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Poteaux carrés : Quand l’histoire revient chez elle

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Symboles de la finale de Coupe d’Europe des clubs champions perdue en 1976, les poteaux carrés de Glasgow ont été rachetés par l’ASSE et sont arrivés vendredi soir dans le Forez. Avant de rejoindre le musée du club en décembre.

Ils ont hanté les cauchemars de toute une génération. Alimenté la boîte à souvenirs sur l’air du « et si… ». Et si ces satanés poteaux de l’Hampden Park, à Glasgow, le 12 mai 1976, n’avaient pas été carrés mais ronds ? Le tir de Dominique Bathenay à la 34e et, surtout, la tête de Jacques Santini à la 39e auraient-ils empêché la victoire (1-0) d’un Bayern Munich dominé ? Saint-Etienne aurait-il ramené à la France, 17 ans avant Marseille, sa première Coupe d’Europe des clubs champions ? Symbole de l’épopée européenne des Verts en 1975-76, qui les verra défiler sur les Champs-Elysées au lendemain de leur défaite, les poteaux carrés de l’enceinte écossaise sont rentrés dans la légende.

Un morceau d’histoire qui retrouve aujourd’hui la ville où il a le plus sa place : Saint-Etienne. A l’initiative du président du directoire Roland Romeyer, ces poteaux carrés viennent d’être achetés à un groupe d’investisseurs écossais qui en avaient fait l’acquisition. Un temps conservés dans la réserve du musée d’Hampden Park, puis dans un pub écossais, les célèbres montants sont partis jeudi matin en camion du Scottish National Museum Glagow avant d’être acheminés jusqu’aux locaux de la SACMA Agencements, entreprise de Romeyer, où ils sont arrivés tard vendredi soir.

« On va enfin les avoir en face de nous, peut-être même les toucher »

Coût de cet achat pas comme les autres ? 20 000 euros. Le but ? Garnir le futur musée des Verts, qui va ouvrir le 21 décembre prochain à Geoffroy-Guichard. « On les a eus à 20 000 euros après avoir discuté », explique Romeyer. « Il a fallu négocier, et avec des Ecossais, ce qui n’est pas évident, explique Philippe Gastal, historien de l’ASSE, qui a eu l’idée du musée et se bat pour le faire vivre. C’est 20 000 euros, oui, mais pour une pièce de la légende du sport français. Ces poteaux carrés méritaient d’être dans le premier musée dédié au football en France, qui plus est à Saint-Etienne. On va enfin les avoir en face de nous, peut-être même les toucher. » Avec, tout de même, un petit coup de jeune pour les embellir.

« On les a rénovés parce qu’ils ont un peu soufferts dans les sous-sols du musée du football écossais, précise Romeyer. C’est l’objet emblématique de cette épopée. On a assimilé la défaite en finale à ces poteaux carrés. S’ils avaient été ronds, Saint-Etienne aurait peut-être marqué. » La blessure nostalgique semble toujours vive. Et ces montants, un moyen de continuer d’apaiser la plaie.» « Que n’a-t-on pas dit et écrit sur ces poteaux, s’enthousiasme Gastal. Il y a même eu des études balistiques à la fin des années 90. Quand on voit comment s’arrête le ballon dans l’arête inférieure, avec des poteaux ronds et normaux, on peut penser que la tête de Santini serait rentrée et que le cours de l’histoire aurait été changé. » Les larmes ne sécheront jamais. Mais désormais, le peuple vert possède deux totems pour se recueillir.

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A.H. avec E.J. à Saint-Etienne