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PSG: "dans un club comme celui-ci, ce n’est pas toujours juste du football", Tuchel se lâche à la télé allemande

A quelques heures de PSG-Strasbourg (21 heures), Thomas Tuchel s’est livré mercredi en Allemagne dans une interview détonante. Un réquisitoire plein de sous-entendus, où le coach évoque ses souffrances dans un club à la dimension trop politique, et où il n’est pas toujours simple de gérer des stars.

Pas facile, la vie d’entraîneur à Paris. C’est en substance ce qu’a fait passer comme message Thomas Tuchel, dans une surprenante interview accordée mercredi au média allemand Sport 1. Alors que le PSG accueille pour le dernier match de l’année Strasbourg au Parc des Princes (21 heures, 17e journée de Ligue 1), le coach de 47 ans s’est confié sur sa situation et son bilan personnel avec le club de la capitale. Entre les lignes, les messages sont nombreux, et le mal-être palpable.

Criblé cette saison par les critiques sur le jeu de son équipe, contrainte à vivre des fêtes en très petit comité – dix joueurs sont ainsi absents contre les Alsaciens –, Tuchel regrette qu’on ne se concentre pas vraiment sur ses capacités premières d’entraîneur de foot. "En toute honnêteté, au cours des six premiers mois, je me suis dit : « Suis-je toujours entraîneur ou suis-je un politicien du sport, un ministre des Sports? ». Où est mon rôle d’entraîneur dans un tel club, maintenant?", s’interroge-t-il.

"Je veux juste être coach"

Bien que conscient de la dimension internationale d’une institution comme le Paris Saint-Germain, Tuchel semble presque las d’avoir à gérer à Paris bien plus d’équations que ne serait censé le faire un simple entraîneur. "Je me dis : je veux juste être coach. Je crois que ce pour quoi je suis devenu coach et ce pour quoi je le suis toujours, je peux le trouver n’importe où, lâche l’entraîneur du troisième de L1. Partout où il y a un demi-terrain pour m’entraîner et un lecteur DVD pour faire des vidéos. Au fond, j’aime le jeu et je peux trouver cette satisfaction de plusieurs manières en tant qu’entraîneur."

Neymar, Kylian Mbappé, Angel Di Maria ou Edinson Cavani avant eux : le métier d’entraîneur, au PSG bien plus qu’ailleurs, c’est aussi celui de gérer des stars planétaires, dont les intérêts dépassent souvent la simple sphère du terrain. "Parfois, c’est très facile, parfois, un gros défi, car un club comme le PSG a de nombreuses influences qui vont bien au-delà des intérêts concentrés de l’équipe."

"Ce n’est pas toujours juste du football"

Trop politique, le PSG ? Le message semble clair, pour un technicien qui sera en fin de contrat en juin prochain, et n’a toujours pas parlé de prolongation avec sa direction. "Je ne sais pas si je dois encore aller plus haut, plus haut, plus haut. J’aime juste le football. Et dans un club comme celui-ci, ce n’est pas toujours juste du football." Ses relations fraîches avec son directeur sportif, Leonardo, ne devraient de toute façon pas plaider en la faveur d’une prolongation de l’aventure parisienne de Tuchel, débutée en 2018.

Les piques sont nombreux, le réquisitoire lourd de sens. Thomas Tuchel reste toutefois conscient de la chance qu’il a d’entraîner un club de la dimension du PSG, lui qui avait auparavant connu des expériences à Mayence et Dortmund. "Mais quand vous entendez l’hymne de la Ligue des champions, quand vous voyez des choses à l’entraînement, qui vous inspirent parce qu’il y a tellement de qualité, alors, bien sûr, vous devenez un peu accro." Si les Parisiens disposeront d’une trêve hivernale bien méritée, celle-ci pourrait bien ne pas être de tout repos du côté de la capitale, où la sortie allemande de Tuchel risque de faire jaser.

Romain DAVEAU