qualités techniques de l’ancien Romain, qu’il a immédiatement considéré comme un élément essentiel de son dispositif. Il ne tient pas à s’en séparer et aimerait au contraire pouvoir compter davantage sur lui. De là à le nommer capitaine, il y a un pas que l’entraîneur aura la possibilité de franchir lors du match amical face à Chelsea le 23 juillet. Jérémy Ménez aura alors mis fin à ses vacances et rejoint le groupe à New York.

Sylvie Marchal (avec Jérémie Pignard et M.Bo.)