RMC Sport

OM - Anigo ou l’esprit de famille

José Anigo

José Anigo - -

Après le limogeage d’Elie Baup, José Anigo a accepté naturellement de reprendre les commandes de l’OM, un club que l’ex-directeur sportif considère comme sa « deuxième famille. » Explications.

« On m’a toujours dit de ne jamais dire jamais. Aujourd’hui, je vois bien que c’est vrai. » José Anigo ne voulait plus revenir aux commandes de l’OM. Vincent Labrune ne lui a pas laissé le choix. « Il m’a expliqué que j’étais un salarié du club et que dans l’urgence, je devais prendre l’équipe », a expliqué ce lundi le désormais ex-directeur sportif olympien. Elie Baup écarté samedi au lendemain de la défaite de l’OM contre Nantes (0-1), le choix du nouvel homme fort s’est naturellement porté vers José Anigo (52 ans). « C’était une évidence, confirme Labrune. José a l’énorme avantage de bien connaître le club, le métier et surtout nos joueurs. » Entraîner l’OM, Anigo sait faire. Après un bref intérim en 2000-01, il guida en 2004 Didier Drogba et ses partenaires jusqu’en finale de l’ex-Coupe de l’UEFA (défaite 2-0 contre Valence).

Mais le job n’a-t-il pas changé depuis presque dix ans ? « Non, c’est comme faire du vélo », répond amusé l’intéressé. En 2004, je n’étais pas du tout préparé. Aujourd’hui, je suis peut-être meilleur qu’avant. J’ai élargi mon bagage. J’ai pris du recul sur les événements et ce métier. Il y a des choses beaucoup plus graves que de perdre un match de foot. » Ce qu’évoque pudiquement le Marseillais, c’est le décès tragique de son fils, il y a quelques semaines, dans un règlement de compte. Un évènement qui a consolidé encore davantage les liens avec son club de toujours. « Avec ce que j’ai traversé dans ma vie perso ces derniers mois, j’ai toujours trouvé le club à mes côtés, explique-t-il. Le club, c’est ma deuxième famille. Quand le président a eu besoin de moi, j’ai accepté de manière normale. En tant que salarié, il est logique de répondre à cette attente. »

Anigo : « Pas là en tant que Père Fouettard »

Homme au caractère bien trempé, celui qui avait osé s’opposer à Bernard Tapie au début des années 2000, dispose de quatre matches pour redonner le sourire aux Marseillais. « Après, le président ne voudra peut-être plus moi, dit-il en rigolant. En tout cas, moi je ne me projette pas plus loin. » La tâche s’annonce compliquée avec Dortmund dès mercredi en C1, puis Lyon, Toulouse en Coupe de la Ligue et en fin Bordeaux. Un programme salé auquel il faut ajouter des tensions à apaiser et un état d’esprit à corriger. « Certains ont oublié ces dernières semaines qu’ils portaient le maillot de l’OM, s’est fâché ce lundi Vincent Labrune. José est à même de rappeler à tout le monde le passé, l’histoire, les ambitions et le degré d’exigence de ce club. »

Oui, mais comment ? « Il faut les titiller, annonce José Anigo. Tout n’est pas à jeter. Il y a des choses qui se sont peut-être évaporées chez certains. Je leur ai dit que la sanction prise par le président au sujet du coach, ils en étaient les premiers responsables. Je ne suis pas là en tant que Père Fouettard mais pour apporter autre chose. Je ne sais pas si ça fonctionnera… Je les ai sentis réceptifs et concernés mais c’est le jour du match que l’on va voir s’ils ont tout compris. » Débuts de réponse mercredi face aux vice-champions d’Europe, mais surtout dimanche soir à Lyon.

A lire aussi :

Labrune : « Il n’y avait pas de solution »

L’OM va-t-il droit dans le mur ?

Anigo-Labrune – Les meilleurs moments de leur conf' de presse

Aurélien Brossier avec Florent Germain et à Marseille