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OM : Baup-Gignac, le blizzard

Elie Baup et André-Pierre Gignac

Elie Baup et André-Pierre Gignac - -

Les relations entre Elie Baup et André-Pierre Gignac se sont un peu plus rafraichies, mardi lors de la défaite face à Naples (1-2). Un nouvel épisode qui révèle la rancune de l’attaquant marseillais depuis la dernière intersaison.

C’est une image symptomatique : 34e minute de jeu mardi face à Naples (1-2), Elie Baup pique une colère noire contre André-Pierre Gignac sur une action napolitaine, qui a failli déboucher sur l’ouverture du score italienne. Réponse de l’attaquant : un regard glacial vers son entraîneur avec qui le courant ne passe plus que moyennement. Ambiance. « Je pense qu’Elie l’a recadré par rapport à un effort défensif qu’il lui a demandé, tempère ce mercredi José Anigo, directeur sportif de l’OM dans Luis Attaque. Il n’y a pas de problème entre Elie et André-Pierre Gignac ni avec un autre joueur. » Si la tension entre les deux hommes n’est pas extrême, elle rappelle la fraicheur de leur relation depuis l'été dernier. Comme un malentendu qui n'a pas été évacué. La raison ? André-Pierre Gignac sait pertinemment que son entraîneur et l'OM avaient un œil sur Bafétimbi Gomis, alors écarté du groupe professionnel de l’OL, pour renforcer l’attaque phocéenne et donc le concurrencer… voire le remplacer, les dirigeants de l’OM ayant même pensé à transférer Gignac. Manque de chance pour le club olympien, Gomis et Gignac sont deux grands amis. Autant dire que la drague de l'OM envers l’ancien Stéphanois n'est pas passée inaperçue et a du mal à être digérée dans le clan Gignac.

Comme preuve de cette rancune, les quelques mouvements d’humeur de l’ancien Toulousain depuis le début de saison. Dès la première journée, « APG », pourtant buteur à Guingamp (1-3), n’avait pas apprécié d’être remplacé prématurément par Jordan Ayew (69e) et avait lancé au coach de l’OM comme une petite menace : « Tu me sors parce que j’ai manqué une passe, c’est ça ? ». Sa non-titularisation lors du choc face au PSG (1-2) l’a également vexé. Une situation qui ne s’est pas arrangée par le manque de réalisme de l’international français, muet depuis la troisième journée alors qu’il avait marqué lors des trois premiers matchs de la saison. Et par sa fâcheuse tendance à quitter l’axe de l’attaque, où Elie Baup aimerait le voir rester en vrai point d’appui. « Il a une perte de confiance, consent José Anigo. Un buteur, quand il ne marque pas pendant un ou deux matches, peut se mettre à douter. Il suffit qu’il marque un but pour que ça reparte. » Malgré tout, Elie Baup, le staff et les dirigeants ne veulent pas pointer du doigt leur attaquant, qui reste statistiquement le buteur de l'OM. Ses treize buts la saison dernière en L1 comptent pour beaucoup dans la deuxième place du club.

Gignac comme Gomis en 2014 ?

Surtout, l’ancien Lorientais peut s’appuyer sur une statistique assez méconnue mais impressionnante : quand il marque, l'OM ne perd jamais. Mais le cas Gignac ne se limite pas au terrain. Un bras de fer s'annonce en coulisses pour l'été prochain. Après l'affaire Gomis à Lyon en 2013, Gignac risque d'être le dossier polémique de l'été 2014. Il lui restera alors un an de contrat avec l’OM. Comme son « pote » de Lyon, il est très probable que Gignac ne fasse aucun cadeau à son club de cœur, avec lequel il a connu le pire avant le rachat, la saison passée. Vu le contexte, sa position l’incitera encore moins à faire des efforts. Le risque pour Marseille est donc qu’il ne prolonge pas son contrat, avant de tout faire pour partir libre en 2015. Laissant ainsi son club s’asseoir sur la moindre indemnité de transfert, alors que Gignac avait été acheté par l’OM à Toulouse, en 2010, pour près de 18 millions d’euros…

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