RMC Sport

OM: le coup de gueule de Rachid Zeroual après sa condamnation pour les incidents

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné Rachid Zeroual, leader des Winners, à neuf mois de prison donc cinq avec sursis dans l’affaire des incidents à la Commanderie le 30 janvier dernier. En colère contre ce verdict, il a l’intention de faire appel.

Rachid Zeroual, vous avez été condamné à neuf mois de prison donc cinq avec sursis, avec aménagement de peine, pour les incidents au centre d’entraînement de l’OM le 30 janvier dernier. Allez-vous faire appel ?

J’y pense fortement. J’ai vu avec mon avocat et celui des Ultras. Je pense qu’on va faire appel, bien sûr. On n’a pas mis un pied dans la Commanderie. Je n’ai rien saccagé moi, je n’ai rien fait de tout ce qu’on me reproche. Ils n’avaient même rien à me reprocher. Ils ont relaxé des gens qui étaient dans la Commanderie et ils me condamnent moi qui étais à l’extérieur. Avec ma maladie, en plus. Ils veulent toujours faire entendre que je suis le vice-président de l’association, que je suis le meneur des troupes, parce qu’à la conférence de presse, j’ai pris le micro. C’est moi que les gens voulaient entendre parler. Ce sont les groupes qui m’ont dit de parler. Je parle, bien sûr. C’était moi le plus proche d’Eyraud, je savais ce qu’il se passait. Jusqu’à la veille de la Commanderie, j’étais au téléphone avec Eyraud. Le soir-même des incidents, j’étais avec Eyraud au téléphone. Mais moi, à aucun moment, je n’étais parti pour casser quoi que ce soit. Je l’ai démontré par A+B. On me pose des questions et on ne me laisse pas répondre. Je savais que les dés étaient déjà pipés. Je savais que j’allais être condamnés. J’ai l’habitude. Avant d’être Winners, quand je venais dans ce tribunal avec mes raisons, je sortais toujours relaxé. Depuis que je suis chez les Winners, je ne sortirai jamais relaxé. Je suis un responsable de groupe, on veut me condamner et me faire porter le chapeau. Je suis un peu le bouc-émissaire de tout ce qu’il peut se passer à Marseille, alors qu’il y a eu des manifestations auparavant devant le stade. Il y a eu des cars bloqués. Il y a eu des incidents bien avant la Commanderie. Je ne vois pas pourquoi on ne se retrouve qu’à trois associations devant les tribunaux, alors qu’il y en a six. Je ne comprends pas comment l’enquête a été diligentée. Je vous dis que je ne sais pas, mais je comprends qu’en fait, ils me visent moi, même malade, même avec trois enfants. Le Rachid, on ne le lâche pas. C’est le responsable d’une association. C’est le type qui mène la réflexion dans le milieu ultra, qui va démontrer par A+B quand on a raison et quand on a tort. Et ça les fait chier, un mec qui pense. Alors qu’un mec qui ne pense pas, il ne gêne personne. Voilà la France d’aujourd’hui.

Qu’avez-vous fait le jour des incidents, une fois au centre RLD ?

On me voit m’éclipser au départ des incidents. Pourquoi on me condamne alors ? Pour quelle raison ? Donnez-moi la raison ! On reproche à Baghour de m’avoir appelé neuf fois après les incidents de la Commanderie, parce que je me suis taillé, que je suis rentré chez moi et que je n’étais pas content de ce qu’il s’était passé à la Commanderie. J’ai même participé à la décoration de la Commanderie. J’ai participé à plein de choses. Pourquoi j’irais détruire ce que j’ai construit ? Pourquoi j’irais prendre des risques avec mon association ? J’ai acheté un local qui fait 1.200 m², des cars, un fourgon. J’ai des jeunes de tous les quartiers de Marseille qui viennent faire les tifos. Je leur montre ce que c’est des déplacements. Ça fait 11 ans que ça se passe très bien chez les Winners. Pendant le confinement, on a aidé tout le monde. On a ramassé des denrées alimentaires qu’on a redistribuées. On ne mène que des opérations humanitaires, caritatives, sociales. Expliquez-moi le monstre que je suis ! Même malade, ils arrivent à trouver que je suis un monstre ?

Les avocats de l’OM ne vous ont pas accablé. Le signe d’un apaisement avec la nouvelle convention ?

On a signé une convention avec eux (l’OM, ndlr). C’est un peu un pacte qu’on a signé avec eux, à travers cette convention, dans laquelle on se fait mutuellement confiance et on ne veut plus qu’il y ait ce genre de débordements. On est tout à fait d’accord avec eux. On ne va pas partir dans le négatif. Il faut qu’on tire le meilleur de tout ça, même si on a peut-être donné une mauvaise image du club. Pendant des années, c’est nous qui avons redoré le blason de l’OM, avec nos tifos, nos spectacles comme certains disent, nos chants, notre manière d’encourager. On est reconnu dans le monde. J’aurais voulu qu’on soit aussi reconnu de la sorte au tribunal. On est bien sûr parti dans un apaisement général.

Le calme est revenu après le départ de Jacques-Henri Eyraud ?

Déjà, on n’a plus quelqu’un qui harangue les Marseillais, qui les provoque, qui les rabaisse et qui fait tout et n’importe quoi. Comme je l’ai dit, il a tué le club. Sportivement, il a massacré notre club. Financièrement, il en a fait autant. Et humainement, il s’est mal comporté. On pensait que c’était parce qu’il était mal entouré. Non, en fait, c’était lui le chef d’orchestre, tout simplement. J’avais beau lui expliquer, lui démontrer, parce qu’il était intéressé par notre manière de faire les choses. Mais au plus profond de lui, il ne nous aimait pas. Qu’il le reconnaisse, qu’il ne dise pas qu’on faisait un délit de faciès, comme dans So Foot. Il faut arrêter.

C’est un nouveau départ, ça va mieux entre l’OM et ses fans ?

Ça va cent fois mieux. Je me languissais de passer le tribunal pour recommencer à faire nos tifos et vite retourner dans notre stade. Ce Covid, il nous a tous fait du mal. Et vite passer à autre chose. J’en ai marre. Quoi qu’il arrive, je resterai supporter. Je suis né supporter, c’est dans mon sang, dans mon ADN, dans ma famille depuis des générations. Moi, je suis là, je l’ai filé à mes enfants. Quand on est fier d’être Marseillais, on est fier de son club. Comme on est fier de la Bonne-Mère, même si on est musulman, juif, bouddhiste ou ce que tu veux. On est fier de notre ville. C’est une terre d’accueil.

LP avec Florent Germain