RMC Sport

PSG : Un règne imparfait

Zlatan Ibrahimovic

Zlatan Ibrahimovic - -

Comme convenu en début de saison après les recrutements d’Ibrahimovic et de Thiago Silva, Paris a remporté la L1. Mais le club de la capitale, auteur d’une belle campagne en Ligue des champions, aurait pu/dû rafler les deux Coupes nationales. Et se montrer beaucoup plus séduisant dans le jeu.

L’OL en rêvait. Sacré en 2006 sur la pelouse du Parc des Princes, l’Olympique Lyonnais ne voulait surtout pas rendre la pareille, sept ans plus tard, au PSG. Après tout, depuis deux semaines, Paris courait après l’officialisation de son nouveau sacre national, régulièrement retardé par l’OM. Après tout, Paris, privé de Silva, Sirigu, Verratti suspendus et de Lucas, blessé, était bien nerveux en cette fin de saison. Et, après tout, Lyon avait tout intérêt à l’emporter pour rester dans les clous d’une qualification pour les tours préliminaires de la Ligue des champions. Mais comme à l’aller, c’est le PSG qui a eu le dernier mot (1-0). N’en déplaise à Rémi Garde et à ses joueurs.

Si Paris vient de glaner le 3e titre de son histoire, le club de la capitale n’aura pas toujours emballé les foules. Certes, le PSG aura tout de même régalé à plusieurs reprises, aux dépens de Bastia, Troyes, Evian, Valenciennes et Toulouse, tous fessés 4-0, de Brest et de Nice également (3-0). Il aura signé trois succès convaincants lors de ses quatre classiques face à l’OM (victoires 2-0 en championnat, en Coupe de la Ligue et en Coupe de France) mais aussi devant Lyon (1-0) et Lille (1-2). Mais il aura aussi montré sur la scène hexagonale un visage poussif, laborieux et souvent, beaucoup trop suffisant.

Sublime face au Barça, trop suffisant en coupes nationales

Le titre acquis, on oublierait presque la frappe en deux temps d’Ibrahimovic à Nancy (1-0) ainsi que les erreurs de Puygrenier et de Grégorini au retour (2-1). On occulterait aussi cette maladresse de Chedjou au Parc et le but injustement refusé au Losc (1-0). Ou les deux matchs nuls concédés devant Ajaccio (0-0, 0-0). Ces résultats reflètent pourtant bien les spécificités d’un club jamais aussi habile que dans l’art du contre et à la motivation quelconque en Ligue 1.

« Le problème de cette équipe, ce n’est pas contre les grands clubs. Le problème, c’est pour les matches qui sont faciles sur le papier », reconnaissait Carlo Ancelotti après l’élimination en Coupe de France par Evian. Assurément l’une des nombreuses taches de cet exercice 2012-13, alors que le doublé tendait les bras au PSG. Comme l’a été le mois de novembre, qui a vu le spectre de la crise planer de façon spectaculaire.

Un os nommé Sainté

Durant cette période, Paris sera tombé sur un os, Saint-Etienne, qui l’aura éliminé en Coupe de la Ligue (quart de finale), battu au Parc (2-1) et tenu en échec, presque quatre mois après, dans le Forez (2-2). Le PSG aura aussi cédé devant neuf Rennais (2-1) avant de tomber à Nice (2-1). De quoi irriter Doha et placer la tête d’Ancelotti sur le billot, obligeant ce dernier à parler de « crise ». Malgré plus d’autorité en Ligue 1 en 2013 (10 victoires, 2 nuls et 2 défaites), c’est finalement en Ligue des champions que le PSG aura le plus confirmé son nouveau standing. Kiev (0-2, 4-0) et Zagreb (4-1, 0-2) ont donné le ton. Les succès devant Porto au Parc (2-1) et à Valence, beaucoup plus malmené à Mestalla que le score (2-1) ne le laisse entendre, également.

Mais le véritable sommet de la saison parisienne aura été sa double confrontation face au Barça (2-2, 1-1), qu’il aura virtuellement éliminé pendant 21 minutes au Camp Nou. Une élimination sans perdre qui a ravi tout le continent, confirmant ce que Leonardo laissait entendre début mars : « Paris est peut-être plus taillé pour l’Europe ». La Ligue 1, cette saison, a du faire avec. Et cela s’est révélé suffisant. Pas en Coupes où l’âme du compétiteur doit être irréprochable. Un des chantiers incontournables du PSG ces prochains mois pour que, comme le laissait entendre Blaise Matuidi, « les titres commencent à pleuvoir ».

A lire aussi

L'actu de la Ligue 1

L'actu du PSG

Ancelotti : « On ne pense pas à Marseille »

A.D.