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Pardo : « Un match magnifique à jouer pour un footballeur »

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Les OM-PSG, Bernard Pardo les connaît par cœur. A trois jours du choc de la 8e journée de L1 au Vélodrome, celui qui a déjà porté les deux tuniques des clubs rivaux (Marseille en 90-91, Paris en 91-92) revient sur l’ambiance qui animait ces matches si particuliers.

Quelle était l’ambiance qui régnait avant les OM-PSG ?

Lorsque je jouais à Marseille, tout au long de la semaine avant le match, il y avait trois fois plus de supporters à l’entraînement. On ne parlait que de ça. C’était le match à ne vraiment pas perdre. On nous aurait peut-être pardonné un accroc sur un autre match – même si Bernard Tapie ne nous l’aurait pas permis – mais contre Paris… Il ne fallait vraiment pas perdre. Tout le monde nous parlait de ce match. Tandis qu’à Paris, je me trouvais dans les Yvelines, à Saint-Germain-en-Laye, avec le Camp des Loges (seulement 6 matches disputés dans le club de la capitale lors de la saison 91-92, ndlr)… C’était relativement calme. On n’avait pas l’impression qu’on allait jouer Marseille, mais alors pas du tout !

Quelle est la différence majeure entre ces deux clubs ?

A Marseille, je connaissais énormément de supporters, tandis que je n’en connaissais aucun à Paris ! Ça change du tout au tout.

Quels OM-PSG avez-vous joué ?

J’ai joué en 90-91 au Vélodrome. On avait gagné 2-1 avec des buts de Waddle et Cantona. Mais ce n’était pas la même ambiance que maintenant. Ces dernières années, ça a tourné à la haine. A notre époque, il s’agissait vraiment de ferveur, sans climat de guerre avec dix cordons de CRS qui entourent le stade comme maintenant. Même si j’ai déjà vu des affrontements entre supporters, avec notamment ceux de Paris qui envoyaient des fumigènes dans la tribune de Marseille, ce n’était pas un climat qui sentait le soufre notamment parce que Paris n’était pas favori à l’époque, contrairement à l’OM qui s’était emparé de la suprématie hexagonale au détriment de Bordeaux. Ce n’est que l’année d’après, lors de la saison 91-92, que Paris est devenu un prétendant lorsque Canal + a repris le club.

« Ces dernières années, ça a tourné à la haine »

Que gardez-vous comme images qui n’existent que dans les OM-PSG ?

Lorsque l’on arrivait au Parc en tant que joueur de l’OM, il fallait se frayer un chemin parmi les supporters parisiens qui étaient parqués tout le long d’une grande ligne droite. Là, c’était relativement chaud, d’un côté comme de l’autre puisqu’à Marseille, on devait faire la même chose avec nos supporters qui étaient survoltés. Mais comme ils étaient avec nous, ça allait (rires). C’est le genre de match magnifique à jouer pour un footballeur et qu’il ne faut surtout pas manquer. Ce sont des sommets du championnat, tu joues contre une grande équipe, c’est ultra-médiatisé…

Certains joueurs disent qu’il n’est pas possible d’aller jouer pour le camp adverse, comme vous avez-pu le faire…

Je crois que le footballeur ne peut pas dire : « Je n’irai jamais jouer à tel endroit », ce n’est pas possible. On a un métier où la partie transfert est importante. Pour gagner ta vie, il faut être transféré et jouer dans de plus grands clubs. Quand Canal a repris le PSG, il y a eu trois mouvements de joueurs cette année-là (lui, Bruno Germain et Laurent Fournier ont été échangés par l’OM contre Jocelyn Angloma en provenance du PSG, ndlr). Ce n’était pas évident de rester car j’étais blessé et je savais que Didier Deschamps revenait de prêt (à Bordeaux, ndlr), qu’il n’avait que 20 ans et jouait en équipe de France. Je suis donc monté à la capitale. Ça ne pouvait pas se refuser, car Paris était un grand club, on a d’ailleurs fini européen cette année-là (3e de D1). On ne m’en a pas tenu rigueur, peut-être parce que je n’ai pas trop joué à l’OM (rires).

« Si Marseille n’est pas champion, on ne va pas crier au scandale »

Comment voyez-vous Marseille cette année ?

On a fait un super début de saison même si on est passé à travers à Valenciennes (défaite 4-1, 7e journée), qui a bien joué. Mais il vaut mieux perdre une fois 4-0 que quatre fois 1-0 ! Il ne fallait pas non plus penser qu’on allait gagner tous les matches. Il y a une chose qui est différente cette année : si Marseille n’est pas champion, on ne criera pas au scandale. Mais si Paris n’est pas champion cette année, il y aura un gros problème. Ils ont la pression sur leurs épaules. En faisant ce résultat à Valenciennes, nous n’avons peut-être pas préparé de la meilleure des manières ce choc contre le PSG. Mais il n’y a pas besoin de motivation pour ce choc-là.