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OM : pourquoi Bielsa est admiré par Guardiola

Marcelo Bielsa et Pep Guardiola

Marcelo Bielsa et Pep Guardiola - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La saison prochaine, l’OM aura Marcelo Bielsa pour entraîneur. Un homme qui a participé à la construction comme coach d’un certain Pep Guardiola, aujourd’hui au Bayern Munich après avoir fait régner le Barça sur l’Europe.

L’un est aujourd’hui entraîneur du Bayern Munich, champion d’Allemagne et quart de finaliste de la Ligue des champions, qu’il a déjà remportée deux fois. L’autre va devenir le nouvel entraîneur de l’OM la saison prochaine, un an après avoir quitté son dernier poste, à l’Athletic Bilbao. Ils s’appellent Pep Guardiola et Marcelo Bielsa. Quinze ans et un océan d’écart, entre le Catalan et l’Argentin. Ils sont pourtant très proches. David Trueba, un écrivain et cinéaste espagnol, ami de Guardiola, a raconté leur rencontre dans les colonnes d’El Pais. C’était en octobre 2006, dans la banlieue de Rosario, où le stade des Newell’s Old Boys porte le nom de… Marcelo Bielsa.

Pep Guardiola fait alors un long voyage pour venir découvrir l’homme qui a dirigé la sélection argentine pendant six ans (1998-2004), après avoir été sacré champion avec les Newell’s et Vélez Sarsfield. Son objectif, consulter certains maîtres du jeu et parfaire sa formation d’entraîneur avant de prendre en charge l’équipe B du Barça, sa première étape. Au menu, un « asado », le célèbre barbecue local. Leur discussion va durer… 11 heures ! Elle est animée, marquée par des explications sur ordinateur, des mises en situation, des questions provocatrices.

Bielsa l’interroge sans détour : « Pourquoi, alors que tu connais si bien le milieu du foot et les ordures qu’il y a, le haut de degré de malhonnêteté de certains, tu veux quand même y retourner et, en plus, entraîner ? Tu aimes à ce point le sang ? » « J’en ai besoin » répond Guardiola. Certains conseils du maître seront appliqués par l’élève. Comme celui de ne pas accorder d’entretiens individuels aux journalistes, pour ne pas favoriser personne, ne pas céder au pouvoir de grands groupes. En revanche, les conférences de presse peuvent être longues et répétées.

Guardiola en 2012 : « Bielsa est le meilleur entraîneur de la planète »

Sur le plan tactique, Guardiola ne cache pas non plus s’être inspiré des préceptes de Bielsa : « Les idées sont à tout le monde. J’en ai ‘‘volé’’ le plus possible. J’espère qu’on fera pareil avec moi. » « Bielsa m’a beaucoup appris, clame aussi le Catalan. Ça a été un honneur d’être reçu chez lui en Argentine, c’était fantastique. » Sélectionneur du Chili de 2007 à 2011, Bielsa, intimidé par une telle réussite, n’ose pas appeler Guardiola, qui règne alors sur l’Europe avec son Barça. La nomination de l’aîné à la tête de l’Athletic Bilbao, après qu’il ait refusé l’Inter Milan, va les rapprocher.

En 2012, quand les Basques au jeu enthousiasmant bousculent le grand Barça à San Mamès (2-2), Guardiola salue une « ode au football ». Quand ils éliminent Manchester United en 8e de finale de la Ligue Europa, Guardiola est admiratif : « Nous sommes face au meilleur entraîneur de la planète ». Quelques semaines plus tard, il quitte le Barça sur un dernier succès, en finale de la Coupe du roi. Face à l’Athletic Bilbao de Bielsa (3-0). Le Catalan aura-t-il le plaisir de recroiser la route de son ami et modèle argentin un soir de Ligue des champions dans les saisons à venir ? Vincent Labrune, le président de l’OM, serait sans doute ravi de pouvoir proposer de telles retrouvailles au Vélodrome.

La rédaction