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OM, tes supporters grognent…

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S’il le maintient dans la course au titre, le court succès marseillais face à Arles-Avignon (1-0) a surtout confirmé l’agacement du Vélodrome face aux piètres prestations de son équipe. La fracture entre les joueurs et une partie du public est réelle.

Samedi soir, Stade-Vélodrome. La scène se passe à la pause du match entre l’OM et Arles-Avignon. Le score est vierge. C’est le moment choisi par les supporters marseillais pour laisser exploser leur mécontentement. Huées, sifflets. La banderole « Bougez-vous le cul », sortie avant le coup d’envoi en bas du virage Nord, est de nouveau déployée. « On a essayé de les encourager mais vu le spectacle, c'était difficile, a confié dimanche le porte-parole des Yankees, Michel Tonini. On n’a pas à être des supporters inconditionnels si on nous propose une bouillie de football sur le terrain. »

La bouillie, c’est un OM malhabile à écraser la lanterne rouge du championnat. Un OM incapable surtout de rassurer les siens, une semaine après avoir franchi le seuil de l’indigence sur la pelouse de Monaco (0-0). Depuis la gifle infligée fin novembre à Montpellier (4-0), le public du Vélodrome n’a plus assisté à un succès des siens par plus d’un but d’écart. « Les supporters sont exigeants et ont envie qu’on les fasse rêver un peu plus, estime Rod Fanni. Actuellement, on ne montre pas du beau football. A Marseille, c’est comme ça. »

Deschamps prône l’unité

Champion de France, tenant du titre en Coupe de la Ligue, qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, l’OM déçoit son public. L’agace même. Venu, « comme promis », offrir son maillot à un jeune du centre de formation à la mi-temps dimanche, Stéphane Mbia a eu son compte de sifflets. « Il a dû se prendre pour le porte-parole d’une cause perdue, poursuit Tonini. Il a dû se sentir visé quand j’ai dit au micro : au lieu de renégocier leur salaire, ils feraient mieux de jouer au football ! » La fracture entre joueurs et une partie des supporters est réelle, même si les premiers s’en défendent. L’OM joue mal et ses principaux acteurs le savent. Pas de quoi toutefois les bousculer de la sorte.

« Le public est libre de manifester comme il l’entend même si je ne pense pas que ce soit une bonne chose, juge Didier Deschamps. Mais avant et pendant le match, je préfère qu’il y ait un soutien inconditionnel aux joueurs. Ça les met dans de meilleures conditions. En rentrant au vestiaire, il y avait un peu de crispation, de pression supplémentaire qui ne nous a pas permis de faire les meilleurs choix. » Le brasier aurait pu se muer en volcan. Par bonheur, l’OM l’a emporté. Et reste à un point du podium. « Le plus important », pour Mbia. « Pendant l’orage, il faut passer entre les gouttes, conclut Deschamps. Dans deux ou trois semaines, on ne se souviendra pas qu’on a gagné 1-0 contre Arles-Avignon. » Une promesse ? Le public phocéen n’attend plus que de la voir exaucée.

Alix Dulac avec Florent Germain