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Nantes: pourquoi les buts de Sala ont l'air moches… même quand ils sont beaux

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Meilleur buteur de Ligue 1 avec onze réalisations, Emiliano Sala réussit une saison déroutante avec Nantes, dans un style qui n'appartient qu'à lui. On a revisionné à la loupe tous ses buts... et il y a beaucoup à dire.

La gestuelle intrigue la plupart du temps. Laissant une impression persistante d'à peu près. Au point de masquer son bilan, pourtant fou. Enigme statistique, voire footballistique, Emiliano Sala a pris feu cette saison: meilleur buteur d'Europe, à égalité avec Kylian Mbappé, avec onze buts en 12 matches de Ligue 1, le tout dans une équipe qui n'a gagné qu'une seule de ses neuf premières rencontres et plafonne à 20 buts marqués (soit 25 de moins que le PSG d'Mbappé). C'est énorme. Difficile à comprendre aussi, mais on a quand même essayé, en matant à la loupe ses onze pions.

Premier constat: deux touches max pour le finisseur argentin (7 buts en une touche, 4 buts en deux), tueur de sang froid dans la surface. Avec dix buts sur ses 13 premiers tirs cadrés en L1, Sala est tout simplement chirurgical. Et si on enlève ses deux pénos, le but à Guingamp où il pousse la balle du genou dans le but vide, et un tacle à bout portant contre Toulouse, il faut savoir qu'ils sont très loin d'être tout faits. Ce bon vieux Sala a donc mis sept beaux buts. Tous teintés du Sala-Style, sa touche personnelle qui fait qu'on a quand même un arrière-goût bizarre tout en étant impressionné (un peu comme le sel dans le crumble), mais franchement beaux, voire très beaux.

Piétiner pour mieux marquer

De la tête, le natif de Cululu (l'histoire ne dit pas s'il fait du repérage sur les réseaux), est impérial. Trois buts, dont un absolument magistral face à Rennes. Du pied, il est plus flou, mais ça marche. A l'image du but qui a lancé sa saison, face à Monaco (1-3, 1ère journée). Un contrôle un peu lent pour se mettre face au but, puis en enroulé aussi mou que précis, qui rentre on ne sait comment. Estampillé Sala. Face à Nice, il grille Dante au sprint, sur une course de 40 mètres, et finit en ouvrant son pied. Franchement propre. Un enroulé poteau rentrant contre Amiens, une frappe entrée de surface face à Toulouse… Le Canari ne fait rien de plus que ce qu'il sait faire, et ça marche. Pourquoi? On ne sait pas vraiment. La vraie question n'est en fait pas pourquoi ça rentre, mais pourquoi ne trouve-t-on pas ça plus impressionnant? Et au quatrième visionnage, la réponse nous a exposé au visage.

Si Sala ne touche jamais plus de deux fois la balle pour conclure, ses enchaînements donnent tous une sensation de lenteur parce que… monsieur piétine. Entre sa prise de balle et la frappe pour conclure, il ajoute toujours entre deux et… sept petits pas d'ajustement. Là où un Agüero ou un Mbappé enchaînent dans un tempo fluide, grâce à une première touche parfaite, Sala compense, s'adapte à sa technique moins propre, mais le fait à la perfection. Piétiner et finir, l'histoire de sa saison. Et à force de réussir, il faut l'avouer, il finit quand même par faire très forte impression.

A.T.