RMC Sport

PSG-OM : Pourquoi le match aller a traumatisé Marseille

André Ayew

André Ayew - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Malgré un scénario très favorable, l’OM a été battu par le PSG (2-1) lors du match aller, en octobre dernier. Cette défaite a laissé beaucoup de traces dans les têtes d’Olympiens qui espèrent chasser les vieux démons, dimanche au Parc des Princes (21h).

Une frappe en force, plein centre et le Vélodrome s’embrase. En transformant un penalty à la 34e minute, le 6 octobre dernier, André Ayew croit mettre l’OM sur la route de la victoire face à un PSG réduit à dix après l’expulsion de Thiago Motta pour une faute sur Mathieu Valbuena. Un avantage au tableau d’affichage, un scénario favorable, tout semble aller pour le mieux à Marseille. Mais finalement, ce sera le début d’une série noire pour les Olympiens, qui enchaîneront ensuite cinq défaites consécutives. Un match ressenti comme un traumatisme par les joueurs marseillais, même si l’effet s’estompe peu à peu avec le retour des victoires.

« Ce scénario nous a fait très mal, avouait Franck Passi, l’adjoint d’Elie Baup, au cœur de la mauvaise série marseillaise en fin d’année 2013. Il a plombé les têtes pendant longtemps. » L’OM, troisième à un point derrière le PSG au coup d’envoi, avait une occasion en or de retarder un peu la prise de pouvoir parisienne. Il l’a au contraire précipitée. Au grand dam de supporters qui gardent en travers de la gorge le manque d’audace de leurs joueurs. Cette défaite constitue d’ailleurs le point de départ du divorce entre l’OM et son public, dont le dernier grand frisson remonte à ce penalty d’André Ayew. « Peut-être que l'on a été top timide, souffle le Ghanéen. Nous aurions dû les presser au lieu de les attendre quand on menait 1-0 et qu'ils étaient réduits à dix. Maintenant c'est passé (soupir). On dira que ce match nous a servi de leçon. »

Mais plus que l’honneur, l’estime des supporters et les rêves de faire tomber Paris, l’OM a surtout perdu de la confiance lors de cette soirée. Demandez par exemple à Steve Mandanda quel but l’a le plus marqué cette saison. Le gardien olympien répondra sans hésiter celui de Maxwell, sur lequel il a manqué sa sortie. Déjà réticent à s’éloigner de sa ligne de but, cette réalisation a réveillé ses difficultés dans le jeu aérien.

« Nous avons donné une mauvaise image ce soir-là »

Pour Elie Baup, limogé le 7 décembre, cette défaite contre l’ennemi parisien n’a pas été non plus sans conséquence. Malgré la qualification pour la Ligue des champions la saison précédente, certains dirigeants marseillais émettaient, en privé, des réserves sur sa capacité à imprimer une touche technique et plus offensive à son équipe, en dépit d’un recrutement effectué en ce sens (Payet, Thauvin, Imbula). Jugé fébrile dans sa tactique lors de ce match contre Paris, Baup a alors perdu un peu de crédibilité. Des doutes quant à sa capacité à faire gagner son équipe dans les grands rendez-vous ont même atteint petit à petit le vestiaire, précipitant sûrement quelques mésententes avec certains de ses joueurs.

« Il n’y avait pourtant pas eu de consigne de prudence particulière, promet un membre du staff de l’OM. Nous n’avons pas compris pourquoi les joueurs se sont contractés et n’ont plus avancé en deuxième période. Mais c’est vrai que nous avons donné une mauvaise image ce soir-là. Cette défaite nous a enfoncés. Et je crois qu’elle a boosté les Parisiens… » On apprendra d’ailleurs que le courroux de José Anigo dans le vestiaire marseillais, à la mi-temps, était adressé aux joueurs… plutôt qu’à Elie Baup. Des joueurs qui auront donc soif de revanche au Parc des Princes ce dimanche (21h). « On n’a rien à perdre en allant là-bas, pour aller un peu se refaire du match aller qui reste un peu en travers de la gorge car ils étaient à dix et ils nous ont mis le bouillon durant la deuxième mi-temps », déclare André-Pierre Gignac. Laver l’affront, voilà une source de motivation supplémentaire pour les Marseillais.

A lire aussi :

>> Thiago Motta : « Je ne suis pas un simulateur »

>> PSG-OM : ils l’ont vécu, ils le racontent

>> Di Meco : « PSG-OM, ça permettra toujours aux supporters de se chambrer »

Alexandre Alain avec Florent Germain et à Marseille