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OL: qui fait quoi dans "le club des quatre" autour d'Aulas

L’arrivée de Juninho à l’été 2019 a bouleversé les équilibres au sein de l’OL. Les responsabilités relatives à la politique sportive sont désormais partagées entre quatre hommes qui assistent le président Aulas. Explications.

Désireux d’entamer un nouveau chapitre de sa riche histoire à la tête de l’OL, Jean-Michel Aulas a profondément bouleversé sa direction sportive lors de la dernière intersaison, en juillet 2019. Le président du club, qui s’appuyait dans les années 2000 sur Bernard Lacombe et le coach, puis plus récemment sur Bruno Genesio et Florian Maurice, des personnes qui avaient l’habitude de travailler ensemble, a réintroduit l’idole Juninho

L’ancien milieu de terrain a conservé son aura, qui est un atout indéniable à un poste de directeur sportif qu’il découvre. Mais le collège de décideurs incarnant l’institution est désormais constitué d’hommes qui n’ont aucun passé en commun et doivent tout apprendre de leur fonctionnement. Tout en sachant qu’il existe un comité de gestion sportive, dont le président d’honneur est Bernard Lacombe (un souhait de Jean-Michel Aulas), qui se réunit régulièrement pour discuter ou valider les pistes de réflexion engagées.

Juninho, directeur sportif 

Rarement l’arrivée d’un directeur sportif - hormis peut-être celle de Leonardo au PSG - n’avait déclenché autant d’enthousiasme au sein d’un club. Héros d’hier et d’aujourd’hui dans l’imaginaire des supporters lyonnais, le directeur sportif ou technique (cela dépend des appellations), qu’est Juninho, a bénéficié d’un état de grâce lorsqu’il est arrivé au club. "J’ai une confiance éperdue dans Juninho", lâchait Jean-Michel Aulas, qui pensait saisir l’opportunité de prendre du recul sur le plan sportif.

Les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu. Arrivé l’été dernier avec Sylvinho dans ses bagages, Juninho est comptable de cet échec. Cela ne limite pas son aura auprès des fans, surtout si Jean Lucas, sa trouvaille, perce au cours du second semestre de la saison. "Juni" fait aussi un gros travail invisible au club, mais sans publicité extérieure. Car après avoir été très choqué par ses démêlés avec la presse brésilienne, notamment à l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, le Brésilien ne parle plus aux journalistes, même en off, et s’exprime publiquement assez peu. 

Si Jean-Michel Aulas a repris le bâton médiatique, ce n’est pas de gaieté de coeur. Car le président de l'OL n’a qu’une envie: s’effacer au profit du directeur sportif et prendre ses distances pour se concentrer, avec l’appui de Tony Parker, sur les projets annexes qui participeront à la pérennisation du club au plus haut niveau.

Vincent Ponsot, directeur général adjoint

L’homme de tous les dossiers (négociations avec Juninho, entretiens d’évaluation et d’embauche en octobre pour le nouvel entraîneur, etc…). Vincent Ponsot est surtout l’homme de confiance de Jean-Michel Aulas, celui qu’il aime conserver à ses côtés et qu’il ne manque jamais d’encenser. Directeur général adjoint en charge des relations humaines (500 personnes dans le club), du juridique et de l’administration sportive, Ponsot s’occupe aussi du développement des académies à l’étranger. Il est un homme de l’ombre: souriant mais pas causant. Comme Marino Faccioli en son temps, il sait tout mais ne dira jamais rien.

Son efficacité n’est plus à prouver cependant. Toujours présent, lors des présentations des joueurs, Vincent Ponsot s’est montré très utile, pointilleux par exemple quand il s’est agi de régler les derniers détails du transfert de Bertrand Traoré en juillet 2017. Pour la petite anecdote, la conférence de presse avait débuté avec quarante-cinq minutes de retard à l’époque, pour la simple et bonne raison qu’il attendait sur son smartphone un document pour finaliser le transfert depuis Chelsea (le joueur était prêté à l’Ajax Amsterdam). En résumé, Vincent Ponsot est aussi discret qu’indispensable.

Gérard Houllier, conseiller extérieur

Conseiller extérieur de l’OL, l’ex-entraîneur de l’OL (2005-2007), parlait de son rôle en ces termes sur RMC à l’occasion de sa nomination, en 2016: "Ma mission est surtout de conseiller le président ou l’entraîneur, quand c’est nécessaire, ou d’intervenir s’il le faut sur le centre de formation et toutes les composantes sportives du club. J’ai refusé le poste de manager sportif général du club pour des raisons de santé. Je ne voulais pas me remettre à nouveau dans la lessiveuse, dans tout ce que cela implique au niveau du travail, du stress. C’est un rôle à la demande du club et parce que je le souhaitais. J’ai un peu d’expérience, donc je peux donner quelquefois de bons conseils. Je ne suis pas décideur, je n’impose rien."

Dans le détail, Gérard Houllier a réalisé l’audit du centre de formation il y a deux ans. Il fut un soutien de Bruno Genesio, avec lequel il discutait beaucoup quand celui-ci était en difficulté. Présent au grand oral du nouvel entraîneur de l’OL en octobre 2019, Houllier a accompagné Aulas pour le rachat en décembre de la franchise du Reign FC de Seattle. Et pas seulement parce qu’il parle anglais. Il devrait avoir un rôle un peu plus important auprès de la section féminine à l’avenir, lui qui a accompagné l’OL au féminin sur les derniers matchs de la campagnes de Ligue des champions en 2019, quand cela chauffait entre le coach et les joueuses. Ses talents remarqués de diplomate lui ont permis de décrocher cette nouvelle attribution, élargissant de fait le cercle de ses responsabilités.

Florian Maurice, patron de la cellule de recrutement

Ancien joueur de l’Olympique Lyonnais, Florian Maurice est revenu à Lyon en 2008 pour animer plusieurs émissions sur la chaîne TV du club. Puis il débarque à la cellule recrutement de l’OL un an plus tard, en 2009. Il a longtemps travaillé en solo avant d'être secondé par Michel Rouquette puis Jérôme Bonnissel depuis septembre 2018.

Depuis la nomination de Juninho au poste de directeur sportif, Florian Maurice a, de fait, perdu son pouvoir décisionnaire qu’il doit désormais partager avec le Brésilien, sur les profils de jeu et la vision, notamment. Pas évident pour deux personnes aux ego affirmés. Le recrutement 2019, moins réussi que les crus précédents, lui donne moins de poids qu’auparavant. D’un autre côté, Juninho a raté son affaire avec Sylvinho. 

Jean-Michel Aulas, de son côté, ne s’est vraiment occupé l'été dernier que de la prolongation d’Anthony Lopes et du cas Rayan Cherki. Pour tous les autres dossiers, le président a survolé et est apparu lors des derniers instants, une fois que le deal était bouclé, notamment en conférence de presse.

QM avec Edward Jay