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OM-PSG : pourquoi les Marseillais peuvent avoir des regrets

L’OM s’est incliné face au Paris Saint-Germain ce dimanche, en clôture de la 25e journée de Ligue 1 (2-1). Même si les Marseillais ont livré l’une de leurs meilleures prestations de la saison, ils s’inclinent pour la huitième fois en neuf classiques.

Qui a fait le jeu ?

Après dix premières minutes très parisiennes, le match a basculé pour s’équilibrer dans pratiquement tous les secteurs de jeu. Dans la possession d’abord : une possession finale à 50% de part et d’autre, alors que les Olympiens n’ont pas vu le jour dans les dix premières minutes. Mauricio Isla et Rémy Cabella ont joué les détonateurs, au culot et à l’envie, en relançant leur équipe. Le but de l’ancien Montpelliérain (25e) est tout sauf illogique et concrétise l’emprise marseillaise avant la pause. Plus équilibrée, la deuxième période a vu des Parisiens plus sérieux dans le repli défensif, s’appuyant sur un excellent Thiago Silva.

Le tournant du match ?

Il a eu lieu dès la dixième minute. Avant qu’Angel Di Maria ne rate sa frappe sur la balle du 2-0 (11e minute), le PSG semblait parti pour offrir un récital. « Les Parisiens ont tout fait pour remettre les Marseillais dans le coup, estime Jean-Michel Larqué, membre de la Dream Team RMC Sport. Il y avait du chaos dans l’air après le premier but. On a parfois parlé de désinvolture. Il y en a quelques-uns qui confondent match et entraînement. » Moins d’envie côté parisien mais surtout du cœur côté marseillais. A tel point que les joueurs de Michel ont tout remis en ordre, repris l’initiative et provoqué le danger. Avant de se faire crucifier, la fatigue aidant, par Angel Di Maria, sur un caviar de Zlatan Ibrahimovic.

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- © AFP

Qui a gagné la bataille du milieu de terrain ?

On pouvait s’attendre à une domination sans partage du milieu de terrain parisien. Surtout en voyant les premières minutes de Lassana Diarra, de retour après trois semaines d’absence. Mais le forfait de Marco Verratti a beaucoup pesé et ni Thiago Motta ni Adrien Rabiot n’ont semblé en très grande forme. Ce dernier s’est même fait surprendre à plusieurs reprises par Georges-Kévin Nkoudou. Ajoutez un Diarra taille patron durant le reste de la rencontre et un Mauricio Isla créatif et inspiré et vous obtenez un milieu de terrain très équilibré.

A qui l’agressivité ?

La réponse est claire : à Marseille. Les Olympiens savaient que c’est sur ce point qu’ils pouvaient semer le doute chez les Parisiens. Le mot d’ordre ? Ne pas laisser le champion de France faire le jeu. Résultat, beaucoup de pressing, des joueurs offensifs prêts à défendre, des morts de faim sur chaque ballon. Le tout dans le respect avec… une seule faute commise en première mi-temps ! Du respect mais, comme pour répondre au mot d’ordre de Nicolas Nkoulou, les joueurs de l’OM se sont mis « minables ». Même si cette agressivité a faibli dans le dernier quart d’heure.

La victoire parisienne est-elle méritée ?

En partie. Du point de vue de la supériorité technique, oui, les Parisiens étant supérieurs à tous les postes, exception faite de Lassana Diarra. Et avec un peu plus d’envie et de vitesse, les hommes de Laurent Blanc auraient pu rapidement tuer le match. A l’OM, on accordera un cœur énorme et des efforts constants. C’est finalement sur un exploit individuel de Zlatan Ibrahimovic, venu génialement servir un Angel Di Maria (71e) qui faisait jusque-là l’un de ses pires matches en Ligue 1, que le PSG a trouvé la clé. Quant à la charnière centrale parisienne, elle a beaucoup freiné les tentatives marseillaises. Un match nul n’aurait pas été volé.

Que retenir de ce match ?

Côté parisien, le principal enseignement semble concerné… Marco Verratti, dont l’absence s’est faite cruellement ressentir au milieu de terrain. Le PSG n’a pas d’inquiétude à se faire avec sa charnière centrale David Luiz-Thiago Silva, une nouvelle fois solide. Davantage d’enseignements à tirer pour les Marseillais, qui ont sans doute livré leur meilleure prestation de la saison, même s’ils n’ont plus gagné à domicile depuis le 13 septembre. Avec un Lassana Diarra rayonnant et un Rémy Cabella inspiré, ne manque à l’OM qu’un serial buteur, pour relayer un Michy Batshuayi fatigué. Avec également un regret : si Marseille mettait cette envie à chaque prestation, le classement (10e) serait sans doute un peu meilleur.

A.Bo