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Nice-Bastia : Un envahissement de terrain en questions

L'envahissement de terrain de l'Allianz Riviera

L'envahissement de terrain de l'Allianz Riviera - AFP

Vingt-quatre heures après les échauffourées et l’envahissement de terrain survenus au terme du match Nice-Bastia, la tension n’est pas encore retombée entre les deux parties. Qui a tort ? Qui a raison ? Que risquent les deux clubs, et le présumé responsable, Jean-Louis Leca ? RMC Sport fait le point.

Que disent les arrêtés préfectoraux ?

C’est l’arrêté préfectoral qui a provoqué l’incompréhension et la colère des supporters bastiais. Tout accessoire « à l’effigie de la Corse ou d’un club sportif corse » est prohibé samedi aux abords de l’Allianz Riviera, où Nice recevait samedi Bastia. Une décision qui intervient quelques jours après la décision du ministère de l’Intérieur, interdisant les supporters bastiais de se déplacer pour cette rencontre. Consciente d’avoir commis « une maladresse », deux jours avant la rencontre, la préfecture revient sur sa décision, réduisant l’interdiction aux seuls accessoires à « l’effigie du club corse ». Sans doute trop tard.

A qui la faute ?

Il y a d’abord ceux qui assument pleinement. A commencer par la préfecture, montrée du doigt depuis samedi soir. « On considère que ces mesures étaient totalement adaptées à la situation et au risque qu’on avait pu identifier sur un tel match, explique Gérard Gavory, secrétaire général de la préfecture. C’est pour protéger les supporters qui seraient venus de manière isolée dans le stade. C’est une mesure prise de manière systématique lorsqu’il y a des matchs dits ‘’à risques’’ ».

Et puis il y a ceux qui attaquent. « La première provocation est celle du préfet des Alpes-Maritimes. Celle qui consiste à interdire qu’on puisse afficher un patriotisme régional, lance Christian Estrosi, maire de Nice. Interdire tout signe rappelant qu’on appartient à une identité, à un moment, vous avez une espèce de révolte qui se lève en vous. » Une pique du maire à l’encontre du préfet, Adolphe Colrat, avec qui les relations sont actuellement très tendues.

A quand les sanctions ?

Frédéric Thiriez a communiqué via le site de la Ligue. « J'ai demandé un rapport aux délégués de la ligue présents sur place et jeudi la commission de discipline examinera ce dossier, a indiqué le président de la LFP. Des mesures conservatoires pourront être prises. » Selon les textes, l’échelle de sanctions est très large, pouvant aller jusqu’au huis-clos. Cette affaire devrait donc être inscrite à l’ordre du jour dès ce jeudi.

Que risquent les différents protagonistes ?

Au centre de l’attention, le gardien remplaçant bastiais. Jean-Louis Leca est entré sur la pelouse à l’issue de la rencontre avec un drapeau à la tête de Maure. Si l’on suit scrupuleusement les textes, il n’a pas commis d’infraction préfectorale. Simplement une erreur de jugement, considérée par certains comme une provocation, dans un climat par le passé délétère entre les deux équipes. « Avec le recul, ce n’était pas la meilleure idée de faire ça, a reconnu le portier ce dimanche, dans le Canal Football Club. Après, je n’ai jamais chambré personne, je n’avais aucune intention de toucher le club de Nice, de toucher les supporters ou les joueurs. Je n’ai manqué de respect à personne. » Le cas de l’ancien Valenciennois devrait être étudié dès jeudi. Et puis il y le club niçois. La tribune Populaire sud est déjà sous le coup d’un match à huis-clos depuis la réception de Bordeaux le 23 août et l’utilisation d’objets pyrotechniques. L’envahissement de terrain par plusieurs dizaines de supporters niçois n’arrangera pas le cas de l’OGCN.

P.Ta