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Nice ne fera pas appel des sanctions du match contre l’OM "par éthique"

Nice ne fera pas appel des sanctions infligées par la LFP après les violents incidents qui ont émaillé le match face à Marseille. Un choix pris les dirigeants et les actionnaires pour des raisons éthiques.

Les dirigeants de l'OGC Nice sont sortis du silence, ce vendredi, deux jours après les sanctions infligées par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), à la suite des violents incidents lors du match face à l’OM, arrêté à 75e minute, le 22 août dernier. Le match sera rejoué sur terrain neutre et Nice a écopé de deux points de pénalité, dont un avec sursis, et de trois matchs à domicile à huis clos.

Jean-Pierre Rivère, le président niçois, a indiqué qu’il ne ferait pas appel. "Encore une fois, on va le répéter, ce qu'il s'est passé est inadmissible, intolérable, a-t-il déclaré en préambule de la présentation d’Andy Delort. Quand on est dirigeant et qu’on travaille pendant des années pour bâtir un club, tout s’effondre en quelques secondes. On déplore évidemment ces incidents. En ce qui nous concerne, la commission de discipline a donné son verdict et il était clair pour nous qu’il n'était pas question de faire appel de cette décision. La commission a fait son travail, en profondeur, en détail. Elle a analysé toutes les choses et a pris ses décisions en dehors de toute la pression médiatique. On comprend cette médiatisation mais elle a quand même des limites."

Fournier: "Probablement pas le bon choix de faire appel"

"On souhaite tirer un trait sur ce qu'il s'est passé sans l’oublier, évidemment, poursuit-il. Notre premier travail dès le lendemain a été de se demander comment faire pour que ça n’arrive plus jamais. On a pris des mesures qu’on a évoquées en commission de discipline et en préfecture pour mieux sécuriser notre stade. On avait des problématiques qu’on exprimait depuis longtemps. Il a malheureusement fallu cet incident pour que beaucoup de choses se développent rapidement. Ça faisait sept ans que nous n’étions pas passé devant la commission de discipline et ces sept années de travail ont été gâchées par cet évènement."

Le club renonce à faire appel pour une question morale, pas en raison de la crainte que la sanction soit aggravée. "Quand vous faites appel, il y a une possibilité d’aggravation de la sanction mais Metz, à l’époque (match face à Lyon arrêté en 2017 après le jet d'un pétard sur Anthony Lopes, ndlr), avait vu sa sanction réduite, illustre Julien Fournier, directeur du football. On s’est demandé si, d’un point vue éthique et moral, au regard de ce qu’il s’est passé, c’était un bon signal de faire appel en tant que dirigeant. On a estimé avec les propriétaires que ce n’était probablement pas le bon choix de faire appel. Marseille le fera peut-être et ça les regarde."

Rivère déplore les amalgames avec le supporter au salut nazi

Rivère a ensuite eu une pensée pour les joueurs en saluant leur comportement exemplaire pendant la rencontre (ils menaient 1-0 au moment de l’arrêt du match) mais aussi lors des incidents. Il se dit aussi "gêné" pour les actionnaires du club (Ineos) en raison de l’image dégradante donnée au club. Rivère regrette aussi les amalgames ayant accompagné ces débordements, notamment après le salut nazi effectué par un supporter niçois, poursuivi pour "apologie de crime contre l’humanité" et "provocation à la haine à l’occasion d’une manifestation sportive" et placé en détention en attendant son procès le 13 octobre prochain.

"J'ai entendu trop souvent une chose qui m’a déplu, comme quoi tout le stade était nazi, a poursuivi Rivère. On a heureusement vu la personne qui a fait ce signe nazi. Heureusement, nos stadiers l’ont évacué tout de suite et heureusement, il y a une vidéo. Je ne veux pas que l'ensemble de notre public soit assimilé à ça."

NC avec CB