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OM: "La France en matière de football est la NBA de l’Europe", juge Longoria sur la formation

Dans une vaste interview accordée à El País, le président de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria, a donné sa vision de la formation des jeunes footballeurs en France. La comparant à la NBA, où le modèle est davantage individuel que collectif.

Pablo Longoria n’a pas attendu d’être propulsé, fin février, à la tête de l’Olympique de Marseille, pour avoir sa propre petite idée sur la situation du football français. Et à en croire le jeune président olympien, 34 ans, qui s’est longuement entretenu auprès du média espagnol El País, la formation des jeunes footballeurs dans l’Hexagone manque d’un modèle collectif clair et d’une lisibilité claire de ce qui fait l’essence du championnat de France.

"Nous sommes à un moment où nous cherchons notre identité en tant que championnat: continuer à être un championnat exportateur de talents dans lequel les joueurs quittent la Ligue 1 à 18, 19, 20 ans et donc où il est difficile d’augmenter le niveau, ou être un championnat qui arrive à s’imposer dans le top 5 européen avec plus de sérieux", lance d’abord Longoria, avant de développer sa vision concernant la formation en France.

"C’est le football qui se joue encore dans la rue, c’est une formation individuelle plutôt que collective"

Alors qu’il estime que "le football français est à la recherche d’une nouvelle direction", le dirigeant espagnol va plus loin dans son explication, et constate une vraie défaillance dans le système de la formation des jeunes footballeurs. "Tous les clubs recrutent en France car c’est le pays exportateur par excellence, en Europe en raison d’un mélange de cultures. Mais il y a quelque chose de fondamental qu’il faut comprendre: la formation en France est comparable à la formation des basketteurs aux États-Unis. C’est le football qui se joue encore dans la rue, c’est une formation individuelle plutôt que collective. La France en matière de football est la NBA de l’Europe."

Et de poursuivre: "Des joueurs avec beaucoup de personnalité se forment, pas dans une idée très précise du jeu. En France, il n’y a pas de modèle 'français' du jeu. Objectivement, si l’on analyse l’ensemble du globe, c’est l’un des pays qui exporte le moins d’entraîneurs. Ils ne vendent pas d’idées collectives. Mais individuellement, c’est le pays qui exporte le plus de joueurs car le joueur français continue de jouer dans la rue, notamment dans de nombreux quartiers de Paris, Marseille et Lyon. Là, les enfants continuent à jouer dans la rue et cela signifie qu’ils ont une formation qui les aide à faire des différences. Ils ne sont pas formés pour être intégrés dans un modèle de jeu."

Fin 2020, l’Observatoire du football CIES publiait un classement européen des clubs ayant formé en 2019-20 le plus de joueurs actifs dans les cinq plus gros championnats du continent. Alors que l’OL, le PSG, Rennes, Saint-Etienne et Monaco trônaient dans le top 15, et que des équipes comme Lens, Bordeaux, Nantes ou même Toulouse et Sochaux étaient de la partie, l’OM n’était pas présent dans ce top 50 de la formation en Europe.

Romain Daveau Journaliste RMC Sport