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OM: le cas Mitroglou crispe le vestiaire

Kostas Mitroglou est sorti à l’heure de jeu, sous les sifflets de l’Orange Vélodrome, dimanche lors d’OM-VA en Coupe de France (1-0 ap). Son cas devient un sujet embarrassant au sein du vestiaire et du club olympien.

Huit ballons touchés en une heure de jeu contre Valenciennes. Un Vélodrome qui se crispe à chacune de ses (rares) prises de balle. Des supporters qui sifflent à la moindre occasion manquée ou à sa sortie du terrain. Kostas Mitroglou souffre. Et le groupe olympien commence à grincer des dents.

Derrière les discours de façade de son entraineur Rudi Garcia ou de ses coéquipiers, pour expliquer que "Mitroglou est victime de la pression", qu’"il bosse" et que "son heure viendra", l’impatience commence sérieusement à gagner le vestiaire de l’OM.

En interne, Rudi Garcia pense avoir été relativement patient avec sa recrue. Sept titularisations d’affilée (octobre-novembre) en Ligue 1, une nouvelle opportunité dans un 4-4-2 dimanche, et toujours le même constat : l’attaquant grec de l’OM prend rarement la profondeur, décroche très peu pour proposer des solutions, ne pique presque jamais au premier poteau sur les centres et ne remporte aucun duel aérien.

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"On peut parfois avoir l’impression qu'on joue à 10 quand Mitroglou est sur la pelouse"

Si le staff de l’OM pense que le manque de justesse technique de Mitroglou peut s’expliquer par une crise de confiance, son manque de volume de jeu et d’impact physique interpellent et déçoivent énormément.

Le jugement devient même plus cash, quand un membre du vestiaire de l’OM, joint ce lundi par RMC Sport, fait cet aveu, cinglant mais sincère : "Il y a des choses que l’on ne peut pas lâcher face aux micros. Mais personne n’est dupe. On a envie de l’aider, mais on peut parfois avoir l’impression qu'on joue à 10 quand Mitroglou est sur la pelouse. Et quand le coach l’a sorti, on savait que le stade allait siffler. C’est dur, mais personne n’a été surpris."

Selon nos informations, Mitroglou n’a pourtant plus de véritable problème physique. Des douleurs aux côtes et au dos l’ont souvent embarrassé ces dernières saisons à Benfica, mais aussi lors de sa période de convalescence à son arrivée à l’OM, mais Mitroglou s’entraine, à ce jour, normalement.

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L’hypothèse d’un prêt n’est pas à exclure

Le cas Mitroglou embarrasse aussi les dirigeants marseillais. D’un côté, la vision pragmatique d’un coach, Rudi Garcia, qui ne serait pas opposé à un départ de son attaquant grec, mais qui doit donc le faire jouer pour ne pas le mettre totalement aux oubliettes. De l’autre, celle des dirigeants de l’OM, qui se souviennent que Garcia a refusé certaines options (Bacca) cet été et qui vivraient comme un échec la remise en cause, au bout de quatre mois, d’un attaquant pour lequel l’OM a investi 15 millions d’euros.

La direction de l’OM croise donc les doigts et espère un réveil de sa recrue grecque. L’hypothèse d’un prêt, pour relancer le joueur, n’est tout de même pas à exclure en ce mois de janvier. Trois semaines pour trouver une porte de sortie à Mitroglou et lui dénicher un remplaçant : la mission semble être, sur le papier, très délicate.

Florent Germain