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Monaco : l’exil ou le clash ?

Dmitry Rybolovlev, président et propriétaire de l'AS Monaco depuis la fin 2011

Dmitry Rybolovlev, président et propriétaire de l'AS Monaco depuis la fin 2011 - -

Jeudi, le comité exécutif de la FFF va examiner l’appel de l’AS Monaco, qui refuse d’être soumise à la fiscalité hexagonale, comme l’exige la nouvelle réglementation de la LFP. La Fédération devra trancher dans le bras de fer qui oppose depuis trois mois les présidents de L1 au club de la Principauté.

La célèbre taxe à 75% a réussi à semer la zizanie au sein de la famille du football français. Enfin… « français », là est toute la question. L’AS Monaco, qui offre un statut fiscal avantageux à ses joueurs (et ressortissants) étrangers est-elle hors-jeu par rapport aux clubs de l’Hexagone, soumis à l’impôt sur le revenu ? C’est l’avis des formations de Ligue 1 qui ont acté, le 24 janvier lors d’un conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP), l’obligation pour un club désireux de participer aux Championnats de France de L1 et L2 d’avoir son siège en France. La nouvelle règlementation entrera en vigueur au 1er juin 2014, pour la saison 2014/2015.
Clairement, l’ASM, qui amorce son retour dans l’élite (leader avec 8 points d’avance sur le quatrième à 6 journées de la fin), devra s’exiler.

La réaction n’a pas tardé. Dans un communiqué daté du 22 mars, le club de la Principauté s’est ému d’une « décision qui déstabilise un projet ambitieux de développement qui doit également servir les intérêts du football français ». Monaco promettait d’« étudier avec ses conseils toutes les actions et recours ». Fin mars, le club monégasque faisait, sans surprise, appel auprès la FFF de la décision de la LFP. Le recours sera examiné ce jeudi en comité exécutif.

Campora : « Si demain on ne veut plus de l’ASM, les choses s’arrêtent »

Depuis, les positions n’ont pas bougé d’un iota. Pire, le projet de taxe à 75% du gouvernement, qui s’est déplacé des particuliers aux entreprises, après avoir été retoqué par le Conseil constitutionnel, n’a fait que durcir les positions. « La taxe à 75%, c’est presqu’un an de loyer du stade, s’insurge Nicolas de Tavernost, propriétaire des Girondins de Bordeaux. Il n’y a pas de raison que les Monégasques viennent rafler la mise en ne payant pas de taxe. » Un argument porté par le syndicat des clubs professionnels. « L’écart (de charges) qui existait si on applique en plus la fiscalité avec les 75% aux entreprises est passé de 1 à 3 », résume Jean-Pierre Louvel, patron de l'Union des clubs professionnels de football (UCPF).

En face, l’AS Monaco s’arc-boute sur son Rocher. « Le président Rybolovlev est prêt à faire de grandes choses mais si demain on ne veut plus de l’ASM, les choses s’arrêtent », a prévenu Jean-Louis Campora sur RMC. L’ancien président emblématique de l’ASM (1975-2003), revenu au board en janvier pour s’occuper des relations extérieures, exclut un départ du club en Serie A. « Il n’est pas envisageable que l’ASM aille s’affilier à une autre fédération que la FFF. » Le comex de la Fédération s’apprête à traiter d’une patate chaude, et son président le sait. « On a une réunion importante, glisse Noël Le Graët au micro de RMC, il n’y a pas de pression des clubs français. Ils ont pris une décision qui correspond à nos textes, et Monaco en est conscient. » Echange d’intox avant le round final ? En tout cas, dans cette affaire, il ne pourra pas y avoir d’entre-deux. Soit Monaco s’aligne sur la fiscalité hexagonale, soit les clubs français s’assoient sur leurs revendications.

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Louis Chenaille (avec O.S., N.P.)