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Pour l’OM, y a-t-il une vie après Paris ?

Morgan Amalfitano et Didier Deschamps

Morgan Amalfitano et Didier Deschamps - -

Auteurs d’un match plein le week-end dernier face au PSG (3-0), les Marseillais entendent bien rééditer leur performance vendredi soir, sur la pelouse de Caen (20h00). Histoire de franchir, enfin, un cap cette saison et de préparer, aussi, au mieux leur « finale » de Ligue des Champions mardi prochain contre Dortmund.

« On sera attendu au tournant ». Didier Deschamps n’est pas dupe. Avoir battu le PSG, à la sortie d’une semaine de magnitude 9 sur l’échelle de Richter pour son club, a eu une incidence positive sur le moral de ses troupes. « Ce match nous a apporté trois points, explique « DD ». Et beaucoup de choses aussi. Par rapport à ce que représentait cette rencontre, cet adversaire et ce qu’on a été capable de faire, nous avons désormais tous les ingrédients d’une équipe ayant un peu plus de tranquillité, de confiance. » Au classement, d’abord, puisque l’OM, après la gifle infligée au PSG (3-0), pointe à sept longueurs du podium et d’une place en Ligue des champions. En interne, aussi. Gignac réintégré et l’incendie provoquée par l’ancien Toulousain éteint, l’ambiance est désormais « un peu plus légère » dixit Deschamps.

Mais le match plein réalisé par les Phocéens – certainement le meilleur effectué cette saison – ainsi que le capital confiance qui en découle, demandent confirmation. Plus, finalement, que la série de trois succès consécutifs (Ajaccio, Dijon, Nice) entérinée début novembre. Et c’est à Caen -une équipe qui talonne l’OM actuellement- que les Olympiens, sans Rémy (cheville) et Morel (cou et genou), vont effectuer leur examen de passage. « On va affronter une équipe qui n’a certainement pas fait son meilleur match le week-end dernier à Bordeaux, rappelle Deschamps. Certes, ce n’est pas le PSG mais c’est une formation qui a de la qualité aussi. Il faudra évacuer ce match pour se remettre en question et répéter ce genre de rencontre. »

« Mettre autant de pions à Caen qu’à Paris »

Se remettre en question, surfer sur l’effet du « classique » remporté devant Paris, voilà tout un programme pour des Marseillais qui joueront leur avenir européen quatre jours plus tard, dans un dernier match de poules contre Dortmund qui ressemblera à une « finale » avec à la clé, une qualification pour les 8es de finale de Ligue des champions. « Le match de vendredi n’est pas décisif. Celui de mardi, oui, martèle Deschamps. C’est la seule différence. Mais après le match contre le PSG, celui contre Caen devient très important. On ne peut pas s’offrir le luxe de calculer. » Calculer, l’OM ne compte pas le faire. C’est du moins ce qu’affirme Steve Mandanda, bien déterminé à mettre, cette fois, l’opération redressement au classement sur de bons rails.

« On reste sur une bonne performance face à Paris. Il ne faut pas tout gâcher avec une contre-performance à Caen, avance le capitaine phocéen. Ce qu’on a été capable de faire sur un match, on doit être capable de le faire sur chaque rencontre. » Mais défier les Malherbistes n’a pas le même impact médiatique et psychologique que la venue de l’ennemi honni au Vélodrome. « C’est sûr que ce n’est pas la même préparation, confesse Morgan Amalfitano. Mais on doit avoir la même envie et mettre autant de pions à Caen qu’on en a mis à Paris. C’est le meilleur moyen de respecter cette équipe. » Et de prendre les douze points sur… douze possibles que vise son entraîneur d’ici la trêve.

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Deschamps : « no comment » sur Gignac

«  L’incident est clos (…) Il a été réintégré à l’entraînement et fait partie du déplacement pour le match de demain (…) Je ne vais pas revenir là-dessus, parce que je ne vais pas en rajouter (…) je ne vais pas vous répondre (…) vous savez ce qui s’est passé et vous en avez suffisamment parlé. Il est à disposition de l’entraîneur et du groupe. »
Ils auront tout essayé. Tout tenté. L’approche directe. Puis la discrète, voire la retorse. Mais à chaque fois, les journalistes présents ce jeudi après-midi au centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus se sont heurtés au même mur d’indifférence, celui hissé par Didier Deschamps en conférence de presse, sur le dossier André-Pierre Gignac. Après avoir présenté ses excuses à son entraîneur devant le président du club, Vincent Labrune, l’ancien Toulousain a été réintégré au groupe professionnel. Une éventuelle sortie de Deschamps était attendue, puisque l’intéressé lui-même avait affirmé qu’il s’exprimerait sur le sujet après le choc contre le PSG.
Mais, pratiquement une semaine plus tard, la donne a changé. « Je ne parlerai pas du cas « Dédé » Gignac, a lâché fermement Didier Deschamps, sourire crispé tout de même au coin des lèvres. Je suis désolé. Il s’est passé beaucoup de choses depuis jeudi. Je suis à la veille d’un match et je ne pense pas uniquement qu’à ça Je n’ai pas envie d’entrer dans ces débats-là. Il s’agit de l’intérêt général et c’est le match qui nous attend à Caen. » Mais l’incident Gignac est-il vraiment enterré pour autant ? Lorsqu’on lui a demandé si l’absence de Loïc Rémy pouvait avoir un impact sur la réintégration de l’ex-Lorientais, Deschamps a botté en touche. « No comment » a-t-il lâché, quelques instants avant de le répéter, d’une voix encore plus tendue, lorsqu’il lui fut demandé, cette fois, s’il serait aussi rancunier avec Gignac qu’il ne l’est avec Anigo. Ambiance, ambiance…