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OM: pourquoi Labrune devrait rester président

Vincent Labrune

Vincent Labrune - AFP

INFO RMC SPORT. Si l’OM ne trouve pas de repreneur - ce qui est aujourd’hui le souhait de l’actionnaire, malgré les démentis officiels - la perspective de voir Vincent Labrune rester président du club est l’hypothèse la plus probable. Un temps épuisé par les ennuis judiciaires, ce dernier a pourtant eu récemment des envies d’ailleurs. Révélations.

On le disait fatigué, épuisé par quatre années mouvementées à la tête de l'OM, ce club qui rend fou. En début de saison, lui-même avait, en privé, clairement laissé filtrer l'idée que ce serait sûrement sa dernière année. Il y a d'abord eu les polémiques liées à l'arbitrage. Labrune a terminé la saison passée sur les nerfs, persuadé que les arbitres français favorisaient l'OL au détriment de l'OM.

Il y a encore quelques semaines, la saison 2014-2015 hantait ses nuits. Tard le soir, autour d'un bon verre, dans sa villa de Saint-Rémy-de-Provence, ses amis l'ont entendu mille fois refaire chaque penalty ou chaque but qui aurait dû être accordé à l'OM. Pour les plus passionnés, Labrune pouvait même proposer un petit DVD compilant toutes les décisions litigieuses en faveur de l’OL ou à l’encontre de l’OM.

Labrune a pensé à passer le relais

C’est l’époque où Labrune digère la saison passée. Et donne clairement, à l’automne des signes d’épuisement car on lui a « tué son rêve, au point de ne plus avoir envie d’être dans le foot », comme il le dit lui-même. Au point d'envisager de prendre du recul et de trouver un autre président, tout en restant aux affaires, mais un peu plus en retrait. L’idée lui aurait effleuré l’esprit, sans qu’il n’aille au bout de la réflexion.

Labrune dans les cordes, le début de la saison en cours aura été proche de le mettre K.O. La démission surprise de Marcelo Bielsa en août, que Labrune prend comme un gros coup de massue. La pression de Margarita Louis-Dreyfus et son intransigeance à sortir les sous. La polémique née des incidents d’OM-Lyon fin septembre, ensuite. L’enchaînement rend Labrune nerveux, proche de la rupture. Avec surtout une épée de Damoclès au-dessus de la tête : l’enquête sur les transferts douteux à l’OM.

Requinqué par la fin des ennuis judiciaires

« Ce qui a vraiment épuisé Labrune, c'est la menace judiciaire », confirme un de ses proches. « Les erreurs d’arbitrage, le départ de Bielsa puis la pression des pouvoirs publics après OM-Lyon, tout ça l’a usé, c’est vrai. Mais ce n’est rien par rapport à l’enquête, qui pesait beaucoup sur son moral », confirme un ami du boss olympien.

Selon nos informations, c’est justement là qu’aurait eu lieu le déclic, et le changement de cap de Labrune. Une mise en examen aurait enfoncé le président de l’OM. Le fait que le juge Cotelle n’ait retenu aucune charge contre lui lors de leur face-à-face le 16 décembre dernier lui a fait sortir la tête de l’eau.

C’est dans ce soulagement que Labrune trouvera l’énergie pour mener à bien les négociations liées aux abonnements, lors desquelles les leaders de groupes de supporters racontaient avoir été « surpris de sa forme et de sa ténacité ». Des proches collaborateurs, qui s'inquiétaient presque pour sa santé après l'été, assurent voir aujourd'hui « un homme requinqué, passionné par l’OM, qui n'est pas prêt de jeter l'éponge, qui se sent bien à Marseille et dans le monde du football ! » A en faire pâlir ses détracteurs, de plus en plus nombreux dans les virages du Vélodrome...

Il ne souhaite pas partir sur un échec

Un intime du Président renchérit : « Et puis il y a les périodes de transferts, qui tous les six mois le remotivent ! La négos, les agents, les rencontres, les coups de bluff, Labrune adore ça. Et puis arrêtez avec la pression des supporters. Ne croyez pas qu’il se fait agresser quand il se promène dans la rue à Marseille, ce n’est pas vrai. » C’est surtout assez rare que son chauffeur le dépose sur le Vieux Port entre le Vélodrome et Saint-Rémy-de-Provence, précisons-le…

« Que les choses soient claires, si demain le club est vendu, évidemment, Labrune cède son fauteuil dans la minute et pourra se vanter d’y avoir contribué en ayant redoré l’image et les finances du club », poursuit l’ami du président. « Mais s’il n’y a pas de vente, il est inconcevable pour lui de partir sans qu’il y ait une embellie sportive. Tous ceux qui connaissent bien Vincent vous le diront : rester sur un échec, ce n’est pas sa tasse de thé. »

Labrune : « Je resterai, car c’est le sens de mon histoire avec la famille Louis-Dreyfus »

La réalité semble pourtant plus complexe. Si Labrune se dit « très excité par cette fin de saison et très motivé à l’idée d’attirer des investisseurs capables de rendre le club plus compétitif », le président olympien vivrait très mal la situation actuelle de l’OM. Entre frustration de devoir compter le moindre sou et incertitude quant à l’avenir, puisqu’aucun investisseur sérieux – malgré quelques récentes touches – ne se serait à ce jour manifesté.

Alors, Labrune sera-t-il toujours président de l’OM la saison prochaine ? Le mieux est de lui poser directement la question : « Je serai président tant que l’actionnaire le voudra et tant que l’actionnaire sera là, annonce Labrune à RMC Sport. Aujourd’hui, c’est vrai qu’on a créé les conditions pour que le club soit attractif, mais si les choses restent en l’état, oui, je continuerai l’aventure. J’ai toujours dit qu’une année à l’OM équivalait à cinq années ailleurs. C’est épuisant. On se fait un peu insulter et on sert de chair à canon… Mais je resterai, car c’est le sens de mon histoire avec la famille Louis-Dreyfus. »

Vincent Labrune aurait même avancé sur certains transferts « low cost » pour la saison prochaine et promis à certains agents de joueurs olympiens qu’il sera là pour négocier les départs de leurs poulains. Un signe qui ne trompe pas…

Florent Germain, à Marseille