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OL-ASSE : beaucoup plus qu’un derby

Clément Grenier

Clément Grenier - -

Pour la première fois depuis longtemps, le derby entre Lyon (3e) et Saint-Etienne (4e) ce dimanche (14h) dépassera le cadre de la suprématie régionale au profit de la palpitante course à la Ligue des champions. Le tout dans une ambiance électrique.

Il n’est pas si loin le temps où Lyon toisait Saint-Etienne du haut de son fauteuil de leader ou de son siège sur le podium. Jusqu’en janvier, l’OL ne s’imaginait certainement pas lutter avec son voisin et ennemi du Forez dans la course au podium, avec ses onze points d’avance. Depuis la trêve pourtant, les dynamiques se sont inversées : l’assurance des hommes de Rémi garde s’est quelque peu effritée alors que les Verts sont toujours invaincus en L1 et viennent de remporter la Coupe de la Ligue, premier trophée du club depuis 32 ans. Voilà donc l’ASSE quatrième du classement à deux points de la troisième place détenue… par Lyon. Le choc de ce dimanche à Gerland dépasse donc largement le cadre de la rivalité de clocher.

« Cela rajoute du piment de chaque côté, convient Rémi Garde. Si c’était pour rester neuvième ou dixième des deux côtés, ce ne serait pas pareil. Il est un peu différent des autres et il est plus important parce que c’est pour le haut de tableau. » Le son de cloche est différent pour Christophe Galtier qui ne manquera pas de se souvenir de la défaite concédée l’an dernier à Gerland (2-0) alors que son équipe avait disputé 40 minutes en supériorité numérique. « Ce n’est pas un derby mais le premier des cinq matches du sprint final, explique l’entraîneur stéphanois. Le hasard du calendrier fait que le premier de ce sprint est l’OL et on l’aborde comme un choc face à un concurrent direct, non pas comme un derby. »

120 000€ déboursés pour la sécurité

A la peine pendant un mois (trois défaites, deux nuls), Lyon vient de s’offrir deux succès idéaux pour la confiance (3-1 contre Toulouse, 2-1 à Montpellier) avant d’attaquer ce sprint final d’une importance capitale pour le train de vie du club de Jean-Michel Aulas, privé cette saison de Ligue des Champions pour la première fois depuis douze ans. « On va tout faire pour l’atteindre et pour l’instant, si le championnat s’arrêtait là, on serait qualifiés au moins pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, rappelle le poumon lyonnais, Clément Grenier. On est encore dans les objectifs et on va se battre jusqu’au bout. L’OL a besoin de cette Ligue des champions, on a toujours bien représenté la France dans cette compétition et on a envie de la retrouver tous ensemble. »

Les Verts aussi, eux qui n’ont plus disputé la grande Coupe d’Europe depuis un tour préliminaire perdu face à Berlin en 1981.« Pour les deux clubs, ce sont deux matches importants, reconnait François Clerc, arrière droit des Verts formé à… Lyon. Cette année, le résultat va davantage compter que les années précédentes. » Tension à prévoir sur le terrain, donc, mais aussi au niveau des supporters après un épisode de vol de bâches par des Lyonnais chez leurs homologues verts et une « fight » avortée par les renseignements généraux, le week-end dernier. Du coup, la sécurité autour du match est renforcée avec 120 000 euros déboursés selon la police, qui dépêchera 500 agents en supplément du contingent de stadiers de l’OL pour encadrer les 31 bus qui débarqueront de Saint-Etienne. Une 106e opposition chaude à tous les niveaux !

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Le titre de l'encadré ici

Sans Vercoutre mais avec un Gone dans le but|||

Comme RMC Sport l’annonçait samedi en début d'après-midi, Rémy Vercoutre s’est blessé à l’entraînement samedi matin. Les examens passés par le gardien ont révélé une rupture des ligaments croisés antérieurs du genou droit. Un coup dur pour l’OL et Rémi Garde, qui lancera Anthony Lopes dans le but lyonnais face aux Verts. Ce natif de Givors, situé à distance égal de Lyon et de Saint-Etienne, débutera donc en L1 par un derby. Mais cela n’inquiète pas le staff rhodanien, admiratif du potentiel de cet international Espoirs... portugais, de 22 ans. « Il possède cette touche de douce folie qui sied aux grands gardiens », aime à dire Bernard Lacombe, conseiller du président Aulas. Le « chat », comme le surnomment ses coéquipiers du centre de formation, fréquente les structures de l’OL depuis 11 ans. Il va donc enfiler l’habit de n°1 pour la fin de saison. Un statut, souffle même un proche du club, qui lui était réservé pour la saison prochaine, tant son talent subjugue Joël Bats, l’entraîneur des gardiens. Et ce n’est pas la perspective d’un derby bouillant pour l’avenir qui fait peur à celui qui, avant d’être professionnel, fréquentait assidument le kop du virage nord de Gerland.

Nicolas Couet avec Edward Jay